En résumé
• La premium éco se rapproche de la classe affaires.• Emirates, American, Lufthansa améliorent sièges et service.
• TAP, Wizz et Air NZ ajoutent plus d’espace ou des lits.
Pendant longtemps, la classe économique premium ressemblait surtout à une version un peu plus confortable de l’éco classique. Un siège légèrement plus large, quelques centimètres supplémentaires pour les jambes, une meilleure franchise bagages et parfois un embarquement prioritaire. Sympa, certes, mais encore loin de l’expérience proposée en classe affaires.
Cette frontière commence pourtant à se brouiller. Plusieurs compagnies aériennes investissent désormais massivement dans cette cabine intermédiaire, avec une ambition très claire : offrir davantage de confort et d’intimité sans faire grimper la facture jusqu’aux niveaux parfois vertigineux de la business. Et certaines nouveautés donnent franchement l’impression de voyager dans une petite classe affaires.
Emirates mise sur des cloisons privées en premium éco
Emirates fait partie des compagnies qui poussent le concept le plus loin. La compagnie de Dubaï vient de présenter ce qu’elle décrit comme le premier siège électrique de classe économique premium équipé d’un écran de confidentialité pleine hauteur.
Cette nouvelle configuration doit apparaître sur ses Airbus A350, avec 28 sièges disposés en 2-3-2. La principale nouveauté se trouve donc entre les passagers. Une cloison réglable pourra être relevée ou abaissée directement depuis les commandes du siège, offrant davantage d’intimité pendant le vol. Un détail qui rappelle fortement certains aménagements autrefois réservés aux classes supérieures.
La compagnie ajoute aussi des solutions de recharge sans fil, tandis que les passagers pourront ajuster plus facilement leur position. De quoi transformer la traditionnelle cabine intermédiaire en espace nettement plus personnel.
American et Lufthansa améliorent aussi le confort à bord
American Airlines suit la même tendance. Son premier Boeing 777-300ER modernisé propose désormais 44 sièges en premium economy, avec des équipements repensés pour les longues distances.
Les fauteuils disposent notamment d’appuie-têtes sculptés, de repose-mollets et de repose-pieds réglables. Recharge sans fil, prises USB-C et alimentation classique complètent l’ensemble.
La compagnie a également renforcé son offre Main Cabin Extra avec davantage de sièges offrant plus d’espace pour les jambes. Lufthansa, de son côté, mise beaucoup sur ce qui arrive dans l’assiette.
Dans le cadre de son programme Future Onboard Experiences, la compagnie allemande a revu son service en premium economy avec une entrée inspirée de la classe affaires, plusieurs plats chauds au choix, du pain servi chaud et une touche sucrée pour terminer.
Même les petits détails changent de catégorie. Des chaussons sont désormais proposés aux voyageurs. Ce n’est toujours pas une suite avec porte coulissante, évidemment, mais on commence à s’éloigner sérieusement du plateau-repas avalé avec les genoux coincés contre le siège de devant.
TAP et Wizz Air misent sur le siège voisin vide
Autre stratégie, ne pas forcément créer un nouveau fauteuil, mais offrir plus d’espace autour. TAP Air Portugal a ainsi lancé Economy Prime sur certains vols long-courriers.
La cabine compte seulement 12 sièges et le siège voisin reste systématiquement libre. Le voyageur bénéficie ainsi de davantage d’espace personnel, sans passer en classe affaires.
L’offre comprend aussi deux plats chauds au choix, une collation avant l’arrivée, une trousse de confort et des écrans HD de 13 pouces. Au sol, les passagers profitent notamment de services prioritaires pour l’enregistrement, l’embarquement et les bagages, ainsi que d’une franchise plus généreuse.
Même Wizz Air, pourtant connue pour son modèle low-cost, expérimente une formule similaire. Sa Wizz Class permet de réserver un siège au premier rang côté hublot ou couloir tout en laissant le siège du milieu vide. L’objectif est simple, gagner de l’espace sans transformer complètement la cabine.
Comme l’a détaillé Euronews Travel, cette multiplication d’offres montre à quel point les compagnies cherchent désormais à séduire les voyageurs prêts à payer davantage pour leur confort, mais pas suffisamment pour franchir le cap de la classe affaires.
Air New Zealand va carrément proposer des lits
Et puis il y a Air New Zealand. La compagnie prépare l’arrivée de Skynest, des capsules de sommeil destinées aux passagers de classe économique standard et premium sur certains vols ultra long-courriers.
Les premiers lits doivent apparaître sur la liaison entre New York et Auckland à partir de la fin décembre. Jusqu’à six voyageurs pourront quitter temporairement leur siège pour réserver une session de quatre heures dans une véritable couchette. Rideau d’intimité, éclairage d’ambiance, prises USB et petit espace de rangement personnel sont prévus à l’intérieur.
Le tarif annoncé démarre à 495 dollars néo-zélandais, soit environ 250 euros pour une session. Ce supplément comprend également un petit kit avec masque pour les yeux et bouchons d’oreilles.
À plus de 10 000 mètres d’altitude, la premium éco commence donc littéralement à proposer quelque chose que beaucoup de passagers associent encore à la business : dormir allongé.
Une nouvelle bataille pour les voyageurs long-courriers
Cette montée en gamme n’est pas anodine. Pour les compagnies, la premium economy devient une catégorie particulièrement intéressante entre deux mondes : l’économie classique, très sensible au prix, et la business, beaucoup plus chère mais inaccessible pour une grande partie des voyageurs.
Le pari consiste donc à créer suffisamment de différence pour justifier un supplément, sans faire exploser le prix du billet. Cloisons privées, sièges voisins vides, meilleurs repas, services prioritaires et désormais capsules de sommeil : la recette se précise.
La premium éco n’est pas encore une vraie classe affaires. Mais sur certains vols, elle commence sérieusement à lui voler quelques bonnes idées.