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Volotea réduit sa flotte de 25 %, la hausse du kérosène menace certaines lignes

Anna Duplantis - Il y a 2 heures

En résumé

• Volotea réduit sa flotte de 44 à 30-35 avions.
• La hausse du kérosène pèse 150 M€ sur ses coûts.
• Des postes et certaines liaisons pourraient être revus.

    Le modèle des vols directs entre petites villes européennes, qui a fait le succès de Volotea, traverse une période difficile. Face à l’envolée du prix du kérosène et à la pression sur ses marges, la compagnie espagnole engage une restructuration importante : flotte réduite, suppressions de postes et renégociation de sa dette.

    Pour les passagers, cela ne signifie pas un arrêt des opérations. Volotea assure que ses vols continuent normalement. Mais derrière cette promesse se profile une compagnie plus prudente, avec moins d’avions et probablement un réseau plus concentré sur les lignes les plus rentables.

    Jusqu’à 14 avions retirés de la flotte

    Volotea prévoit de réduire fortement le nombre d’appareils qu’elle exploite. Sa flotte, aujourd’hui composée de 44 avions Airbus, doit passer à environ 30 à 35 appareils dans les prochains mois. Cela représente une baisse d’environ un quart de ses capacités.

    Cette réduction aura des conséquences directes sur le nombre de sièges disponibles. Selon les données citées par Air Journal, la compagnie prévoyait environ 13 millions de sièges cette année, mais plusieurs marchés pourraient voir leur offre diminuer, notamment en Italie, l’un de ses principaux terrains d’activité.

    Certaines liaisons pourraient être moins fréquentes, tandis que les bases ou les lignes les moins performantes pourraient être réévaluées. En France, des réductions de capacités sont évoquées notamment à Bordeaux et Lyon, même si la compagnie n’a pas encore détaillé l’impact précis pour chaque aéroport.

    Le kérosène coûte 150 millions d’euros de plus

    La principale difficulté vient de la facture carburant. Volotea estime que la hausse du prix du kérosène représente environ 150 millions d’euros de coûts supplémentaires. Une charge particulièrement lourde pour une compagnie qui s’est construite sur un modèle à bas prix et sur des marges serrées.

    La compagnie explique que ce qui devait être une difficulté temporaire est devenu un problème plus durable, dans un secteur marqué par les tensions géopolitiques et l’instabilité des prix de l’énergie.

    Cette situation intervient pourtant après plusieurs exercices positifs sur le plan opérationnel. Volotea indique avoir enregistré trois années consécutives avec un résultat d’exploitation positif : 3 millions d’euros en 2023, 33,5 millions en 2024 et 47,4 millions en 2025. Mais ces performances ne suffisent pas à effacer le poids de la dette accumulée après la crise sanitaire.

    Une cinquantaine de postes menacés à Barcelone

    La restructuration touche également les équipes. La compagnie prévoit un ajustement d’environ 50 postes administratifs dans ses bureaux de Barcelone. Volotea emploie directement près de 2 300 personnes, mais n’a pas détaillé à ce stade les éventuelles conséquences pour les équipages ou les personnels présents dans les différentes bases.

    En parallèle, la compagnie est entrée dans une phase de discussions avec ses créanciers afin de restructurer sa dette financière à long terme. L’objectif affiché est de parvenir à un accord avant la fin du mois de décembre.

    Le dossier intéresse aussi Aegean Airlines, partenaire et actionnaire de Volotea. La compagnie grecque pourrait renforcer son rôle dans le capital, alors que plusieurs scénarios financiers sont étudiés pour accompagner la nouvelle phase de développement.

    Une compagnie qui veut rester fidèle à son modèle

    Créée en 2012, Volotea s’est développée avec une idée simple : relier directement des villes européennes secondaires ou régionales, souvent délaissées par les grandes compagnies. Son réseau repose notamment sur des liaisons qui évitent aux voyageurs de passer systématiquement par les grands hubs internationaux.

    C’est précisément ce modèle qui doit aujourd’hui être ajusté. Avec des coûts plus élevés, toutes les lignes ne génèrent plus forcément suffisamment de revenus pour rester compétitives.

    Le message envoyé par la direction reste toutefois clair : il ne s’agit pas de réduire les ambitions de la compagnie, mais de retrouver une structure plus solide. Carlos Muñoz, fondateur et directeur général de Volotea, explique que le contexte actuel oblige l’entreprise à agir sur deux leviers : la flotte et la dette.

    Pour les voyageurs, le changement pourrait surtout se traduire par un choix plus limité sur certaines destinations. Pour Volotea, l’enjeu est désormais de préserver son modèle sans laisser la hausse du carburant fragiliser les bases construites depuis plus d’une décennie.

    Anna Duplantis
    Publié le 24 septembre 2026

    Pilote de la communication chez Ulysse, je partage ici l’actualité du voyage et les tendances du moment. Hâte d’échanger avec vous en commentaires, Anna.

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