Lac d’Annecy

Le lac d’Annecy va bientôt complètement disparaître… les experts tirent la sonnette d’alarme

Anna Duplantis - Il y a 2 heures

En résumé

• Le lac d’Annecy a fortement baissé après un été et un septembre secs.
• Malgré le recul des rives, le lac n’est pas menacé d’assèchement.
• L’inquiétude porte sur la répétition future de ces sécheresses.

    À certains endroits, le décor a changé en quelques semaines. L’eau s’est retirée, des bandes de sable sont apparues et plusieurs pontons semblent désormais avancer beaucoup plus loin qu’avant au-dessus du rivage.

    Le phénomène est particulièrement visible autour du lac d’Annecy. Début octobre, son niveau est passé sous les 20 centimètres sur l’échelle du pont de la Halle, soit environ 60 centimètres sous la cote de référence. Une situation suffisamment inhabituelle pour rappeler l’épisode de sécheresse de 2018.

    Mais voir le lac reculer aussi nettement signifie-t-il qu’il est réellement en danger ?

    Le manque de pluie a fait baisser le lac d’Annecy dès le cœur de l’été

    La baisse ne date pas de l’automne. Dès le début du mois d’août, le niveau du lac était déjà sensiblement inférieur à la normale. Les épisodes orageux de l’été n’ont pas apporté suffisamment d’eau pour compenser plusieurs mois secs, tandis que septembre a prolongé le déficit de précipitations.

    Les effets sont désormais visibles à l’œil nu. Certaines plages se sont élargies, des zones habituellement immergées sont apparues et la faible profondeur complique localement la navigation. Quelques bateaux peuvent notamment rencontrer des difficultés à sortir de leur chenal.

    La situation rappelle 2018, année durant laquelle le lac avait connu l’un de ses niveaux les plus bas depuis plusieurs décennies. Cette fois, la baisse s’est toutefois installée relativement tôt dans la saison, ce qui attire davantage l’attention.

    Malgré des rives très découvertes, le lac d’Annecy n’est pas en train de disparaître

    Les images peuvent être impressionnantes, mais elles doivent être replacées dans les dimensions réelles du lac. Le lac d’Annecy couvre environ 27 km², atteint près de 79 mètres de profondeur maximale et contient plus d’un milliard de mètres cubes d’eau.

    Une baisse de plusieurs dizaines de centimètres suffit donc à transformer fortement le paysage des berges sans signifier que le plan d’eau est proche de l’assèchement.

    @france_3_aura

    Depuis le début de l’été, le niveau du lac d’Annecy a drastiquement baissé à cause de l’absence de pluie significative. Cette sécheresse a de lourdes conséquences… . 👉 lien dans la bio #sinformersurtiktok

    ♬ son original – France 3 Auvergne-Rhône-Alpes – France 3 Auvergne-Rhône-Alpes

    Le lac reste également suivi de très près sur le plan environnemental. Sa qualité de l’eau fait l’objet d’analyses régulières depuis plusieurs décennies et il constitue une ressource majeure pour le territoire, notamment pour l’alimentation en eau potable.

    La question porte davantage sur la répétition de ces épisodes. Des étés plus chauds, associés à des périodes sans pluie plus longues, peuvent accentuer les étiages et prolonger les faibles niveaux jusqu’à l’automne. C’est cette tendance de fond qui retient aujourd’hui l’attention des spécialistes.

    Une baisse spectaculaire qui peut aussi avoir certains effets utiles pour l’écosystème

    Un niveau plus bas n’est pas nécessairement mauvais sur tous les plans. Les variations naturelles du lac permettent à certaines zones littorales de respirer et peuvent favoriser la régénération de milieux comme les roselières.

    Ces espaces sont importants pour de nombreuses espèces de poissons, d’oiseaux, d’insectes et d’amphibiens. Pendant longtemps, le niveau du lac a été maintenu de manière relativement stable, alors que certains habitats profitent justement d’une alternance entre périodes immergées et périodes plus sèches.

    Comme l’a rappelé notre confrère Le Dauphiné Libéré, la situation actuelle reste néanmoins liée à un épisode de sécheresse marqué. Il ne faut donc pas confondre les bénéfices possibles d’un marnage naturel avec les conséquences d’un déficit prolongé de pluie.

    Le précédent de 2018 montre par ailleurs que le niveau du lac peut remonter rapidement lorsque les précipitations reviennent. Pour l’heure, la baisse reste donc spectaculaire sans constituer un scénario d’assèchement imminent.

    Ce qui inquiète davantage, c’est la fréquence de ces épisodes. Si des niveaux aussi bas deviennent plus réguliers dans les prochaines années, le sujet ne sera plus seulement celui d’un paysage inhabituel à la fin de l’été, mais celui de l’adaptation durable du lac et de tout son bassin versant à des périodes de sécheresse plus longues.

    Anna Duplantis
    Publié le 5 octobre 2026

    Pilote de la communication chez Ulysse, je partage ici l’actualité du voyage et les tendances du moment. Hâte d’échanger avec vous en commentaires, Anna.

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