En résumé
• L'aéroport de Dubaï a atteint 95,2 millions de passagers en 2025, vise 100 millions en 2026.• La saturation augmente les temps d'attente; conseiller des correspondances >2h30.
• Dubai investit dans Al Maktoum, futur plus grand aéroport avec 260 millions de capacité.
L’aéroport international de Dubaï (DXB) a accueilli 95,2 millions de passagers en 2025, un record absolu pour un aéroport international. En 2026, Dubai Airports relève la barre à 99,5 millions. Le cap symbolique des 100 millions est à portée de main, et pour les voyageurs français qui transitent par ce hub vers l’Asie, l’Océanie ou l’Afrique de l’Est, les conséquences sont très concrètes.
95,2 millions en 2025, l’aéroport Dubaï vise les 100 millions de passagers
Les chiffres donnent le vertige. DXB a enregistré en 2025 une hausse de 3,1 % par rapport à 2024, selon Dubai Airports. Décembre a été le mois le plus chargé de l’histoire de l’aéroport, avec 8,7 millions de passagers. Journée, mois, trimestre, année : tous les records de fréquentation ont été battus. Le 3 janvier 2026, l’aéroport a traité plus de 324 000 voyageurs en une seule journée, pulvérisant le précédent record quotidien.
Le CEO de Dubai Airports, Paul Griffiths, ne cache pas la situation : l’aéroport fonctionne « à la limite de sa capacité physique ». Malgré cette saturation, la dynamique reste forte. L’Inde reste le premier marché avec 11,9 millions de passagers, suivie de l’Arabie Saoudite (7,5 millions) et du Royaume-Uni (6,3 millions). La Chine, la Russie, l’Égypte et l’Italie affichent des taux de croissance à deux chiffres.
En parallèle, Dubaï a accueilli 19,6 millions de visiteurs internationaux en 2025, confirmant le statut de la ville comme plaque tournante du tourisme mondial. Un volume qui place DXB loin devant ses concurrents européens : à titre de comparaison, Londres Heathrow et Istanbul se disputaient la première place européenne avec environ 83 millions de passagers chacun en 2025.
Ce que ça change pour les escales à Dubaï
Pour les passagers en correspondance, la saturation de DXB se traduit par des temps d’attente allongés aux contrôles de sécurité et aux postes de transfert, en particulier aux heures de pointe. Le risque de connexion ratée augmente mécaniquement lorsque l’aéroport tourne à plein régime. Conseil pratique : privilégiez les correspondances d’au moins 2h30 pour éviter les mauvaises surprises, et évitez les créneaux entre 22h et 3h du matin, les plus chargés.
Dubai Airports a déployé des technologies avancées de screening des bagages pour fluidifier les flux, et Emirates investit dans de nouvelles solutions biométriques pour accélérer le passage en zone de transit.
À noter pour les voyageurs confrontés à une longue escale : le programme Dubai Connect d’Emirates offre gratuitement l’hôtel, les repas et les transferts pour les correspondances de 8 à 26 heures en classe Économique et Premium Economy (6 à 26 heures en Business et First). Les passagers sont hébergés au Le Méridien, au JW Marriott Marquis, au Copthorne Hotel ou dans un hôtel équivalent. Condition importante : il faut que votre correspondance soit la meilleure connexion disponible, et la réservation doit être effectuée au moins 24 heures avant le vol entrant. Une option à connaître absolument quand les temps de connexion s’allongent.
35 vols par semaine depuis la France : les connexions Emirates et flydubai
Emirates dessert la France avec 35 vols hebdomadaires : trois vols quotidiens en A380 depuis Paris-CDG, un vol quotidien en A380 depuis Nice et un vol quotidien en A350 depuis Lyon. Comptez environ 6h30 de vol direct depuis Paris, 6h15 depuis Nice et 6h depuis Lyon.
Côté tarifs, les prix démarrent aux alentours de 334 € l’aller-retour depuis Lyon, 355 € depuis Paris et 393 € depuis Nice selon les comparateurs en février 2026. Air France assure également la liaison Paris-Dubaï, avec des tarifs à partir de 641 € l’aller-retour — une liaison qui pourrait toutefois être affectée par les contraintes européennes sur le carburant vert à moyen terme.
La classe Premium Economy d’Emirates s’étend progressivement et doit atteindre 99 destinations d’ici fin 2026, offrant un meilleur confort sur les vols long-courriers via Dubaï. Autre nouveauté à surveiller : l’arrivée de Riyadh Air, la nouvelle compagnie du fonds souverain saoudien. Après ses premiers vols vers Londres en octobre 2025, Dubaï figure comme sa deuxième destination avec un lancement grand public prévu au premier trimestre 2026. Une concurrence accrue qui pourrait peser sur les prix.
Depuis les autres grandes villes françaises comme Marseille, Bordeaux ou Toulouse, des connexions via Paris-CDG ou d’autres hubs européens (Istanbul, Doha) permettent de rejoindre Dubaï, tandis que flydubai complète l’offre Emirates sur certaines routes.
Al Maktoum, le méga-aéroport à 35 milliards de dollars qui va tout changer
DXB atteindra sa capacité maximale absolue (environ 115 millions de passagers) vers 2031. Pour anticiper, Dubaï a lancé un projet colossal : le transfert total des opérations vers Al Maktoum International (DWC), situé au sud de la ville.
L’investissement annoncé atteint 35 milliards de dollars (128 milliards AED), approuvé par le souverain de Dubaï, Sheikh Mohammed bin Rashid al-Maktoum. La première phase, prévue pour 2030-2032, inclura un terminal central et quatre concourses pour une capacité de 150 millions de passagers par an. À terme, l’aéroport comptera cinq pistes parallèles, 400 portes d’embarquement et une capacité finale de 260 millions de passagers, ce qui en ferait le plus grand aéroport du monde, environ cinq fois la taille actuelle de DXB.
Un contrat d’un milliard de dirhams (272 millions de dollars) pour une deuxième piste a déjà été attribué au groupe Binladin Contracting, et le trafic d’Al Maktoum a bondi de 30 % en 2025, atteignant 1,4 million de passagers. La montée en puissance est lancée.
Saturation ou opportunité : ce qu’il faut retenir pour vos prochains vols
La congestion de DXB pousse Dubaï à investir massivement dans l’expérience passager : technologies de pointe, nouveaux lounges, services renforcés. Pour les voyageurs français, le hub de Dubaï reste le point de passage le plus pratique vers l’Asie du Sud-Est, l’Australie et l’Afrique de l’Est, avec des fréquences et des tarifs que peu de concurrents peuvent égaler.
Concrètement, pour ceux qui transitent régulièrement par DXB :
- Privilégiez les correspondances en heures creuses (début d’après-midi, créneau le moins chargé)
- Activez le programme Dubai Connect pour les longues escales de 8h ou plus
- Réservez tôt : les tarifs depuis Lyon à 334 € ne durent pas longtemps
- Gardez un œil sur Al Maktoum : les premiers transferts de vols sont attendus à partir de 2030
À suivre : le cap des 100 millions pourrait être franchi dès 2026 si la croissance dépasse les prévisions. Une évolution à surveiller pour tous les voyageurs qui comptent sur l’aéroport de Dubaï comme porte d’entrée vers le reste du monde.