Compagnies chinoises : 2 900 vols de plus vers l’Europe cet été, le survol de la Russie creuse l’écart

Vincent Mabire - Il y a 4 heures

En résumé

• Les compagnies aériennes chinoises dominent les vols Chine-Europe, offrant 12,1M de sièges.

• Les transporteurs chinois bénéficient d'un raccourci en survolant la Russie, réduisant les coûts.

• Les voyageurs français profitent de tarifs attractifs vers l'Asie avec des escales en Chine.

    Les compagnies aériennes chinoises ajoutent 2 900 vols vers l’Europe pour l’été 2026, portant leur part de marché à 83 % sur l’axe Chine-Europe, contre environ 67 % en 2019. Pendant que les transporteurs européens rallongent leurs trajets de deux à trois heures pour contourner la Russie, Air China, China Southern et China Eastern traversent la Sibérie librement et proposent des tarifs que les Occidentaux ne peuvent plus suivre. Pour les voyageurs français qui cherchent un vol vers l’Asie cet été, cette offensive change concrètement la donne — alors que l’IATA confirme une hausse de 20 à 40 % des billets d’avion sur les routes occidentales.

    Ce qui change cet été sur l’axe Chine-Europe

    Les chiffres du programme été 2026 (fin mars à fin octobre) donnent le vertige. Air China mène l’offensive avec 1 120 vols supplémentaires, 41 liaisons dans 18 pays européens et 229 fréquences hebdomadaires. La compagnie lance de nouvelles routes : Pékin Daxing-Francfort en quotidien dès le 28 avril (en Boeing 777-300ER), Pékin Daxing-Milan Malpensa dès le 13 juin (en Airbus A330-300) et sept vols par semaine entre Pékin et Bruxelles.

    China Southern Airlines ajoute 839 vols, avec notamment une nouvelle liaison Pékin Daxing-Helsinki. China Eastern Airlines complète le trio avec 654 vols supplémentaires et 1,9 million de sièges aller-retour sur 20 routes européennes (en hausse de 20 % sur un an). La compagnie reprend Shanghai-Stockholm après six ans d’absence, lance un nouveau Xi’an-Vienne le 20 avril et inaugurera Shanghai-Zurich le 18 juin à raison de trois vols hebdomadaires en A350.

    Au total, les compagnies chinoises offrent 12,1 millions de sièges aller-retour vers l’Europe cet été, contre 10,4 millions l’été dernier. « Nous prévoyons de continuer à développer notre réseau sur des marchés comme l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et l’Islande », annonce la direction d’Air China, selon Air Journal.

    Pourquoi les compagnies chinoises dominent : le survol de la Russie expliqué

    Depuis février 2022, les compagnies européennes et américaines ne peuvent plus survoler l’espace aérien russe, conséquence directe des sanctions liées à l’invasion de l’Ukraine. Les compagnies chinoises, elles, traversent la Sibérie sans restriction. Sur un Paris-Pékin, cela représente un trajet raccourci de deux à trois heures et une économie estimée à plus de 10 000 dollars par heure de vol évitée, selon le South China Morning Post.

    La double peine frappe les transporteurs occidentaux : au contournement de la Russie s’ajoute la crise au Moyen-Orient, avec 11 espaces aériens fermés ou restreints depuis les frappes sur l’Iran en février 2026. Les routes vers l’Asie via les hubs du Golfe sont perturbées, tandis que les chinoises évitent totalement cette zone grâce à leur passage sibérien.

    Washington a réagi en octobre 2025 en interdisant aux compagnies chinoises le survol de la Russie sur les routes vers les États-Unis uniquement. Air China, China Eastern, China Southern, Hainan et Xiamen Airlines sont concernées, selon La Quotidienne. L’Europe, en revanche, n’a rien fait de comparable. Marjan Rintel, la patronne de KLM, a publiquement sommé l’UE d’instaurer des règles équitables, selon Déplacements Pros. À ce jour, la Commission européenne n’a pas agi.

    Comment en profiter : le guide pratique pour les voyageurs français

    Cette domination chinoise ouvre des opportunités tarifaires concrètes pour les passagers. Paris-Pékin en direct avec Air China se fait en environ 10 heures (contre 12 à 13 heures par le sud pour Air France), avec des billets repérés dès 308 euros aller-retour sur Kayak et Momondo en mars 2026.

    Pour rejoindre l’Asie du Sud-Est, l’escale à Pékin, Shanghai ou Guangzhou permet d’accéder à Bangkok, Bali ou Tokyo à des tarifs souvent inférieurs à 500 euros aller-retour. À comparer avec les alternatives via Helsinki (Finnair), Istanbul (Turkish Airlines) ou Addis-Abeba (Ethiopian Airlines), qui restent compétitives mais avec des temps de trajet plus longs.

    À noter : la Chine est accessible sans visa pendant 30 jours pour les ressortissants français depuis fin 2024. Il est donc possible de transformer une simple correspondance en stopover touristique à Pékin ou Shanghai, sans démarche administrative supplémentaire.

    Les limites à connaître avant de réserver

    Les escales dans les hubs chinois peuvent durer de 4 à 8 heures selon les correspondances. Le confort en vol varie : Air China offre généralement un meilleur service long-courrier que China Southern, selon les retours de passagers. La signalétique dans les aéroports chinois est en anglais, mais l’assistance en français reste inexistante.

    Sur le plan juridique, la distinction est importante. Un vol au départ de l’UE est couvert par le règlement CE 261/2004, qui garantit une indemnisation en cas de retard ou d’annulation. En revanche, un vol retour depuis la Chine opéré par une compagnie chinoise n’offre pas ces protections. À retenir si vous devez choisir entre un aller simple et un aller-retour.

    Dernière incertitude : la géopolitique. Après avoir interdit le survol russe sur les routes sino-américaines, Washington pourrait faire pression pour étendre cette mesure aux routes entre la Chine et l’Europe, ce qui rebattrait les cartes du jour au lendemain.

    Ce que font les compagnies européennes pour riposter

    Les transporteurs européens ne restent pas inactifs. Air France renforce ses liaisons vers l’Asie dans son programme été 2026 avec 630 vols par jour, en réallouant des capacités initialement prévues pour le Moyen-Orient. Finnair exploite la route polaire Helsinki-Asie, seul avantage géographique européen encore pertinent face aux chinoises.

    Turkish Airlines via Istanbul reste une alternative compétitive grâce à la position de carrefour de son hub. Ethiopian Airlines propose des tarifs agressifs via Addis-Abeba, au prix d’un temps de trajet sensiblement allongé. Du côté des nouvelles connexions, Brussels Airport accueille Hainan Airlines sur une liaison vers Chengdu pour l’été 2026, signe que les compagnies chinoises étendent aussi leur empreinte via des aéroports secondaires européens.

    China Eastern étudie par ailleurs un vol direct Shanghai-Lyon, qui pourrait offrir une alternative de premier plan pour les voyageurs du sud-est de la France.

    À suivre : la réponse de l’UE aux appels répétés des compagnies européennes en faveur de règles équitables sur le survol de la Russie. Sans action de Bruxelles, l’écart de compétitivité ne fera que se creuser dans les mois à venir.

    Vincent Mabire
    Publié le 30 mars 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Nos thèmes