En résumé
• Retards et annulations en hausse au contrôle aérien français• DGAC: organisation rigide, travail réduit et salaires en hausse
• La Cour veut plus de service minimum et préparer les retraites
La Cour des comptes a publié un rapport sur la gestion des ressources humaines à la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). Les magistrats y dressent un bilan sévère du contrôle aérien français, pointant des retards en hausse, une organisation rigide et des coûts élevés.
Un rapport sévère de la Cour des comptes sur la DGAC
La Cour des comptes a analysé les performances des 3 800 contrôleurs aériens français ainsi que l’organisation du travail au sein de la DGAC. Le rapport a été publié le dimanche 5 juillet 2026. Il s’agit du deuxième rapport des magistrats sur ce sujet.
La capacité de la DGAC à gérer le trafic aérien sans retards ni annulations de vols s’est dégradée depuis la fin de la période du Covid-19. Le trafic est pourtant revenu à son niveau d’avant la pandémie. Selon le rapport, cette dégradation pose un problème européen et un risque de sanctions pour la France.
Des retards en hausse et un record en 2025
Les retards et les annulations de vols commerciaux sont en hausse, selon les conclusions du rapport. L’été 2025 a enregistré un record, avec plus de 3 minutes 30 secondes de retard en moyenne par vol.
La Cour des comptes note une évolution positive concernant les “clairances”, une pratique illégale qui permettait aux contrôleurs de rentrer chez eux en cas de faible charge de travail. Cette pratique a presque disparu. Les magistrats saluent également la mise en place d’un système de badgeuses biométriques, déployé à 80 % et qui doit atteindre 100 % à la fin de l’année 2026 pour comptabiliser les heures réellement effectuées.
Un temps de travail réduit et des augmentations salariales
Le rapport relève que le nombre d’heures travaillées par les contrôleurs aériens reste inférieur à la moyenne des autres salariés du secteur. Les contrôleurs effectuent 1 420 heures par an, contre 1 607 heures pour la moyenne des salariés. Cela correspond à trois jours de travail par semaine, incluant des pauses obligatoires et des récupérations accordées de manière parfois opaque.
La Cour des comptes salue une organisation du travail devenue plus flexible. Cette flexibilité s’est accompagnée d’augmentations de salaire de l’ordre de 16 %, soit 1 500 euros brut supplémentaires par mois en moyenne pour les contrôleurs aériens. L’organisation actuelle, bien que plus coûteuse, reste rigide par rapport à l’évolution du trafic aérien et continue d’imposer des restrictions de trafic en période de pointe.
Le service minimum en grève et le renouvellement des effectifs en question
Le niveau de service minimum en cas de mouvement social est également pointé par la Cour des comptes. Il a été abaissé depuis 2025. Les magistrats plaident pour le réajuster afin de garantir 65 % du trafic prévu, un niveau équivalent à celui des années antérieures.
La DGAC doit par ailleurs faire face au renouvellement de ses effectifs opérationnels, qui comprennent des contrôleurs aériens, des ingénieurs électriciens et des techniciens. Ces agents représentent 66 % des 10 320 employés de la DGAC, dont 30 % partiront à la retraite dans les dix ans. La Cour des comptes appelle à une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences pour éviter une dégradation supplémentaire du trafic à l’avenir.