En résumé
• Charte en préparation pour mieux réguler le Tour du Mont-Blanc• Réservations d’hébergements, bivouac sauvage et valises visés
• Objectif: préserver sites, sécurité et encadrer l’afflux randonneurs
Face à la hausse de la fréquentation du Tour du Mont-Blanc, les communes françaises traversées par l’itinéraire souhaitent renforcer les conditions d’accès. Une charte en cours de préparation doit encadrer l’hébergement, le bivouac et certains services proposés aux randonneurs.
Une charte préparée face à l’augmentation de la fréquentation
Les maires et les principaux acteurs de la montagne ont acté, à la mi-septembre 2026, le principe d’une charte destinée à réguler l’accès au Tour du Mont-Blanc. Le projet réunit les communes de Vallorcine, Chamonix, Les Houches, Saint-Gervais, Les Contamines-Montjoie, Beaufort et Bourg-Saint-Maurice, ainsi que les gardiens de refuge, les responsables des gîtes et des campings, les guides, les transporteurs et les services de l’État.
Le parcours s’étend sur environ 170 kilomètres et représente 10 000 mètres de dénivelé. Selon un communiqué publié le 21 septembre, sa fréquentation a atteint 90 000 randonneurs, soit une augmentation de près de 50 % depuis la crise sanitaire. Les acteurs locaux évoquent des répercussions sur les propriétés, l’environnement et la sécurité.
Interrogé par l’AFP, Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais et président de la Communauté de communes Pays du Mont-Blanc, résume l’objectif : « On n’interdit pas mais on organise. » La charte est toujours en cours de finalisation et ses promoteurs espèrent la signer avant la fin de l’année 2026.
Une réservation obligatoire pendant la saison estivale
Selon Nice-Matin, le projet prévoit de généraliser la réservation préalable des hébergements recensés pendant la saison estivale. Les randonneurs devraient donc organiser leur parcours et réserver leurs nuitées avant de s’engager sur l’itinéraire. Les modalités précises de cette obligation n’ont pas encore été détaillées.
Les communes souhaitent également interdire le bivouac sauvage. Le camping resterait possible dans les espaces autorisés, où un niveau minimal de confort devrait être garanti. Cette mesure vise notamment les installations improvisées autour des refuges par des randonneurs cherchant à s’y abriter en cas de mauvais temps.
Les élus entendent aussi interdire le transport des valises d’un refuge à l’autre, au profit des seuls sacs de randonnée. Jean-Marc Peillex a notamment dénoncé le recours à des taxis pour transporter de grandes valises ou parcourir certaines portions du circuit. La charte doit parallèlement encourager le recours aux guides de montagne locaux.
Le Tour du Mont-Blanc s’inspire d’autres sites réglementés
Le dispositif envisagé reprend certains principes déjà appliqués depuis 2020 pour l’ascension du mont Blanc, qui culmine à 4 806 mètres. Une « brigade blanche », conduite par le Peloton de gendarmerie de haute montagne, contrôle notamment les réservations effectuées par les alpinistes dans les refuges.
D’autres espaces naturels français ont adopté des mesures comparables. Le parc national des Calanques, près de Marseille, impose une réservation gratuite en haute saison pour accéder à la calanque de Sugiton, touchée par l’érosion. Le parc national des Écrins a, de son côté, adopté en 2026 un arrêté permettant d’instaurer des quotas aux abords de certains lacs.
Dans le massif des Bauges, en Savoie, onze aires réservées au bivouac ont également été aménagées en octobre 2025. Ces installations doivent encadrer l’itinérance, protéger la faune et la flore, limiter le risque d’incendie et réduire les incivilités. Pour le Tour du Mont-Blanc, les règles définitives dépendront du contenu de la charte attendue avant la fin de l’année 2026.