Italie

Fabriqué de toutes pièces, ce faux site antique en Italie a trompé des touristes du monde entier 

Anna Duplantis - Il y a 1 heure

En résumé

• Un faux site antique en Italie a attiré des touristes pendant des années.
• Il était entièrement fabriqué par Franco Malosso, alias Frank von Rosenfranz.
• La justice ordonne sa destruction et la remise en état du terrain.

    Pendant plusieurs années, il a ressemblé à un véritable trésor historique. Amphithéâtre, colonnes antiques, statues et vestiges supposés vieux de plusieurs siècles. Ce lieu niché dans le nord de l’Italie semblait tout droit sorti d’un manuel d’histoire.

    Des visiteurs venus du monde entier se rendaient sur place pour découvrir ce qui était présenté comme une découverte archéologique exceptionnelle. Pourtant, derrière cette impressionnante mise en scène se cachait une réalité bien différente, qui a finalement conduit la justice italienne à intervenir. Le site d’Arcugnano, près de Vicence, est aujourd’hui promis à la disparition après plusieurs années de procédures.

    Un faux site antique qui attirait des visiteurs du monde entier

    Baptisé « Anfiteatro Marittimo Berico Porto degli Angeli », ce complexe de près de 5 000 m² semblait réunir tous les ingrédients d’un lieu historique majeur.

    Ses visiteurs pouvaient y découvrir un amphithéâtre, des colonnes, des sculptures et différents éléments présentés comme des traces d’anciennes civilisations. Le créateur du site affirmait même que les lieux avaient été fréquentés par de grandes figures historiques comme Jules César ou Cléopâtre.

    Il évoquait également des liens avec les Templiers et avec Juliette Capulet, personnage fictif de l’œuvre Roméo et Juliette de William Shakespeare.

    Cette histoire soigneusement construite a permis au lieu d’attirer de nombreux touristes. Des visites guidées, des conférences et même des concerts étaient organisés sur place.

    Les voyageurs étrangers payaient environ 14 euros pour accéder au site, tandis que les visiteurs italiens devaient s’acquitter d’un tarif plus élevé de 40 euros.

    Une construction entièrement fabriquée de toutes pièces

    Derrière cette impressionnante histoire se trouvait Franco Malosso, un Italien de 69 ans qui se faisait également appeler « Frank von Rosenfranz ».

    L’homme expliquait avoir découvert les vestiges en 2005 après un glissement de terrain. Mais les premières vérifications ont rapidement fait apparaître de nombreuses incohérences historiques.

    Certaines dates avancées ne correspondaient pas aux personnages cités. Le créateur du site affirmait notamment que l’endroit avait été construit en 393 après Jésus-Christ tout en racontant que Jules César l’avait fréquenté, alors que ce dernier était mort plusieurs siècles auparavant.

    Les autorités ont également constaté que les structures avaient été réalisées récemment. Des images satellites ont montré les travaux de terrassement et le déboisement progressif de la colline où le complexe avait été installé.

    La justice italienne ordonne la disparition du faux monument

    Les doutes sur l’authenticité du site sont apparus plusieurs années après son ouverture. En 2016, la municipalité d’Arcugnano a effectué un signalement concernant les travaux réalisés sur la colline et l’absence d’autorisations nécessaires.

    Les investigations ont alors conclu que le lieu n’était pas un site archéologique découvert par hasard, mais une construction artificielle destinée notamment à attirer des visiteurs payants.

    L’affaire a finalement conduit à une condamnation de Franco Malosso pour plusieurs infractions liées à l’urbanisme, aux constructions illégales et à la reproduction d’œuvres artistiques.

    Comme le rapporte L’Écho touristique, l’homme a été condamné définitivement à 28 mois de prison, 3 000 euros d’amende et 3 500 euros de frais de justice. Il doit également remettre le terrain dans son état initial.

    Une question reste en suspens : le coût de la démolition

    Malgré la décision judiciaire, le faux site archéologique est toujours visible aujourd’hui. La remise en état de la colline nécessitera l’intervention de véritables spécialistes afin de déterminer comment supprimer les structures sans aggraver les dégâts sur l’environnement.

    Reste également une question importante : qui prendra en charge le coût de cette opération ? Pendant plusieurs années, ce décor historique imaginaire aura réussi à tromper de nombreux visiteurs grâce à une histoire bien construite et à une mise en scène particulièrement travaillée.

    Une affaire qui rappelle que, dans le tourisme comme ailleurs, les apparences peuvent parfois être très éloignées de la réalité.

    Anna Duplantis
    Publié le 27 août 2026

    Pilote de la communication chez Ulysse, je partage ici l’actualité du voyage et les tendances du moment. Hâte d’échanger avec vous en commentaires, Anna.

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