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La France pourrait perdre son trône touristique face à l’Espagne

Anna Duplantis - Il y a 1 jour

En résumé

• La France reste n°1 du tourisme mondial en 2026
• L’Espagne se rapproche avec 97 M de visiteurs
• La France veut mieux répartir et accroître les recettes

    Pendant longtemps, la France a regardé ses poursuivants d’assez loin. Paris, la Côte d’Azur, les châteaux de la Loire, les Alpes et les villages de carte postale suffisaient largement à maintenir le pays tout en haut du classement mondial.

    Seulement voilà, l’Espagne ne se contente plus de bronzer à la deuxième place. Elle avance vite, portée par ses plages, ses grandes villes, son climat et une machine touristique devenue redoutablement efficace.

    En 2025, seuls cinq millions de visiteurs internationaux séparaient encore les deux pays. Un écart suffisamment faible pour transformer la saison 2026 en petit match à suspense entre croissants et tapas.

    La France devrait encore rester numéro 1 en 2026

    Le ministre du Tourisme Serge Papin se montre confiant. Selon lui, la France devrait conserver en 2026 son titre de première destination touristique mondiale.

    Il faut dire qu’elle part avec une longueur d’avance. En 2025, le pays a accueilli 102 millions de touristes étrangers, confirmant une nouvelle fois son statut de poids lourd mondial du voyage.

    La dynamique ne semble pas s’essouffler. Les professionnels du secteur anticipent encore une bonne année, tandis que les recettes générées par les visiteurs internationaux pourraient continuer à progresser.

    La France bénéficie toujours d’un mélange particulièrement difficile à reproduire ailleurs. Grandes métropoles, littoral méditerranéen, Atlantique, montagne, gastronomie, patrimoine historique, vignobles et villages. Pour un touriste étranger qui veut tout voir sans changer de pays, l’Hexagone reste un sacré buffet à volonté. Mais la première place n’est plus aussi confortable qu’autrefois.

    L’Espagne n’est plus qu’à quelques millions de touristes

    En 2025, l’Espagne a accueilli 97 millions de visiteurs internationaux, contre 102 millions pour la France. Cinq millions de touristes d’écart seulement. À l’échelle du tourisme mondial, c’est presque une serviette posée entre deux transats.

    L’Espagne dispose d’atouts très similaires à ceux de sa voisine. Climat agréable, littoral immense, villes historiques, gastronomie, culture et liaisons aériennes nombreuses. Barcelone, Madrid, Séville, Valence, les Baléares ou les Canaries constituent autant de portes d’entrée capables d’attirer des millions de visiteurs chaque année.

    Et contrairement à une époque où le pays était surtout associé au tourisme balnéaire, l’Espagne a largement diversifié son image. City-breaks, gastronomie, randonnée, patrimoine ou tourisme rural viennent désormais compléter le traditionnel duo plage-soleil.

    Résultat, la France garde la couronne, mais elle ferait mieux de ne pas la poser trop loin.

    Les touristes commencent aussi à regarder au-delà de Paris et des plages

    Le plus intéressant se joue peut-être ailleurs. La France ne mise plus uniquement sur ses destinations stars. Le gouvernement et les acteurs du tourisme cherchent désormais à attirer davantage de visiteurs vers l’intérieur du territoire, là où la fréquentation reste souvent beaucoup plus modérée.

    Serge Papin parle d’une « France en U ». La façade atlantique, l’arc méditerranéen et l’axe Rhin-Rhône concentrent traditionnellement une grande partie des flux touristiques. Mais les habitudes évoluent. Randonnée, vélo, patrimoine rural, savoir-faire locaux ou agritourisme séduisent de plus en plus les voyageurs qui veulent autre chose qu’un énième week-end à Paris ou trois jours collés à une plage bondée.

    Lors du Dîner des décideurs de L’Écho touristique, le ministre a d’ailleurs insisté sur cette volonté de « remplir l’intérieur du U », en attirant davantage de visiteurs vers des territoires moins exposés au tourisme de masse.

    Une stratégie qui pourrait devenir précieuse si la France veut continuer à accueillir davantage de voyageurs sans transformer ses destinations les plus populaires en gigantesques parkings à valises.

    Derrière la bataille des visiteurs, celle des milliards

    Être le pays le plus visité du monde fait joli sur une brochure. Mais pour l’économie touristique, le véritable sujet reste ce que les voyageurs dépensent une fois sur place.

    En 2025, les recettes touristiques internationales françaises ont atteint 77,5 milliards d’euros, soit une hausse de 9 % par rapport à l’année précédente et un record historique. Pour 2026, Atout France table sur une nouvelle progression d’environ 10 % de ces recettes internationales.

    Et la France voit encore plus loin. L’objectif affiché est désormais d’atteindre 100 milliards d’euros de revenus générés par les touristes étrangers d’ici 2030. Autrement dit, accueillir toujours plus de monde ne suffit plus. Il faut aussi convaincre les visiteurs de rester davantage, de découvrir d’autres régions et de dépenser au-delà des quelques destinations les plus célèbres.

    L’Espagne, elle, continue de réduire méthodiquement l’écart. Soleil, plages, gastronomie et villes bouillonnantes, la recette fonctionne plutôt bien. Pour 2026, la France devrait encore garder son trône. Mais pour la sieste royale, il faudra probablement repasser.

    Anna Duplantis
    Publié le 7 septembre 2026

    Pilote de la communication chez Ulysse, je partage ici l’actualité du voyage et les tendances du moment. Hâte d’échanger avec vous en commentaires, Anna.

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