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Grève nationale des contrôleurs aériens le 18 septembre : menaces sur le trafic en France et en Europe

Vincent Mabire - Il y a 6 heures

En résumé

• Grève des contrôleurs aériens le 18 sept. menace 40-50% des vols en France.
• SNCTA dénonce gel salarial, surcharge de travail et manque de dialogue social.
• Impact majeur attendu sur passagers, compagnies et trafic aérien européen.

Le trafic aérien français devrait connaître de fortes perturbations le 18 septembre, à la suite d’un appel à la grève lancé par le syndicat SNCTA, majoritaire chez les contrôleurs aériens. L’organisation dénonce un retard dans les revalorisations salariales et une surcharge de travail chronique. La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) s’attend à une réduction drastique du nombre de vols, avec des effets collatéraux attendus sur l’ensemble du trafic européen. Compagnies, passagers et partenaires européens redoutent une nouvelle paralysie du ciel français. Le conflit met en lumière un dialogue social grippé et une gestion du service public sous tension, dans un contexte de reprise post-Covid encore fragile.

Un syndicat déterminé à obtenir un rattrapage salarial

Le SNCTA ne cache plus son impatience. Le syndicat dénonce un gel de salaires « injustifié » depuis plusieurs années, couplé à une inflation qui a érodé le pouvoir d’achat des agents. À cela s’ajoute une pénurie persistante de contrôleurs, selon le syndicat, qui oblige les effectifs actuels à compenser par une intensification des cadences. L’organisation syndicale affirme avoir alerté la DGAC depuis plus d’un an, sans obtenir de réponse satisfaisante. Le choix de la date du 18 septembre, en pleine période de trafic dense, n’est pas anodin : il vise à accentuer la pression sur les négociations. Selon les éléments déjà diffusés, la grève pourrait entraîner la suppression de 40 à 50 % des vols sur plusieurs grands aéroports français. Le syndicat se dit ouvert à la discussion mais conditionne toute suspension du mouvement à des engagements concrets du ministère des Transports. En toile de fond, le SNCTA veut aussi faire entendre sa voix dans les débats autour de la modernisation du contrôle aérien français.

De lourdes répercussions attendues pour les passagers et les compagnies

Les compagnies aériennes redoutent une journée noire, avec des conséquences potentiellement durables sur la gestion opérationnelle. Air France, Ryanair ou Transavia s’attendent à devoir annuler plusieurs centaines de vols. Le réseau court et moyen-courrier, très dense en France et en Europe, sera particulièrement exposé. Pour les passagers, cette nouvelle grève soulève des frustrations croissantes : voyages professionnels annulés, congés écourtés, perte d’argent. Sur les réseaux sociaux, les messages de mécontentement se multiplient.

À l’étranger, plusieurs partenaires européens s’agacent aussi des perturbations récurrentes liées aux grèves françaises, qui désorganisent le trafic dans l’ensemble de l’espace aérien européen. Le syndicat européen des compagnies aériennes A4E accuse la France de « bloquer l’Europe » à chaque mobilisation. En réponse, la DGAC envisage des solutions d’urgence : routage alternatif, transferts vers le train, voire ajustement des créneaux de vol pour les compagnies prioritaires. Mais ces solutions restent limitées et peu efficaces à grande échelle. L’effet domino pourrait se prolonger plusieurs jours.

Un conflit ancré dans une crise structurelle de l’aérien public

Le conflit dépasse la simple revendication salariale. Il met en lumière les failles du système de gestion du trafic aérien en France. Depuis plusieurs années, le secteur souffre d’un déficit d’attractivité, de recrutements en berne et d’une inertie administrative dans l’adaptation aux nouveaux enjeux. La réforme du système de navigation aérienne européen, connue sous le nom de SESAR, tarde à se concrétiser, faute de coordination entre les États membres.

En France, la modernisation des équipements progresse lentement, tandis que les logiciels utilisés par certains centres de contrôle sont jugés obsolètes. Le personnel, lui, continue de faire face à une hausse du trafic post-Covid, sans moyens supplémentaires. À cela s’ajoute un climat social tendu, où dialogue social et pilotage technocratique s’opposent de plus en plus. Le ministère des Transports reste prudent dans ses déclarations, appelant au dialogue tout en refusant pour l’instant de céder aux exigences syndicales. Une stratégie qui pourrait s’avérer risquée à l’approche d’autres mouvements sociaux annoncés dans le secteur ferroviaire.

Une nouvelle alerte pour un service public sous pression

La grève du 18 septembre s’annonce comme un test majeur pour le gouvernement, mais aussi pour l’ensemble du secteur public aérien. Si les revendications salariales sont classiques, leur persistance souligne une perte de confiance profonde entre les agents et leur hiérarchie. Plusieurs experts évoquent une crise de gouvernance, alimentée par un sentiment d’abandon sur le terrain. Dans les centres de contrôle, la lassitude s’installe, et de nombreux contrôleurs dénoncent un manque de reconnaissance.

En parallèle, les usagers s’interrogent : le service public est-il encore capable d’assurer sa mission en toute fiabilité ? Le coût économique de ces interruptions de service commence à être mesuré par les entreprises, notamment les PME qui dépendent des liaisons aériennes rapides. À Bruxelles, certains députés européens plaident pour une réglementation plus stricte sur le droit de grève dans l’aérien, en évoquant l’intérêt général. En France, l’exécutif se trouve face à un dilemme : préserver le droit de grève ou garantir la continuité d’un service stratégique dans une économie ouverte et mobile.

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Vincent Mabire - Il y a 6 heures

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