Alentejo

Paul, retraité de 67 ans : « Je cherchais une Algarve moins fréquentée… j’ai trouvé bien plus sauvage »

Anna Duplantis - Il y a 58 minutes

En résumé

• L’Alentejo offre une côte sauvage, loin des stations bondées de l’Algarve.
• La Rota Vicentina permet d’explorer falaises, dunes et villages de pêcheurs.
• Évora, Monsaraz, vins et cuisine font de l’Alentejo une région à savourer.

    Il suffit parfois de s’éloigner de quelques kilomètres des endroits les plus connus pour avoir l’impression d’avoir changé de Portugal. Pendant que l’Algarve attire les vacanciers avec ses grandes plages et ses stations balnéaires, une autre partie du pays conserve un visage beaucoup plus sauvage. Ici, pas de longues rangées d’hôtels face à l’océan ni de plage où il faut presque réserver son petit carré de sable à l’avance.

    Les falaises tombent directement dans l’Atlantique, les petits villages de pêcheurs se cachent entre les dunes et les routes serpentent au milieu de paysages où les cigognes semblent avoir davantage leurs habitudes que les cars de touristes.

    Et le contraste ne s’arrête pas au littoral. Derrière les plages se découvrent des villages blancs, des chemins de randonnée, des vignobles et une campagne immense où le rythme ralentit franchement.

    L’Alentejo dévoile une côte sauvage aux portes de l’Algarve

    Pour trouver ce Portugal plus tranquille, il faut regarder du côté de l’Alentejo, entre Lisbonne et l’Algarve.

    Sa façade atlantique s’étire entre l’embouchure du Sado et Zambujeira do Mar, avec une succession de plages, de falaises, de dunes et de petites baies. Le paysage change régulièrement, mais conserve cette même impression d’espace qui fait tout le charme de la région.

    À Porto Covo, les maisons blanchies à la chaux entourent les petites rues du village et le port conserve une vraie atmosphère de station de pêche. Depuis la côte, l’île de Pessegueiro apparaît au large, posée sur l’Atlantique à quelques kilomètres seulement.

    En descendant vers le sud, Vila Nova de Milfontes apporte encore un peu de variété. Le village se trouve à l’embouchure du fleuve Mira, là où l’eau douce rencontre l’océan. On peut passer de la plage à une balade sur le fleuve, louer un kayak ou simplement s’installer quelque part pour regarder les bateaux.

    Plus loin, Almograve joue une partition plus sauvage, avec ses falaises, ses dunes et ses longues étendues de sable. Puis la route continue vers Zambujeira do Mar, perché au-dessus de l’océan.

    C’est le genre de côte où l’on s’arrête « juste cinq minutes » pour regarder le paysage et où, une heure plus tard, on est encore là, sans vraiment savoir pourquoi on aurait dû repartir.

    La meilleure façon de découvrir cette côte se fait à pied

    L’Alentejo possède un autre argument de poids pour ceux qui préfèrent marcher plutôt que multiplier les arrêts en voiture.

    La Rota Vicentina traverse cette partie du Portugal à travers plusieurs itinéraires, dont le célèbre Sentier des Pêcheurs. Celui-ci suit les chemins autrefois empruntés par les habitants pour rejoindre les plages et les zones de pêche.

    Le parcours longe les falaises au plus près de l’océan et alterne sable, sentiers côtiers et paysages sauvages. Le Sentier des Pêcheurs compte à lui seul 13 étapes pour environ 226,5 kilomètres.

    Pas besoin pour autant de se lancer dans une randonnée de plusieurs jours. Quelques portions suffisent déjà pour comprendre ce qui distingue cette côte des stations balnéaires plus classiques. Le vent de l’Atlantique, les falaises, les dunes et cette impression d’espace donnent au paysage un côté franchement sauvage.

    Et si la randonnée n’est pas votre truc, rien ne vous oblige à jouer les aventuriers. Certaines plages sont facilement accessibles depuis les villages.

    Des villages blancs qui changent complètement de la carte postale balnéaire

    Quitter le bord de mer permet ensuite de découvrir un autre Alentejo. La région est ponctuée de villages blancs, de maisons basses, de châteaux et de remparts qui apparaissent au milieu des grandes plaines. Le contraste avec la côte est assez spectaculaire. Après l’Atlantique et ses falaises, place aux paysages ruraux et aux petites rues où le temps semble ralentir.

    Évora constitue l’une des grandes étapes. Son centre historique est classé au patrimoine mondial de l’Unesco et rassemble notamment des monuments romains, des édifices religieux et des ruelles qui se parcourent très facilement à pied.

    Plus loin, Monsaraz est perché au-dessus de la plaine et du lac d’Alqueva. Depuis les remparts, le panorama s’étend très loin sur les paysages de l’Alentejo.

    Et le village réserve une surprise assez peu méditerranéenne. La région autour d’Alqueva est reconnue pour la qualité de son ciel nocturne. La faible pollution lumineuse permet même d’organiser des observations des étoiles.

    Après une journée passée à marcher sous le soleil, terminer la soirée à regarder la Voie lactée n’est finalement pas une si mauvaise idée.

    Ici, les vacances passent aussi par l’assiette

    L’Alentejo ne se découvre pas uniquement avec les yeux. La région possède une véritable identité gastronomique, avec notamment les migas, l’açorda alentejana, les fromages locaux, les préparations à base de porc et une cuisine généreuse qui colle plutôt bien aux longues journées passées dehors.

    Et impossible de parler de l’Alentejo sans évoquer le vin. Les plaines de la région sont ponctuées de vignobles et de domaines qui ouvrent leurs portes aux visiteurs. L’Alentejo compte plusieurs zones viticoles reconnues, notamment autour d’Évora, Borba, Redondo, Reguengos et Vidigueira.

    À la fin de l’été et au début de l’automne, les vendanges ajoutent même une animation particulière dans certains domaines.

    Le programme peut donc être assez simple : balade le matin, déjeuner copieux, visite d’un domaine dans l’après-midi et coucher de soleil quelque part sur la côte. Difficile de considérer cela comme une mauvaise journée.

    L’Alentejo, le Portugal pour ceux qui veulent ralentir

    C’est finalement ce qui distingue cette région. L’Alentejo ne cherche pas à concurrencer l’Algarve sur son propre terrain. Il propose autre chose : davantage d’espace, des villages où l’on prend le temps de flâner, un littoral moins urbanisé et une nature qui occupe une vraie place dans le voyage.

    Cela ne signifie évidemment pas que l’on y sera seul partout. Les plages de Porto Covo, Vila Nova de Milfontes ou Zambujeira do Mar sont connues et peuvent être fréquentées en été.

    Mais en prenant quelques kilomètres de recul, en sortant des horaires de pointe ou en empruntant les sentiers côtiers, le visage de la région change rapidement. Et c’est peut-être la meilleure raison d’y aller.

    On vient pour fuir les plages bondées et l’on découvre finalement que le plus beau cadeau de l’Alentejo n’est pas seulement son littoral. C’est tout ce qu’il y a autour.

    Anna Duplantis
    Publié le 24 septembre 2026

    Pilote de la communication chez Ulysse, je partage ici l’actualité du voyage et les tendances du moment. Hâte d’échanger avec vous en commentaires, Anna.

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