
En résumé
• Le camping sauvage gagne en popularité en Europe pour son authenticité post-Covid.• La Scandinavie et l'Écosse encouragent cette pratique avec des lois favorables.
• Restrictions et libertés variables selon les pays, comme les Pays baltes et les Balkans.
Envie de dormir au bord d’un fjord, sous les étoiles, loin de la foule et sans débourser un centime pour une chambre impersonnelle ? Le camping sauvage, longtemps relégué au rang de pratique marginale, revient en force en Europe. Dans un monde post-Covid en quête d’authenticité, cette forme de voyage minimaliste attire des milliers de campeurs en quête de solitude, de nature brute et d’aventure sans filtres. Pourtant, entre restrictions nationales et zones protégées, camper librement n’est pas toujours simple. Voici un tour d’horizon des pays qui accueillent cette pratique à bras ouverts – pour des nuits inoubliables au grand air.
Faire du camping en toute liberté en Scandinavie
En Suède, en Norvège et en Finlande, le « droit d’accès à la nature » (allemansrätten) est inscrit dans les traditions et parfois même dans la législation. Il autorise quiconque à installer temporairement sa tente sur des terres non cultivées, tant qu’on reste discret et respectueux des lieux. En Suède, l’archipel de Stockholm compte des milliers d’îles rocheuses accessibles en kayak ou en ferry, idéales pour passer la nuit loin de tout.
En Norvège, les abords du Nærøyfjord offrent des panoramas vertigineux, où les campeurs aguerris trouveront des zones reculées, à l’écart des sentiers balisés. La Finlande, quant à elle, se distingue par ses parcs nationaux bien équipés, comme Oulanka, où des abris et des foyers publics sont mis à disposition gratuitement.
Voir cette publication sur Instagram
Une nature qui se présente comme un héritage collectif en Écosse
Depuis 2003, l’Écosse autorise officiellement le camping sauvage dans presque toutes les zones rurales grâce au Land Reform Act. L’île de Rum, dans les Hébrides, est un joyau méconnu pour les amateurs de randonnées exigeantes et d’observation animalière.
On y croise des cerfs élaphes, des puffins, et parfois même des aigles royaux. Il est possible d’y planter sa tente jusqu’à trois jours, à condition de ne pas déranger les écosystèmes. Le Loch Lomond, plus accessible depuis Glasgow, applique en revanche une réglementation spécifique selon les saisons : une réservation en ligne peut être exigée entre mars et septembre.
View this post on Instagram
Liberté surveillée et vastes plages désertes aux Pays baltes
En Lettonie et en Estonie, les forêts domaniales et plages reculées autorisent le camping sauvage, à condition de rester hors des parcs nationaux. Le cap Kolka, où la mer Baltique rencontre le golfe de Riga, constitue un site exceptionnel pour dormir les pieds dans le sable, bercé par le va-et-vient des vagues.
Ces régions offrent aussi un avantage logistique : une faible densité de population, ce qui garantit des nuits silencieuses et des levers de soleil inoubliables. L’Estonie propose également une carte interactive gouvernementale indiquant les zones de camping libre, une initiative rare et bienvenue.
View this post on Instagram
Terrains d’aventure et tolérance implicite dans les Balkans
Dans les montagnes du Monténégro ou les plateaux de Bosnie-Herzégovine, le camping sauvage n’est pas explicitement encadré, mais largement toléré. Les vastes espaces ouverts, la faible présence touristique en dehors des côtes et l’hospitalité locale favorisent cette pratique.
Le Durmitor, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, attire une nouvelle génération de backpackers qui viennent s’immerger dans une nature presque intacte. En Albanie, certaines régions rurales autorisent même les feux de camp, avec du bois laissé à disposition des randonneurs.
Voir cette publication sur Instagram
Portugal et Espagne : la tentation ibérique… à manier avec prudence
En Espagne, le camping sauvage est théoriquement interdit, sauf dérogations locales. Pourtant, dans des zones comme la Galice, certaines plages reculées acceptent les campeurs respectueux. Le Portugal a récemment assoupli ses règles, notamment en Alentejo et en Algarve, où camper dans les terres (et non sur la côte) reste possible, en s’éloignant des routes et en respectant l’environnement.
Les autorités ferment souvent les yeux lorsqu’il s’agit de randonneurs itinérants, mais une verbalisation reste possible si les règles de discrétion ne sont pas respectées.
Voir cette publication sur Instagram
Dormir sous la voûte céleste, se réveiller au chant des oiseaux, cuisiner au feu de bois : le camping sauvage n’a rien de rustique lorsqu’il est bien préparé. Il offre un contact direct avec l’environnement, une forme de voyage plus lente, plus consciente, où chaque lever de soleil devient un luxe. Dans un monde saturé d’Airbnb standardisés et de séjours programmés à la minute, cette pratique représente un retour au voyage dans son sens le plus pur. Un rappel que la beauté du monde n’a pas besoin de mur, ni de Wi-Fi, pour se révéler.