Toulouse

Ni Paris ni Lyon… cette ville française fait partie des 5 métropoles à suivre en 2026-2027 selon la BBC

Anna Duplantis - Il y a 1 heure

En résumé

• La BBC place Toulouse parmi cinq villes à suivre en 2026, portée par une forte croissance.
• Marchés, quartiers vivants et quais composent un art de vivre urbain à rythme doux.
• Patrimoine, gastronomie et innovation aéronautique font évoluer son attrait touristique.

À première vue, Toulouse n’a rien d’une révélation touristique. On connaît sa place du Capitole, ses briques roses, la Garonne, la basilique Saint-Sernin et son histoire intimement liée à Airbus et à l’aéronautique.

Pourtant, voir son nom apparaître dans une sélection internationale aux côtés de villes comme Hô Chi Minh-Ville, Varsovie ou Medellín reste assez inhabituel.

La BBC Travel vient de placer Toulouse parmi les cinq villes qu’elle estime particulièrement intéressantes à suivre en 2026, à partir du Global Cities Index d’Oxford Economics, qui identifie 28 villes en pleine progression. La BBC n’a retenu que cinq d’entre elles pour son article. Toulouse est la représentante française de cette courte sélection.

Ce choix dit quelque chose d’assez intéressant sur la ville. Toulouse n’est plus seulement présentée comme une destination patrimoniale du Sud-Ouest, mais comme une métropole qui change rapidement tout en conservant un rythme de vie beaucoup plus doux que celui des grandes capitales européennes.

Toulouse grandit vite, mais sans perdre cette impression de ville où l’on peut encore ralentir

La BBC insiste d’abord sur un chiffre qui explique une partie de cette attention.

La population toulousaine pourrait gagner environ 57 000 habitants dans les quatre prochaines années, ce qui représenterait l’une des progressions les plus importantes en France selon les projections citées par le média britannique.

Cette croissance est déjà visible dans les données de l’Insee. Toulouse comptait 514 819 habitants en 2023, contre 479 553 six ans auparavant. Sa population a progressé en moyenne d’environ 1,2 % par an entre 2017 et 2023, soit nettement plus vite que la moyenne française.

Mais ce qui intéresse davantage la BBC n’est pas uniquement la démographie.

L’article insiste sur cette combinaison assez particulière entre énergie de grande ville et rythme de vie plus lent. Les cafés indépendants se multiplient, les bars à cocktails et les restaurants se renouvellent, de nouveaux lieux culturels apparaissent, mais l’on continue à traverser une grande partie du centre à pied, à boire un café dehors et à rejoindre les quais en quelques minutes.

C’est probablement là que Toulouse se distingue le mieux de certaines métropoles européennes devenues très denses.

On peut encore quitter une rue commerçante, tourner dans une petite rue du quartier Saint-Étienne et tomber sur une façade de brique chauffée par le soleil, quelques vélos attachés devant une maison et une terrasse presque silencieuse.

Les Carmes et Saint-Étienne montrent une Toulouse plus intime que celle des cartes postales

Le Capitole reste évidemment le point de départ le plus connu, mais l’atmosphère toulousaine devient beaucoup plus intéressante dès que l’on s’en éloigne légèrement.

Dans les rues autour de Saint-Étienne, les façades en brique prennent une couleur différente selon l’heure. Le matin, elles tirent vers le rose pâle. En fin de journée, elles deviennent presque orange.

Rue Croix-Baragnon, rue Bouquières ou rue du Canard, les petites boutiques, antiquaires et commerces indépendants remplacent progressivement les grandes enseignes. L’office de tourisme présente d’ailleurs ce secteur comme l’un des meilleurs endroits pour flâner et découvrir une ville plus élégante et plus tranquille.

Quelques minutes plus loin, le quartier des Carmes change complètement d’ambiance.

Le marché ouvre tôt. Derrière les étals apparaissent les odeurs de pain chaud, de charcuterie, de fromage, de fruits et parfois de café fraîchement moulu. À midi, les terrasses se remplissent et les rues voisines deviennent beaucoup plus animées.

Le marché des Carmes fonctionne tous les jours sauf le lundi et rassemble produits frais, pains, pâtisseries, viandes et fromages. Autour, de nombreux petits restaurants prolongent l’activité bien après la fermeture des étals.

C’est cette Toulouse-là qui correspond probablement le mieux à l’image décrite par la BBC : une grande ville, mais vécue à l’échelle d’un quartier.

Le marché Victor-Hugo reste l’un des meilleurs endroits pour comprendre la relation des Toulousains à la table

À quelques rues du Capitole, Victor-Hugo s’anime dès le matin.

Plus de 80 commerçants occupent les halles. On y trouve poissonniers, bouchers, charcutiers, boulangers, pâtissiers, fromagers, cavistes ou vendeurs d’épices. Les restaurants installés à l’étage utilisent une partie des produits vendus juste en dessous.

Le dimanche matin offre probablement la scène la plus toulousaine.

Certains habitants viennent chercher leur déjeuner, d’autres s’installent pour manger sur place. Il arrive même d’y croiser les derniers noctambules venus boire un café avant de rentrer chez eux, une habitude relevée jusque dans les recommandations de l’office de tourisme.

On retrouve ici toute la contradiction qui fait le charme de Toulouse.

La ville grandit vite, attire des entreprises, des étudiants, des ingénieurs et de nouveaux habitants, mais une bonne partie de la vie locale continue de tourner autour d’un marché, d’un comptoir et d’un déjeuner qui s’éternise.

Cassoulet, saucisse de Toulouse, fromages du Sud-Ouest ou produits autour de la violette donnent au séjour une identité immédiatement reconnaissable.

La violette est d’ailleurs devenue l’un des symboles de la ville. Son parfum apparaît dans des bonbons, des confitures, des liqueurs et toute une série de produits que l’on retrouve dans les petites boutiques du centre.

De la Garonne aux guinguettes, une grande partie de la ville se vit dehors

Quand le temps le permet, Toulouse descend vers son fleuve.

Les quais de la Daurade comptent parmi les endroits où l’on ressent le mieux son rythme. En fin d’après-midi, des groupes s’installent dans l’herbe ou sur les marches face à la Garonne. Le dôme de La Grave se découpe de l’autre côté du fleuve tandis que la lumière descend progressivement sur les façades.

Plus loin, le canal du Midi offre un décor complètement différent. Sous les arbres, cyclistes, joggeurs et promeneurs avancent presque à l’écart de la circulation.

Cette vie extérieure dépasse aujourd’hui le centre historique.

La BBC cite notamment le secteur des Ponts-Jumeaux, où festivals, guinguettes et événements occupent de plus en plus l’espace public. Une habitante interrogée par le média résume assez bien cette évolution : les Toulousains aiment faire la fête et passer du temps dehors dès qu’ils le peuvent.

Cela donne à Toulouse un caractère beaucoup moins figé que celui de certaines villes patrimoniales.

On ne vient pas uniquement regarder des monuments. On vient aussi s’asseoir quelque part.

Airbus, la Cité de l’espace et les créatures mécaniques donnent à Toulouse un visage que peu de villes européennes possèdent

La particularité de Toulouse tient aussi à ce contraste entre vieille ville et haute technologie.

On peut commencer la matinée devant la basilique romane Saint-Sernin et passer l’après-midi face à une fusée Ariane.

La ville est l’un des grands centres mondiaux de l’aéronautique et du spatial, avec notamment le siège mondial d’Airbus et plusieurs centaines d’entreprises du secteur.

Pour le visiteur, cette identité se découvre à la Cité de l’espace, mais aussi à Aeroscopia, où sont exposés plusieurs appareils emblématiques.

La BBC insiste également sur la Halle de La Machine, probablement l’un des lieux qui incarnent le mieux la nouvelle image culturelle de Toulouse. D’immenses créatures mécaniques y mélangent ingénierie, spectacle vivant et imaginaire.

Là encore, la ville réussit à juxtaposer des univers qui devraient presque se contredire : industrie de pointe, patrimoine médiéval, gastronomie régionale et art de vivre du Sud-Ouest.

La distinction de la BBC révèle surtout une ville qui commence à changer d’échelle touristique

Toulouse n’a évidemment pas attendu 2026 pour attirer des visiteurs.

Mais apparaître dans une sélection internationale consacrée aux villes en pleine ascension modifie légèrement son positionnement.

Le plus surprenant n’est pas que la BBC recommande la place du Capitole ou la Cité de l’espace. C’est qu’elle présente désormais Toulouse comme une ville dont la transformation urbaine elle-même mérite d’être observée.

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Le média britannique ne s’est d’ailleurs pas contenté des grands sites touristiques. Il s’intéresse aux cafés indépendants, aux nouveaux quartiers animés, aux déplacements à pied et à vélo, à la gastronomie et à ce mélange entre vie urbaine active et slow life.

C’est peut-être précisément ce qui rend cette mise en avant exceptionnelle.

Toulouse n’est pas présentée comme une ville que l’on doit absolument visiter une fois dans sa vie avant de passer à la suivante. Elle apparaît plutôt comme une ville où l’on pourrait avoir envie de rester un peu plus longtemps que prévu.

Et pour la découvrir, il suffit peut-être d’adopter le même rythme : commencer tôt au marché Victor-Hugo, traverser les Carmes sans itinéraire précis, déjeuner trop longtemps, rejoindre la Garonne lorsque la lumière commence à tomber puis laisser les façades de brique devenir roses.

C’est à ce moment-là que l’expression Ville rose cesse d’être un simple surnom touristique.

Anna Duplantis
Publié le octobre 24, 2026

Pilote de la communication chez Ulysse, je partage ici l’actualité du voyage et les tendances du moment. Hâte d’échanger avec vous en commentaires, Anna.

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