Etna en éruption

700 vols annulés, passagers bloqués : le trafic aérien de et vers l’Italie perturbé par l’éruption de l’Etna

Luc Rongier - Il y a 51 minutes

En résumé

• L’aéroport de Catane est fermé jusqu’à 2h à cause des cendres de l’Etna.
• En cinq jours, 700 vols annulés et 400 déroutés perturbent le trafic.
• Les vents et la crise affectent aussi Malte et coûtent des millions.

    L’aéroport de Catane-Fontanarossa, en Sicile (Italie), est fermé aux arrivées comme aux départs jusqu’à 2 heures, dans la nuit du jeudi 13 au vendredi 14 août 2026, en raison de l’éruption de l’Etna. Cette fermeture prolongée intervient au cœur de la saison touristique estivale et affecte des dizaines de milliers de passagers.

    Une fermeture prolongée de l’aéroport de Catane

    La société de gestion SAC a annoncé la fermeture prolongée du secteur aérien B3 de l’aéroport de Catane-Fontanarossa, affecté par le panache de cendres volcaniques. L’activité du volcan Etna, qui crache d’importantes quantités de cendres et de roches incandescentes depuis le vendredi 7 août, maintient l’incertitude sur la reprise du trafic aérien. La fermeture avait été initialement annoncée jusqu’au jeudi 16 heures avant d’être prolongée.

    L’Observatoire Etneo de l’Institut national italien de géophysique et de volcanologie (INGV) signalait, le 12 août, une activité effusive depuis plusieurs bouches sur les flancs de l’Etna, ainsi qu’une activité explosive variable au cratère de la Voragine. Les émissions de cendres se dispersaient alors vers le sud, dans l’axe défavorable pour l’aéroport de Catane. D’épaisses coulées de lave dévalent le volcan à une altitude comprise entre 2.360 et 2.750 mètres.

    700 vols supprimés, 400 déroutages en cinq jours

    Selon Air Journal, quelque 700 vols ont été annulés entre le 7 et le 12 août à Catane. Plus de 400 liaisons ont été déroutées ou reprogrammées vers d’autres plates-formes : plus de 100 vers Comiso, 330 vers Palerme, 22 vers Trapani, ainsi que quelques vols vers Lamezia Terme, en Calabre. Cette réorganisation d’ampleur intervient au cœur de la période estivale, affectant des dizaines de milliers de passagers.

    Comiso a dû interrompre temporairement son activité pendant douze heures, lui aussi touché par la retombée de cendres, avant de rouvrir. Les voyageurs sont invités à vérifier le statut de leur vol auprès des compagnies aériennes avant tout déplacement vers l’aéroport. Des témoignages de passagers affectés font état de trains bondés et de tarifs de taxi en hausse pour se rendre vers d’autres aéroports.

    Les déclarations de l’INGV et les facteurs météorologiques

    Stefano Branca, directeur du département Volcans de l’INGV, a déclaré au Corriere della Sera : « Nous ne pouvons pas savoir combien de temps durera l’activité de l’Etna. Grâce aux systèmes de surveillance, nous sommes capables d’en anticiper le début, mais pas d’en connaître la fin. » Pour l’aviation, le niveau d’activité du volcan ne constitue pas le seul paramètre critique : la direction des vents conditionne la trajectoire du nuage de cendres et, par conséquent, les secteurs de l’espace aérien susceptibles d’être fermés.

    Un responsable de l’INGV a souligné que les vents de sud à sud-ouest rendaient les chances de reprise rapide de l’exploitation de Fontanarossa « vraiment minimes ». L’activité du volcan a également des répercussions sur l’île de Malte, au sud de la Sicile, où des vols ont aussi été annulés en raison du nuage de cendres dégagé par l’Etna.

    Assistance aux passagers et conséquences économiques

    La SAC affirme travailler avec la Protection civile, les institutions locales et les autres aéroports siciliens afin de préserver autant que possible la continuité des liaisons et l’assistance aux passagers. Un responsable du gestionnaire de Catane indique : « Un phénomène éruptif de cette ampleur, durant la période de plus fort trafic aérien, rend nécessaire la contribution et la coordination de tous les acteurs concernés. »

    La crise nourrit aussi le débat politique. Le ministre italien de la Protection civile, Nello Musumeci, a déclaré : « Ce qui est hors de place, ce n’est pas l’Etna, mais l’aéroport. » Selon des estimations citées par plusieurs médias italiens, les conséquences pour le seul secteur touristique sicilien pourraient déjà représenter entre 12 et 24 millions d’euros.

    Luc Rongier
    Publié le 13 août 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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