Turkish Airlines suspend ses vols vers 10 pays du Moyen-Orient après les frappes sur l’Iran

Vincent Mabire - Il y a 5 heures

En résumé

• Turkish Airlines suspend les vols vers 10 pays suite à des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

• Les passagers peuvent être remboursés ou réacheminés, mais peu d'alternatives sont possibles.

• La situation est incertaine; des prolongations de suspension sont possibles au-delà du 2 mars.

    Turkish Airlines, plus grande compagnie aérienne du monde par nombre de destinations, vient de suspendre ses vols vers 10 pays du Moyen-Orient. En cause : les frappes conjointes israélo-américaines sur l’Iran, qui ont entraîné la fermeture en chaîne de huit espaces aériens dans toute la région. Pour les voyageurs français en transit via Istanbul ou en partance vers le Golfe et le Levant, la situation exige une attention immédiate.

    Quels vols Turkish Airlines sont annulés et jusqu’à quand

    La compagnie turque a procédé à deux vagues d’annulations distinctes. Les vols vers le Liban, la Syrie, l’Irak, l’Iran et la Jordanie sont suspendus jusqu’au 2 mars 2026, selon l’agence Anadolu. Les vols du 28 février vers le Qatar, le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis et Oman ont également été annulés.

    Ajet, la filiale low-cost de Turkish Airlines, est aussi concernée. La compagnie a annulé ses liaisons vers l’Iran, l’Irak, la Syrie et le Liban jusqu’au 2 mars, ainsi que ses vols vers les EAU prévus le 28 février. Pegasus Airlines, autre compagnie turque, est également touchée par les fermetures d’espace aérien.

    Au total, 10 pays sont concernés par ces suspensions. La date du 2 mars reste indicative : une prolongation est possible selon l’évolution de la situation sécuritaire.

    Pourquoi ces annulations : la fermeture de huit espaces aériens

    Les frappes conjointes israélo-américaines sur l’Iran, lancées fin février 2026, ont provoqué des fermetures en cascade. Huit États ont déclaré leur espace aérien fermé : l’Iran, Israël, l’Irak, la Jordanie, le Qatar, Bahreïn, le Koweït et les Émirats arabes unis, selon les données de Flightradar24.

    Yahya Üstün, vice-président de Turkish Airlines, a déclaré sur X que « la situation est suivie en temps réel » et que « de nouvelles annulations pourraient survenir ». Mehmet Yesilkaya, conseiller presse d’Ajet, a confirmé que « la situation dans la région est suivie de près et d’autres annulations sont possibles ».

    L’ampleur de la crise dépasse largement Turkish Airlines. Selon les données de Cirium et FlightAware, 19 000 vols ont été retardés à l’échelle mondiale. Dimanche, 3 400 vols ont été annulés sur sept aéroports du Moyen-Orient. Sur les 4 218 vols devant arriver samedi dans la région, 966 ont été annulés, soit 22,9 % du trafic. Plus de 145 appareils ont été déroutés vers des aéroports alternatifs, notamment Athènes, Istanbul et Rome.

    Vos droits et recours en cas de vol Turkish Airlines annulé

    Pour les passagers concernés, la question des droits dépend de l’itinéraire. Le règlement européen CE 261/2004 s’applique aux vols au départ de l’Union européenne, y compris ceux opérés par Turkish Airlines depuis Paris, Lyon ou d’autres aéroports européens. En revanche, les vols au départ d’Istanbul vers le Moyen-Orient ne sont pas couverts par ce règlement.

    Concrètement, Turkish Airlines peut invoquer les circonstances extraordinaires (force majeure) pour les fermetures d’espace aérien, ce qui l’exonère du versement de l’indemnisation forfaitaire de 250 à 600 euros prévue en conditions normales.

    Les passagers conservent toutefois le droit à un remboursement intégral du billet (sous 7 jours après la demande) ou à un réacheminement sur un vol ultérieur. Pour vérifier le statut de votre vol et demander un remboursement, rendez-vous sur le site officiel de Turkish Airlines. En cas de refus ou de délai excessif, des plateformes comme AirHelp ou Flightright peuvent vous accompagner dans vos démarches.

    Quelles alternatives pour rejoindre le Moyen-Orient depuis la France

    Les options sont extrêmement limitées. Air France a annulé ses vols vers Beyrouth, Dubaï et Riyad ce week-end. En janvier 2026, Air France et KLM avaient déjà suspendu temporairement leurs vols vers Dubaï, Israël et l’Arabie Saoudite face aux tensions dans la région. Lufthansa a supprimé ses vols vers Tel-Aviv, Beyrouth, Amman, Erbil et Téhéran jusqu’au 7 mars. Norwegian a annulé ses trajets vers Dubaï jusqu’au 4 mars inclus.

    Les compagnies du Golfe (Emirates, Qatar Airways, Etihad), qui font transiter environ 90 000 passagers par jour via leurs hubs, sont parmi les plus touchées. Emirates a vu 38 % de ses vols annulés samedi, Etihad 30 % et Qatar Airways 41 %. Les aéroports de Larnaca (Chypre), Djeddah, Le Caire et Riyad concentrent une partie du trafic redirigé.

    Istanbul, en tant que hub de transit majeur pour les voyageurs français vers l’Asie et le Moyen-Orient, voit l’ensemble de ses correspondances vers la région perturbées. Si vous aviez prévu une escale à Istanbul ou Dubaï, attendez-vous à des retards ou réacheminements significatifs, y compris sur les vols long-courriers transitant par ces hubs (Bangkok, Singapour, etc.).

    Ce qu’il faut surveiller dans les prochains jours

    La situation reste évolutive. Une prolongation au-delà du 2 mars n’est pas exclue, selon les déclarations de Turkish Airlines. Les EAU et le Qatar pourraient rouvrir leur espace aérien avant l’Irak ou l’Iran, où la situation reste plus instable.

    Une hausse des prix sur les routes alternatives est probable dans les jours à venir, compte tenu de la réduction massive de l’offre. Lors du blizzard Hernando à New York, les tarifs sur les itinéraires alternatifs avaient bondi de 40 à 80 % en quelques heures.

    Le Quai d’Orsay déconseille formellement tout déplacement vers l’Iran, l’Irak, le Liban et la Syrie, et recommande de reporter tout voyage vers Israël, la Jordanie et les Territoires palestiniens. Avant tout départ vers la région, consultez la page Conseils aux voyageurs du ministère des Affaires étrangères.

    À suivre : la réouverture progressive des espaces aériens, pays par pays, et les éventuelles prolongations de suspension annoncées par Turkish Airlines.

    Vincent Mabire
    Publié le 1 mars 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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