Air France contraint au demi-tour après une collision aviaire sur le vol Paris-Nantes vendredi 13 mars

Vincent Mabire - Il y a 3 heures

En résumé

• Incident de collision aviaire sur un vol Air France, retour sans encombre à Roissy.
• Les collisions avec les oiseaux sont fréquentes mais rarement dangereuses pour l'aviation.
• Les passagers ont droit au réacheminement et à l'assistance, mais pas à l'indemnisation.

    Les passagers du vol AF7508 Air France reliant Paris-CDG à Nantes ont vécu un moment de tension vendredi 13 mars. Peu après le décollage, prévu à 10h40, l’appareil a subi une collision avec des oiseaux et l’équipage a pris la décision de rebrousser chemin vers Roissy. L’avion s’est reposé sans encombre, aucun blessé n’est à déplorer. Un incident spectaculaire, mais loin d’être exceptionnel dans le ciel français.

    Ce qui s’est passé sur le vol AF7508

    Le vol AF7508 a décollé de l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle vendredi 13 mars à 10h40, à destination de Nantes. Quelques minutes après le décollage, l’appareil a subi ce que l’aviation appelle une « ingestion aviaire » : des oiseaux sont entrés en collision avec l’avion.

    L’équipage a immédiatement appliqué les procédures du constructeur et les consignes d’Air France. Selon la compagnie, le commandant de bord « a décidé, conformément aux procédures du constructeur et aux consignes de la compagnie, de retourner à son aéroport d’origine ». L’atterrissage s’est déroulé normalement à Roissy-CDG. Air France a précisé qu’aucun dégât n’avait été constaté sur l’appareil.

    Pourquoi les oiseaux représentent un risque pour les avions

    Ce type de collision oiseaux avion est plus fréquent qu’on ne l’imagine. En France métropolitaine, la DGAC (Direction générale de l’aviation civile) recense environ 600 collisions par an avec des vols commerciaux, selon le bulletin statistique du STAC couvrant la période 2004-2023. Environ 7 % d’entre elles sont considérées comme sérieuses.

    Le danger principal réside dans l’ingestion d’oiseaux par les réacteurs. Les aubes de turbine peuvent être endommagées, entraînant une perte de poussée. Les phases de décollage et d’atterrissage, à basse altitude, concentrent la grande majorité de ces incidents. Le cas le plus célèbre reste l’amerrissage du vol US Airways 1549 sur l’Hudson en janvier 2009, après l’ingestion de bernaches du Canada dans les deux moteurs.

    Concrètement, environ 65 % des collisions ne causent pas ou peu de dégâts. Les moteurs modernes sont certifiés pour résister à l’ingestion d’oiseaux : la FAA et l’EASA imposent des tests avec des projectiles en gélatine reproduisant le poids et la densité de vrais volatiles, projetés dans un réacteur en fonctionnement à pleine puissance. L’objectif n’est pas d’empêcher tout dommage, mais de garantir que le moteur continue à produire une poussée suffisante pendant au moins 20 minutes après l’impact.

    @abcnews

    Dramatic video shows the moment a bird was caught in the engine of an American Airlines flight departing from New York City and forced an emergency landing. “The aircraft landed safely at JFK where it will be inspected by our maintenance team,” American said in a statement. “We are grateful to our crew for their professionalism and apologize to our customers for the inconvenience this may have caused.” #airtravel #news #abcnews

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    Droits des passagers en cas de collision aviaire

    En cas de demi-tour comme celui du vol AF7508, la compagnie est tenue de réacheminer les passagers sur le prochain vol disponible. Les voyageurs peuvent également demander le remboursement intégral de leur billet s’ils renoncent au voyage.

    À retenir : selon le règlement européen CE 261/2004, une collision aviaire est considérée comme une « circonstance extraordinaire ». La Cour de justice de l’Union européenne l’a confirmé dans un arrêt du 4 mai 2017, précisant que cette qualification s’applique même si l’oiseau n’a pas réellement endommagé l’appareil. En clair, les passagers ne peuvent pas prétendre à l’indemnisation forfaitaire (250 à 600 euros selon la distance du vol).

    En revanche, la compagnie reste tenue de fournir une prise en charge : repas, rafraîchissements et, si nécessaire, hébergement et transport. Ces obligations s’appliquent quelle que soit la cause du retard ou de l’annulation. Un point à connaître si vous rencontrez des difficultés similaires — nous détaillons les droits des passagers face aux perturbations aériennes dans un guide dédié.

    Comment les aéroports français luttent contre le péril aviaire

    Roissy-CDG, Orly et Le Bourget disposent de brigades spécialisées dans la prévention du risque aviaire. Les techniques déployées sont variées : effarouchement sonore par fusées détonantes ou crépitantes, diffusion de cris de détresse préenregistrés, utilisation de torches laser pour disperser les oiseaux au sol.

    La fauconnerie reste l’un des outils les plus efficaces. Depuis 2017, l’aéroport de Nantes-Atlantique est le seul aéroport civil de France à employer des fauconniers en permanence. Cinq professionnels y font voler quatre buses de Harris et un faucon sacré au-dessus des pistes, du lever au coucher du soleil. Résultat : le nombre de collisions aviaires a été divisé par deux, passant d’une vingtaine par an à 12 incidents en 2024. Un bilan d’autant plus remarquable que l’aéroport jouxte le lac de Grand-Lieu, deuxième réserve ornithologique de France avec quelque 300 espèces en hiver.

    Le printemps est une période à risque accru. Les migrations et la nidification augmentent significativement la présence d’oiseaux aux abords des aéroports, notamment entre mars et mai. La DGAC impose à chaque aéroport un plan de prévention et un suivi statistique régulier.

    Faut-il s’inquiéter quand on prend l’avion ?

    Les collisions aviaires restent statistiquement très peu dangereuses. La grande majorité se résout sans conséquence pour les passagers. Le demi-tour du vol AF7508 illustre précisément l’efficacité des procédures de sécurité : face au moindre doute, les équipages appliquent le principe de précaution et se posent.

    Les avions modernes sont conçus et certifiés pour encaisser ce type d’événement. Les tests de certification, les dispositifs de prévention dans les aéroports et la formation des équipages forment un dispositif de sécurité complet. Air France, qui adapte aussi son réseau ces dernières semaines avec le transfert de ses vols DOM vers CDG, continue d’opérer la liaison Paris-Nantes normalement.

    Avec l’arrivée du printemps et le pic migratoire, les aéroports français renforcent leurs dispositifs d’effarouchement. Une période de vigilance accrue pour les brigades du péril aviaire, mais pas de quoi modifier ses projets de voyage.

    Vincent Mabire
    Publié le 16 mars 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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