En résumé
• À Paris, un Airbnb peut coûter jusqu'à 15,93 € de taxe/nuit/pers.• Le montant dépend du prix; plafonné, il peut égaler un palace.
• Loi Le Meur: Paris durcit la pression, familles et longs séjours payent plus.
Depuis le 1er janvier 2026, la taxe de séjour à Paris sur un Airbnb peut atteindre 15,93 euros par personne et par nuit. Le tarif n’est pas forfaitaire : il dépend du prix de la nuit. Pour un meublé de tourisme non classé, la formule retenue par la Ville de Paris reste celle déjà en vigueur en 2025 — 5 % du prix HT de la nuit par personne, majoré de 225 % de surtaxes — mais le plafond passe de 15,60 à 15,93 euros. Sur un séjour familial à Paris, l’addition devient un poste de dépense à part entière.
Le calcul exact pour un Airbnb à Paris en 2026
Le barème publié par service-public.gouv.fr confirme la formule pour un meublé non classé, catégorie dans laquelle entre la quasi-totalité des annonces Airbnb parisiennes :
- 5 % du prix de la nuit HT par personne (taxe communale)
- + 10 % de surtaxe départementale
- + 15 % de surtaxe régionale
- + 200 % de taxe additionnelle Île-de-France Mobilités
Soit, au total, 5 % × 3,25 du prix HT par personne, dans la limite de 15,93 euros. Cette surtaxe Île-de-France Mobilités de 200 %, en place depuis 2025, reste la principale raison pour laquelle Paris affiche les tarifs les plus élevés du pays.
Pour fixer les idées : une nuit affichée à 100 euros par personne déclenche une taxe d’environ 16,25 euros, ramenée au plafond de 15,93 euros. Une nuit à 60 euros revient à environ 9,75 euros de taxe par personne. À 30 euros la nuit, la taxe tombe à 4,88 euros.
Le calcul concret pour un week-end à Paris
Pour un couple deux nuits dans un Airbnb à 90 euros la nuit par personne, le calcul donne environ 14,63 euros de taxe par personne et par nuit, soit 58,52 euros de taxe pour deux personnes sur deux nuits — avant même le prix du logement. Sur une semaine à deux adultes, dans le même cas de figure, la taxe seule représente près de 205 euros.
| Configuration (nuit à 90 €/pers HT) | 2 nuits | 3 nuits | 7 nuits |
|---|---|---|---|
| 1 voyageur | 29,26 € | 43,89 € | 102,41 € |
| Couple (2 adultes) | 58,52 € | 87,78 € | 204,82 € |
| Famille (2 adultes + 2 enfants) | 58,52 € | 87,78 € | 204,82 € |
Note : les mineurs de moins de 18 ans, les saisonniers employés sur la commune et les personnes en hébergement d’urgence sont exonérés. La famille de quatre paie donc la même chose qu’un couple sur la durée.
Sur Airbnb, le montant est prélevé automatiquement au paiement, dans la ligne Taxes du récapitulatif. Le tarif définitif n’apparaît qu’à la dernière étape, juste avant validation.
Hôtel, palace ou Airbnb : qui paie le plus à Paris
Le barème complet 2026 publié par la Ville de Paris repositionne le rapport de force entre hébergements.
| Catégorie | Taxe / pers / nuit |
|---|---|
| Palace | 15,93 € |
| Hôtel 5 étoiles | 11,70 € |
| Hôtel 4 étoiles | 8,45 € |
| Airbnb / meublé non classé | 5 % du prix HT, plafonné à 15,93 € |
| Hôtel 3 étoiles | 5,53 € |
| Hôtel 2 étoiles | 3,25 € |
| 1 étoile / chambre d’hôtes | 2,60 € |
Lecture : dès que le prix de la nuit dépasse une cinquantaine d’euros par personne, un Airbnb non classé devient plus taxé qu’un hôtel 4 étoiles. À 100 euros la nuit, il rejoint un palace. L’argument “Airbnb = forcément moins cher” perd du terrain dès que la fiscalité est intégrée au calcul. Pour un budget serré, un hôtel 2 étoiles devient l’option fiscalement la plus légère, à 3,25 euros par personne et par nuit.
Paris vs Lyon, Marseille, Nice : un fossé fiscal
Paris reste largement en tête des taxes de séjour françaises en 2026, conséquence directe de la surtaxe Île-de-France Mobilités. Lyon, Marseille et Nice appliquent des barèmes nettement inférieurs sur les meublés non classés, sans surtaxe régionale équivalente. Pour les autres destinations européennes, notre guide ville par ville détaille les écarts entre Barcelone, Amsterdam, Rome et Berlin. À titre de repère, Barcelone a doublé sa propre taxe de séjour en avril 2026.
Loi Le Meur : pourquoi la pression monte sur les Airbnb
La fiscalité parisienne s’inscrit dans le sillage de la loi Le Meur du 19 novembre 2024, qui donne aux communes de nouveaux pouvoirs sur les meublés de tourisme : enregistrement obligatoire à 13 chiffres, durée de location maximale réduite à 90 jours par an pour les résidences principales dans les communes qui le décident, abattement micro-BIC ramené à 30 % avec un plafond de 15 000 euros pour les meublés non classés.
Annecy a déjà tiré les conséquences de la loi en supprimant 3 740 Airbnb autour du lac avant juin 2026. À Paris, l’assouplissement éventuel des règles fait l’objet d’un débat de fond, mais l’arbitrage politique reste à la régulation. La taxation devient le complément naturel : rendre le court séjour moins compétitif sans l’interdire. Selon Airbnb, la plateforme a reversé 210 millions d’euros de taxe de séjour aux communes françaises en 2025, dont 26,8 millions pour la seule Ville de Paris — devant Nice (5,7 millions), Marseille (3,2 millions), Cannes (2,6 millions) et Lyon (2,2 millions). La loi Le Meur, déployée progressivement entre 2025 et 2028, devrait amplifier ce mouvement.
Comment payer moins (légalement)
Premier réflexe : comparer hôtel classé et Airbnb à prix équivalent. Au-delà d’un certain seuil de prix, un 3 ou 4 étoiles peut s’avérer plus avantageux qu’un meublé non classé une fois la taxe ajoutée. À tarif de nuit similaire, l’écart de fiscalité dépasse souvent 5 euros par personne et par nuit.
Deuxième vérification : la ligne Taxes au moment du paiement. Airbnb la prélève automatiquement et la fait apparaître séparément. Sur Booking et Abritel, le calcul peut varier selon les hôtes et les communes.
Troisième point : les mineurs sont exonérés. Pour une famille avec enfants, la taxe ne s’applique qu’aux adultes — la facture finale doit le refléter.
Enfin, la petite couronne. Loger à Saint-Denis, Montreuil ou Vincennes, à quelques stations de métro de Paris intra-muros, peut faire baisser sensiblement la taxe. Chaque commune fixe son propre barème, et les surtaxes communales y sont souvent inférieures à celles appliquées dans la capitale. Une variable à intégrer pour les séjours longs ou en famille, où l’écart cumulé pèse vite.