Titre de séjour en France : la première délivrance passe à 350 € depuis le 1er mai 2026

Anna Duplantis - Il y a 2 heures

En résumé

• Hausse des taxes au 1er mai 2026 pour séjour, visas et naturalisation
• Taux réduit pour étudiants, au pair, familles; APS devient payante
• Paiement par timbre fiscal; vérifier les exemptions sur service-public.fr

    Vous préparez un dossier de titre de séjour, une demande de naturalisation ou un VLS-TS pour un étudiant ou un salarié étranger ? Depuis le 1er mai 2026, l’addition a nettement grimpé. La première délivrance d’un titre de séjour passe de 225 € à 350 €, la taxe de naturalisation bondit de 55 € à 255 €, et l’APS, jusqu’ici gratuite, coûte désormais 100 €. Voici, dans le détail, ce que change ce nouveau tarif 2026 pour les étudiants, les jeunes au pair, les salariés détachés et les familles en regroupement.

    Ce qui change concrètement depuis le 1er mai 2026

    La hausse s’applique à toutes les décisions rendues à partir du 1er mai 2026, sur le fondement de l’article 128 de la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026). Ce n’est pas la date de dépôt qui compte, mais la date à laquelle la préfecture ou le consulat tranche votre dossier. Un dossier déposé fin avril mais examiné en mai relève donc des nouveaux montants.

    Sont concernés, selon la Préfecture de Police et service-public.fr : la première délivrance d’un titre de séjour, son renouvellement, le duplicata en cas de perte ou de vol, l’autorisation provisoire de séjour (APS), le VLS-TS (visa long séjour valant titre de séjour), le visa de régularisation et la naturalisation.

    Côté paiement, rien ne change sur la forme : c’est toujours le timbre fiscal électronique qui fait foi. Achat sur timbres.impots.gouv.fr ou chez un buraliste agréé. Pas d’espèces, pas de virement à un tiers, pas de “facilitateur” qui réclame un supplément. Ces nouvelles règles administratives s’inscrivent dans une vague de changements aux frontières françaises depuis l’arrivée d’EES en avril 2026.

    Tableau ancien tarif vs nouveau tarif 2026

    Pour s’y retrouver d’un coup d’œil, voici les montants confirmés par la Préfecture de Police et service-public.fr :

    DémarcheAncien tarifNouveau tarif (1er mai 2026)
    Première délivrance d’un titre de séjour (taux normal)225 €350 €
    Première délivrance (taux réduit)75 €150 €
    Renouvellement d’un titre de séjour (taux normal)225 €250 €
    Renouvellement (taux réduit)75 €100 €
    Duplicata d’un titre de séjour225 €350 €
    APS (Autorisation Provisoire de Séjour)gratuit100 €
    VLS-TS (taux normal)200 €300 €
    VLS-TS (taux réduit)50 €100 €
    Visa de régularisation200 € (dont 50 € non remboursables)300 € (dont 100 € non remboursables)
    Naturalisation, réintégration, déclaration de nationalité55 €255 €
    Naturalisation (Guyane)27,50 €127,50 €

    Ces montants sont ceux publiés par la Préfecture de Police au moment de l’entrée en vigueur. Pour la version la plus à jour, la fiche service-public.fr A18881 reste la référence officielle.

    Qui paie le taux réduit ? Étudiants, jeunes au pair, regroupement familial

    Le taux réduit, c’est 150 € à la première délivrance et 100 € au renouvellement. Selon service-public.fr, il s’applique aux :

    • étudiants étrangers,
    • jeunes au pair,
    • travailleurs saisonniers,
    • bénéficiaires du regroupement familial,
    • demandeurs d’emploi et créateurs d’entreprise dans certains cas,
    • bénéficiaires d’une rente accident du travail.

    Pour un étudiant qui dépose sa première carte de séjour étudiant, c’est 150 € de timbre fiscal au lieu de 75 € auparavant. Pour une famille qui rejoint un proche en France via le regroupement familial, c’est 150 € par titre délivré au taux réduit. Au renouvellement, on retombe à 100 €.

    Bon à noter : la liste exacte des publics éligibles au taux réduit est définie par les textes et peut évoluer. Si vous avez un doute sur votre situation, la page de votre démarche sur service-public.fr et le standard de votre préfecture sont les bons réflexes.

    Salariés étrangers et VLS-TS : l’impact concret

    Le VLS-TS (visa long séjour valant titre de séjour) passe de 200 € à 300 € au taux normal, et de 50 € à 100 € au taux réduit. Ce visa, c’est celui que demandent les salariés étrangers arrivant avec un contrat de travail, les conjoints de Français et certains étudiants en master.

    Pour un employeur qui recrute à l’international, ça veut dire 100 € de plus à anticiper par salarié sur la première année, en plus des autres frais (taxe employeur, validation OFII, etc.). Sur un volume de plusieurs recrutements, la facture monte vite.

    Le visa de régularisation, lui, passe à 300 €, dont 100 € non remboursables même en cas de refus, contre 50 € auparavant. La part qui reste dans les caisses de l’État en cas d’avis défavorable a donc doublé. Un point à connaître avant de déposer un dossier dont l’issue est incertaine.

    APS, naturalisation, duplicata : les hausses les plus marquantes du tarif 2026

    Trois lignes du tableau méritent un zoom :

    • APS (Autorisation Provisoire de Séjour) : elle devient payante à 100 €, alors qu’elle était délivrée gratuitement jusqu’ici. Selon la Préfecture de Police, les exemptions sont maintenues pour les personnes sortant de la prostitution dans le cadre d’un parcours d’insertion sociale et professionnelle, ainsi que pour les bénéficiaires de la protection temporaire (à la première délivrance et au premier renouvellement).
    • Naturalisation : 255 € au lieu de 55 €. Le montant exigé pour déposer une demande de naturalisation, de réintégration ou de déclaration d’acquisition de la nationalité française est donc multiplié par près de cinq.
    • Duplicata : en cas de perte ou de vol du titre, le remplacement coûte désormais 350 €, au même tarif qu’une première délivrance. Mieux vaut sécuriser son titre.

    Côté outre-mer, la Guyane conserve un tarif réduit à 127,50 € pour la naturalisation. La Polynésie française, Wallis-et-Futuna et la Nouvelle-Calédonie restent, elles, exonérées.

    Les exemptions qui restent en vigueur

    Tout le monde ne paie pas. Plusieurs catégories de personnes restent exemptées de ces taxes, selon service-public.fr et la Préfecture de Police :

    • ressortissants de l’Union européenne, de l’EEE, de Suisse et d’Andorre, ainsi que les membres de famille rattachés,
    • bénéficiaires de l’accord de retrait du Royaume-Uni (Britanniques installés en France avant le Brexit),
    • personnes couvertes par certains accords bilatéraux de défense,
    • victimes de traite des êtres humains et de violences conjugales reconnues comme telles par les textes.

    La liste exacte peut évoluer. En cas de doute, mieux vaut vérifier directement auprès de la préfecture compétente avant d’acheter un timbre fiscal qui ne serait pas nécessaire. À noter : ces taxes françaises sont distinctes des futurs frais européens type ETIAS prévus au quatrième trimestre 2026 pour les voyageurs hors UE, qui ne concernent que les visiteurs courts séjours.

    Comment payer le timbre fiscal électronique : mode d’emploi

    Le timbre fiscal, c’est simple, mais quelques détails évitent les mauvaises surprises.

    1. En ligne : sur timbres.impots.gouv.fr, paiement par carte bancaire, réception immédiate du timbre par mail ou SMS.

    2. Chez un buraliste agréé : repérez la mention “timbre fiscal électronique” à la vitrine ou sur les annuaires des Finances publiques.

    3. À la fin de l’achat en ligne, vous recevez un identifiant à 16 chiffres et un QR code. Ce sont eux qu’on vous demandera au moment du dépôt de la demande, en préfecture ou au consulat.

    4. Le timbre est valable 12 mois et remboursable si la démarche n’est pas effectuée, à l’exception de la part non remboursable du visa de régularisation (100 €).

    Un réflexe utile : conservez le PDF du timbre et le numéro à 16 chiffres dans vos mails, idéalement dans un dossier dédié à votre démarche. C’est ce qui vous sera réclamé, et c’est aussi ce qui permet, le cas échéant, de demander le remboursement. La dématérialisation des démarches s’accélère, comme on l’a déjà vu avec le passage du visa Schengen au code-barres crypté.

    Où vérifier l’info officielle et éviter les arnaques

    Sur un sujet aussi sensible, on s’en tient aux sources officielles :

    • la page de la Préfecture de Police : “Évolution des tarifs pour les titres de séjour, naturalisations et visas à partir du 1er mai 2026”,
    • l’actualité A18881 de service-public.fr, qui détaille les nouveaux montants,
    • le site de votre propre préfecture, qui republie l’information localement (Bas-Rhin, Oise et d’autres ont déjà mis à jour leurs fiches),
    • le portail timbres.impots.gouv.fr pour l’achat du timbre fiscal électronique.

    Rappel important : aucune démarche de titre de séjour ne se règle en espèces auprès d’un intermédiaire. Si quelqu’un vous demande de payer en liquide pour “accélérer” un dossier ou “garantir” une délivrance, c’est une arnaque. Le seul paiement légal passe par le timbre fiscal électronique.

    Cet article est un récapitulatif d’information publique. Pour toute situation individuelle (refus, recours, cas particulier, contestation d’un montant), le bon interlocuteur reste votre préfecture, un avocat en droit des étrangers ou une permanence juridique (CIMADE, GISTI, maisons de justice et du droit).

    Anna Duplantis
    Publié le 14 mai 2026

    Pilote de la communication chez Ulysse, je partage ici l’actualité du voyage et les tendances du moment. Hâte d’échanger avec vous en commentaires, Anna.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Nos thèmes