En résumé
• Cinq destinations européennes aux paysages volcaniques et glaciaires variés.• Canaries, Açores et Cyclades offrent nature, randonnées et patrimoine UNESCO.
• Norvège et Islande impressionnent par leurs fjords, cascades et géologie.
L’Europe recèle des territoires dont les paysages défient toute classification géographique. Des Canaries à l’Islande, en passant par les Açores, la Grèce et la Norvège, des décors que l’on croyait réservés à d’autres latitudes se déploient à quelques heures de vol. Voici une sélection de cinq destinations qui incarnent cette diversité géologique et climatique, sans quitter le continent européen.
Des volcans canariens aux allures martiennes
L’archipel des Canaries constitue une première étape dans cette exploration des extrêmes. À Tenerife, l’île la plus vaste de l’archipel, le paysage se transforme radicalement selon les versants. Au sud, le parc national du Teide abrite le volcan du même nom, dont le sommet culmine à 3 715 mètres. Ce stratovolcan, toujours actif, a connu sa dernière éruption en 1909. Ses coulées de lave et ses champs de pierre ponce dessinent un relief minéral comparable à la surface lunaire ou aux plaines martiennes.
Au nord de Tenerife, la topographie change de nature. Le parc rural d’Anaga, classé réserve de biosphère par l’UNESCO en 2015, présente des montagnes couvertes d’une forêt subtropicale dense, des routes escarpées et des criques au sable noir. Cette dualité géographique fait de Tenerife un territoire d’observation privilégié des cétacés : les eaux qui entourent l’île permettent d’observer des baleines pilotes et des dauphins tout au long de l’année.
À proximité, l’île de La Gomera offre un contraste supplémentaire. Le parc national de Garajonay, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1986, protège l’une des dernières forêts de laurisylve d’Europe. Les vallées verdoyantes et les cultures en terrasses de l’île offrent un visage plus intime des Canaries. Le sommet de l’Alto Garajonay, à 1 487 mètres, offre un panorama sur les îles voisines.
L’archipel des Açores, réservoir de biosphère au milieu de l’Atlantique
Situé à plus de 1 500 kilomètres des côtes portugaises, l’archipel des Açores se compose de neuf îles volcaniques. L’itinéraire proposé par Le Figaro en sélectionne quatre : Pico, Flores, Terceira et Graciosa. Pico, l’île la plus haute de l’archipel avec ses 2 351 mètres, tire son nom du volcan qui la domine. Ses paysages de basalte noir et ses vignobles en cepage, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2004, témoignent de l’adaptation humaine à ce milieu volcanique.
Flores, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, se distingue par ses falaises abruptes, ses cascades et ses lacs de cratère aux eaux aux reflets changeants. Terceira, avec sa ville historique d’Angra do Heroísmo, également classée au patrimoine mondial, conserve un patrimoine architectural Renaissance. Graciosa, la plus petite des quatre, possède une caldeira accessible où se trouve une grotte volcanique.
L’archipel des Açores compte plusieurs îles classées au patrimoine mondial de l’UNESCO ou réserves de biosphère. L’itinéraire proposé sur quatre îles (Pico, Flores, Terceira et Graciosa) privilégie les activités de randonnée, l’observation des baleines et la découverte du patrimoine bâti en basalte. Les hébergements sélectionnés respectent les labels environnementaux en vigueur dans l’archipel.
Les Cyclades secrètes : Naxos, Koufonissi et Amorgos
Loin des flux touristiques de Santorin ou de Mykonos, trois îles des Cyclades composent un itinéraire plus confidentiel. Naxos, la plus grande de l’archipel, conserve des villages traditionnels perchés dans l’intérieur des terres, des vallées fertiles et des plages de sable fin restées à l’écart des grands axes touristiques. L’île produit du citron, de l’huile d’olive et du fromage, dont l’arsenic, une appellation protégée.
Koufonissi, un petit archipel composé de trois îlots, est réputé pour ses lagons aux eaux turquoise, dont les couleurs évoquent les Caraïbes. Le lagon de Pori, situé au sud de l’île principale, constitue l’un de ces sites caractéristiques. Les liaisons maritimes entre les îles permettent une navigation à l’intérieur de l’archipel.
Amorgos, la plus orientale des Cyclades, offre des paysages de falaises plongeant dans la mer Égée. Le monastère de la Panagia Hozoviotissa, construit au XIe siècle, est accroché à la falaise orientale de l’île. L’itinéraire proposé alterne des randonnées encadrées par des guides locaux, des temps libres et des hébergements en bord de mer. Le film Le Grand Bleu de Luc Besson a été tourné en partie sur cette île en 1988.
Les fjords de Norvège, entre Alaska et Europe du Nord
La Norvège est indissociable de ses fjords, ces vallées glaciaires envahies par la mer. L’itinéraire débute à Bergen, deuxième ville du pays, et s’enfonce dans le Sognefjord, le plus long de Norvège avec ses 204 kilomètres. Ce fjord culmine à plus de 1 300 mètres de profondeur à certains endroits. Le Geirangerfjord, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2005, est dominé par des falaises vertigineuses, dont la plus célèbre est le pic des Sept Sœurs.
L’itinéraire proposé inclut la route de l’Atlantique, une section de 8,3 kilomètres de la route nationale 64, qui relie la ville de Kristiansund à Molde. Cette portion, inaugurée en 1989, est composée de sept ponts enjambant les îlots rocheux. La route des Trolls, ou Trollstigen, autre axe routier spectaculaire, serpente sur 11 kilomètres avec une pente de 9 % et a été ouverte à la circulation en 1936. Le périple se termine par une nuit à bord de l’Express Côtier Hurtigruten, une ligne maritime qui longe la côte norvégienne depuis 1893 et dessert 34 ports entre Bergen et Kirkenes.
L’Islande en quinze jours : géologie et lumière
L’Islande, située sur la dorsale médio-atlantique, constitue un laboratoire géologique à ciel ouvert. L’autotour de quinze jours parcourt l’île en un circuit complet. La péninsule de Reykjanes, à l’extrémité sud-ouest du pays, accueille le Blue Lagoon, dont les eaux à 37-39 degrés proviennent de la centrale géothermique voisine de Svartsengi, mise en service en 1976.
Le Cercle d’Or, itinéraire touristique de 300 kilomètres au départ de Reykjavik, réunit trois sites : le parc national de Þingvellir, lieu du parlement islandais fondé en 930 et classé à l’UNESCO depuis 2004 ; la cascade de Gullfoss (chute d’or) ; et le site géothermique de Geysir, qui a donné son nom à tous les geysers.
La côte Sud de l’Islande offre une succession de cascades comme Seljalandsfoss, haute de 60 mètres et accessible par un sentier derrière la chute, et Skógafoss, large de 25 mètres. Les fjords de l’Est, moins fréquentés, abritent des colonies de phoques et des oiseaux marins. Le lac Myvatn, au nord, s’est formé il y a environ 2 300 ans lors d’une éruption majeure.
Les champs de lave de Dimmuborgir, qui bordent le lac, présentent des formations rocheuses spectaculaires. La péninsule de Snæfellsnes, à l’ouest, est dominée par le glacier Snæfellsjökull, dont la calotte glaciaire couronne un volcan de 1 446 mètres. Ce glacier est mondialement connu pour être le point de départ du Voyage au centre de la Terre de Jules Verne, publié en 1864.