En résumé
• La Bulgarie séduit plus de Français, avec des réservations en hausse.• Les prix restent bas, mais ils augmentent depuis l’arrivée de l’euro.
• L’Europe de l’Est reste moins chère que l’Ouest, Bulgarie incluse.
La Bulgarie attire l’attention des voyageurs français en quête de destinations européennes accessibles et abordables. En 2024, le pays a accueilli plus de 13 millions de touristes étrangers, et les réservations depuis la France ont augmenté de 5,9 % au premier semestre 2026. Mais cette destination, réputée pour ses prix bas, connaît une évolution qui interroge les voyageurs sur son rapport qualité-prix.
La Bulgarie, une destination de plus en plus prisée par les Français
Selon les données de l’ONU Tourisme, la Bulgarie a enregistré plus de 13 millions de visiteurs étrangers en 2024. Au premier semestre 2026, la plateforme de voyages sur mesure Evaneos constate une progression de 8,8 % de l’intérêt des Français pour l’Europe de l’Est par rapport à l’année précédente. La Bulgarie suit ce mouvement avec une hausse de 5,9 % des réservations, derrière l’Albanie, la Croatie et le Monténégro.
Le voyagiste TUI France observe une croissance de plus de 80 % des séjours en club sur l’ensemble de la destination. Cette dynamique s’accompagne d’un changement de profil des voyageurs. La part des clients âgés de 40 à 49 ans progresse de 30 % par rapport à l’été 2025, tandis que les départs en juillet-août en formule club avec enfants augmentent de 35 %. TUI France déploie ses marques de clubs de vacances avec le Club Lookéa Laguna Beach à Albena et le nouveau Club Marmara Les Magnolias à Primorsko, ouvert en 2026.
Des prix encore attractifs mais en hausse
Le témoignage de Sacha Maradoudine, créatrice de contenus de 27 ans, rapporté par Le Figaro, illustre l’attractivité budgétaire de la destination. Partie du 7 au 10 mars à Sofia, elle a réservé son vol aller-retour avec Wizz Air à 46 euros, trois mois à l’avance. Son hôtel trois étoiles, avec petit déjeuner inclus, lui est revenu à 105 euros pour trois nuits, soit 35 euros par nuit. Sur place, ses dépenses de transport se sont élevées à 11,60 euros pour l’ensemble du séjour. Le coût total de son voyage s’est établi à 246 euros tout compris.
Rémy Lafont, entrepreneur de 34 ans, a séjourné près de trois semaines au mois de juin. Il a multiplié les étapes, de Sofia à Plovdiv, la plus vieille ville d’Europe, et à la cité historique de Nessebar. Il évoque des prix d’hôtels allant d’environ 45 euros la nuit à 125 euros pour des établissements plus haut de gamme. Il estime qu’une addition entrée-plat-dessert dans un bon restaurant tourne autour de 20 à 30 euros. Il a également loué un véhicule et payé jusqu’à 75 euros pour un trajet en taxi.
L’adoption de l’euro a fait évoluer les prix
Depuis l’adoption de l’euro le 1er janvier 2026, la Bulgarie gagne en lisibilité pour les visiteurs européens. L’agence de voyages parisienne Amslav Tourisme, spécialiste des séjours en Europe centrale, indique que l’euro simplifie les paiements et rassure une partie de la clientèle. Le passage à la monnaie unique a également facilité la gestion du budget pour Sacha Maradoudine, qui a pu régler l’ensemble de ses dépenses par carte bancaire.
Slavena Etugova, guide touristique et tour-opératrice agréée, fondatrice de l’agence Terre sacrée Bulgarie, observe une forte hausse des tarifs dans l’hôtellerie et la restauration. Elle attribue cette évolution à une inflation par anticipation de l’euro, amorcée avant son adoption puis prolongée après son entrée en vigueur. Selon elle, certains prix ont doublé, voire triplé. Elle estime que manger en plein centre-ville d’Avignon dans un excellent restaurant revient moins cher que de déjeuner dans le centre de Sofia. Amslav Tourisme confirme que l’image d’une destination très bon marché correspond de moins en moins à la réalité, avec une montée en gamme des infrastructures touristiques et une hausse générale des prix.
Une Europe de l’Est encore compétitive
Au-delà de la Bulgarie, d’autres pays d’Europe de l’Est gagnent en visibilité auprès des voyageurs français. Julien Lardy, directeur des destinations Europe centrale chez Comptoir des Voyages, cite la Pologne, qui retrouve progressivement les faveurs des voyageurs français, avec un voyage sur cinq vendu concernant des personnes ayant des racines polonaises. La Roumanie a récemment été intégrée au catalogue de l’agence, et la République tchèque offre des trésors culturels au-delà de Prague.
Les écarts de prix entre les destinations d’Europe de l’Est et les pays d’Europe occidentale restent significatifs. Pour un autotour de huit jours et sept nuits en hôtels quatre étoiles, sur une base de deux personnes, Amslav Tourisme indique des prix à partir de 1 370 euros par personne en Bulgarie, 1 525 euros en Pologne et 1 550 euros au Monténégro. À titre de comparaison, des séjours similaires démarrent autour de 1 915 euros en Allemagne et de 2 025 euros en Autriche. Pour les voyageurs français, l’Europe de l’Est conserve un avantage économique tout en offrant des découvertes culturelles et des paysages variés.