Collision de trains en Espagne : ce que l’on sait sur l’accident près de Cordoue

Arthur - Il y a 2 heures

En résumé

• Collision de trains en Espagne : 39 morts et jusqu'à 152 blessés.
• Accident survenu sur une portion rénovée de ligne à grande vitesse.
• Enquête en cours sur le rôle potentiel du gestionnaire ADIF.

C’est l’un des accidents ferroviaires les plus graves en Europe depuis des années. Dimanche 18 janvier, deux trains à grande vitesse sont entrés en collision près de Cordoue, dans le sud de l’Espagne. Le bilan provisoire fait état d’au moins 39 morts. Côté blessés, les bilans rapportés varient selon les mises à jour (autour de 123 dans les premières communications, jusqu’à 152 selon des médias espagnols cités par Franceinfo).

Que s’est-il passé exactement ? Et surtout : comment un tel accident a-t-il pu se produire sur une ligne à grande vitesse moderne ?

Les faits : collision entre un Iryo et un Renfe

L’accident s’est produit vers 19h45 près d’Adamuz, une petite commune de la province de Cordoue. Selon les informations relayées par Euronews et Franceinfo, l’arrière d’un train Iryo (un Frecciarossa 1000) assurant la liaison Malaga-Madrid a déraillé, avant d’entrer en collision avec un train Renfe circulant en sens inverse, sur une voie adjacente, en direction de Huelva.

L’impact a provoqué le déraillement des deux premiers wagons du train Renfe. À ce stade, les circonstances exactes (dont la vitesse précise des rames au moment de l’accident) n’ont pas été confirmées publiquement de façon stabilisée.

Le ministre espagnol des Transports a qualifié l’accident d' »étrange », notamment parce qu’il s’est produit sur une portion rectiligne de la ligne à grande vitesse, là où les risques de déraillement sont théoriquement les plus faibles.

La piste d’un défaut de rail

Une photo diffusée par la Guardia Civil et reprise par plusieurs médias montre ce qui pourrait être une dégradation du rail à proximité du lieu de l’accident. À ce stade, il ne s’agit pas d’une confirmation officielle de la cause.

Des passagers ont décrit des secousses violentes juste avant le déraillement, selon Euronews.

Détail qui attire l’attention : le ministre espagnol des Transports a souligné que l’accident s’est produit sur une portion de voie rénovée en mai 2025, ce qui renforce l’incompréhension autour de l’incident.

L’enquête officielle, menée par les autorités espagnoles, devra déterminer si le problème vient de l’infrastructure, du matériel roulant, ou d’une combinaison de facteurs.

Le Frecciarossa 1000 : un train moderne, mais poussé à ses limites ?

Le train Iryo impliqué est un Frecciarossa 1000, un modèle de train à grande vitesse (ETR 1000). Sa vitesse de conception peut aller jusqu’à 400 km/h (vitesse maximale de conception), même si la vitesse commerciale dépend des lignes et des règles d’exploitation.

En Italie, l’exploitation est notamment limitée à 300 km/h en service, en raison de contraintes d’infrastructure (information générale sur le modèle, indépendante de l’accident).

Le train Iryo avait été inspecté quatre jours avant l’accident, selon les informations communiquées par l’opérateur.

ADIF dans la ligne de mire

Le gestionnaire d’infrastructure ferroviaire espagnol, ADIF, se retrouve au centre des interrogations. C’est lui qui est responsable de l’entretien et de la maintenance des voies à grande vitesse.

La question de la qualité de la maintenance revient dans plusieurs analyses. L’Espagne possède l’un des plus grands réseaux de lignes à grande vitesse d’Europe : Euronews rappelle, par exemple, qu’il dépasse 3 100 km (pour les lignes > 250 km/h, selon l’UE). Maintenir un tel réseau en parfait état représente un défi logistique et financier considérable.

Les conséquences sur le trafic

Dans l’immédiat, le trafic grande vitesse entre Madrid et l’Andalousie est totalement suspendu. Selon Renfe, les liaisons suivantes sont concernées :

  • Madrid – Cordoue
  • Madrid – Séville
  • Madrid – Malaga
  • Madrid – Grenade
  • Madrid – Huelva
  • Madrid – Cadix / Algésiras

Environ 200 trains ont été annulés sur la seule journée de lundi. Tous les opérateurs sont touchés : Renfe, Iryo et Ouigo España.

ADIF n’a pas communiqué de date de reprise du trafic. La priorité est au retrait des rames accidentées et à l’évaluation des dégâts sur l’infrastructure. Les voyageurs ayant des billets pour les prochains jours sont invités à contacter leur opérateur pour obtenir un remboursement ou un réacheminement.

Un débat sur le modèle ferroviaire espagnol

Au-delà de l’émotion, l’accident relance un débat de fond sur le modèle ferroviaire espagnol. Depuis l’ouverture à la concurrence en 2020, trois opérateurs (Renfe, Iryo, Ouigo) se partagent le marché de la grande vitesse.

Certains y voient un succès : les prix ont baissé, l’offre s’est étoffée, et le train est devenu plus accessible. D’autres pointent un risque : la pression sur les coûts pourrait-elle affecter la maintenance de l’infrastructure, qui reste gérée par un acteur unique (ADIF) ?

La question n’est pas nouvelle. Elle se pose dans tous les pays européens qui ont libéralisé leur marché ferroviaire. Mais elle prend une résonance particulière après un accident de cette ampleur.

Selon Euronews, le ministre des Transports a indiqué qu’une enquête pourrait prendre environ un mois (délai indicatif, susceptible d’évoluer). En attendant, les familles des victimes et les survivants attendent des réponses.


Article mis à jour le 19 janvier 2026. Les informations évoluent : suivez les communiqués officiels de Renfe, Iryo et ADIF pour les dernières mises à jour.

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Arthur - Il y a 2 heures

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