pyramide

Idéale pour fuir la chaleur, cette station balnéaire cache une mini-jungle derrière ses célèbres pyramides 

Anna Duplantis - Il y a 16 minutes

En résumé

• La Grande-Motte mêle architecture pyramidale et forte présence des arbres.
• Balladur avait prévu une vraie ville-jardin avec 70 % d'espaces verts.
• Cette végétation aide aujourd'hui à mieux supporter les fortes chaleurs.

    Il y a quelque chose d’assez drôle avec cette ville. Vue de loin, elle donne l’impression d’avoir été déposée sur le littoral par un architecte légèrement obsédé par les pyramides. On aperçoit les silhouettes blanches, les formes géométriques, les immeubles qui pointent vers le ciel et, forcément, on imagine du béton.

    Puis on entre dans la ville. Et là, surprise, les arbres prennent le dessus. Des pins, des platanes, des tamaris, des oliviers de Bohème et toute une végétation méditerranéenne accompagnent les promenades. Les bâtiments apparaissent derrière les feuillages, les chemins se glissent entre les jardins et, par endroits, on oublie presque que l’on se trouve dans une station balnéaire.

    Ce décor n’est pourtant pas le fruit du hasard. Il faisait partie du projet imaginé dès les années 1960 par l’architecte Jean Balladur et son équipe. Plus d’un demi-siècle plus tard, cette drôle d’idée de « ville-jardin » prend une tournure particulièrement intéressante alors que les étés deviennent de plus en plus chauds.

    Une ville pensée comme un jardin avant que cela devienne à la mode

    La Grande-Motte n’a pas poussé ici comme une ville traditionnelle. Elle a été imaginée de toutes pièces dans le cadre de l’aménagement touristique du littoral languedocien.

    Jean Balladur voulait créer quelque chose de radicalement différent. Les fameuses pyramides devaient bien sûr donner une identité architecturale à la station, mais la végétation occupait une place tout aussi importante dans le projet.

    Le résultat est assez spectaculaire. 70 % de l’emprise urbaine sont dédiés aux espaces verts et arborés. La ville compte aujourd’hui environ 36 000 arbres, auxquels s’ajoutent des jardins, des massifs et des espaces végétalisés.

    Et ce n’est pas simplement une question de décoration. La végétation a été pensée pour accompagner les déplacements, créer des zones d’ombre et structurer les différents quartiers. Dans le quartier du Couchant, par exemple, les chemins serpentent entre les bâtiments, les jardins et les petites places. On peut même rejoindre certains secteurs de la ville en empruntant une trame piétonne séparée de la circulation automobile.

    Autrement dit, Balladur avait imaginé une ville où l’on pouvait marcher sans avoir constamment une voiture dans les oreilles. Pas mal pour un projet lancé il y a plus d’un demi-siècle.

    Quand les pyramides se cachent derrière les arbres

    C’est probablement l’une des choses les plus surprenantes lorsqu’on découvre réellement La Grande-Motte. Les pyramides sont partout sur les photos. Elles sont devenues l’image de marque de la station, au point de faire parfois oublier le reste. Pourtant, une fois dans les rues, la végétation change complètement la perception des lieux.

    Les immeubles blancs apparaissent par fragments entre les arbres. Une façade surgit derrière un pin. Une allée plonge sous une masse de feuillage. Plus loin, une petite place ouvre soudain la vue sur une architecture géométrique qui semble tout droit sortie d’un décor de science-fiction des années 1970.

    C’est ce jeu permanent entre le béton et le végétal qui donne à la ville son caractère si particulier. La station compte près de 25 kilomètres de cheminements doux, permettant de circuler à pied ou à vélo dans un environnement largement séparé des voitures. Et en plein été, cette organisation prend une autre dimension.

    Une drôle d’idée devenue un avantage face aux canicules

    Lorsque Jean Balladur et le paysagiste Pierre Pillet imaginent La Grande-Motte, la lutte contre les îlots de chaleur urbains n’est évidemment pas au cœur des conversations comme aujourd’hui. Pourtant, leur projet reposait déjà sur une idée simple, ne pas laisser le béton gagner tout l’espace.

    Les essences végétales ont été choisies pour supporter les conditions particulières du littoral. Pins parasols, platanes, lavande, thym, laurier, romarin, tamaris ou encore oliviers de Bohème ont progressivement transformé ce qui était autrefois un paysage largement sablonneux en un véritable écrin végétal.

    Aujourd’hui, cette abondance d’arbres n’est plus seulement agréable à regarder. Elle contribue à créer des zones ombragées et des parcours plus confortables pour les habitants et les visiteurs lorsque le thermomètre s’emballe.

    La ville revendique ainsi une résistance à la chaleur favorisée par ses nombreux espaces verts. Une caractéristique qui prend évidemment tout son sens au moment où les épisodes caniculaires deviennent plus fréquents.

    Une plage à quelques minutes d’une promenade sous les arbres

    Et c’est là que La Grande-Motte devient particulièrement intéressante pour une escapade estivale. On peut commencer la journée les pieds dans le sable, quitter la plage et retrouver quelques minutes plus tard des allées ombragées. La station dispose de 7 kilomètres de plages, avec notamment la plage du Couchant et le secteur plus sauvage du Grand Travers.

    Le contraste est saisissant. D’un côté, la Méditerranée et ses grandes étendues de sable. De l’autre, des chemins bordés d’arbres où l’on peut continuer sa promenade sans rester directement exposé au soleil. La ville propose aussi un port de plaisance de 1 500 anneaux, ainsi que de nombreuses activités nautiques.

    Mais pour vraiment comprendre son originalité, mieux vaut parfois oublier la plage pendant quelques heures et simplement marcher. C’est en se promenant que l’on réalise que les arbres ne sont pas venus après l’architecture. Ils étaient là, dans le projet, dès le départ.

    Une station balnéaire qui avait quelques décennies d’avance

    La Grande-Motte a longtemps divisé. Ses pyramides ont été critiquées, moquées et parfois affublées de surnoms peu flatteurs. Aujourd’hui, le regard a changé.

    La ville est désormais reconnue pour son architecture du XXᵉ siècle et son urbanisme singulier. Elle possède même le label « Patrimoine du XXe siècle », tandis que son architecture attire désormais les visiteurs venus comprendre comment cette station si particulière a été imaginée.

    Mais son autre réussite est peut-être moins spectaculaire et pourtant beaucoup plus utile au quotidien. Elle a planté des arbres. Beaucoup d’arbres.

    Et alors que les villes cherchent aujourd’hui toutes les solutions possibles pour créer de l’ombre et rendre les espaces urbains plus supportables pendant les fortes chaleurs, La Grande-Motte peut presque regarder le mouvement avec un petit sourire. Son futur avait été planté il y a plus de cinquante ans.

    Anna Duplantis
    Publié le 30 août 2026

    Pilote de la communication chez Ulysse, je partage ici l’actualité du voyage et les tendances du moment. Hâte d’échanger avec vous en commentaires, Anna.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Nos thèmes