En résumé
• Plan 2026 : plus d'international, d'outdoor et de tourisme durable• Mai-juin-septembre seront tendus : réservez tôt, prix en hausse
• Nice garde sa taxe de séjour; Boston-Nice ouvre le 17 mai 2026
Côte d’Azur France Tourisme a présenté son plan d’actions 2026 devant 350 professionnels du secteur, le 3 octobre 2025 au Club Med Opio. Derrière le vocabulaire institutionnel, des choix qui vont peser sur les séjours de Nice, Cannes et Antibes entre mai et septembre 2026 : ailes de saison plus tendues, nouvelles dessertes long-courrier, taxe de séjour reconduite. Voici ce qu’il faut en retenir si vous partez cet été sur la Côte d’Azur 2026.
Ce que dit vraiment le plan 2026 (et ce qu’il ne dit pas)
Le Comité régional du tourisme a structuré sa feuille de route autour de quatre piliers : expansion internationale, tourisme quatre saisons, tourisme responsable, filières affinitaires (sport, culture, outdoor, nautisme). Le plan a été co-construit avec les partenaires institutionnels et privés, avec le soutien du Département des Alpes-Maritimes.
Le document est avant tout un plan marketing et de positionnement. Aucune annonce opérationnelle ne porte sur les navettes plages, les parkings relais, la billetterie combinée des attractions ou la régulation des sites saturés. La gestion concrète des flux relève des communes et de la Métropole Nice Côte d’Azur, pas du CRT.
Selon Alexandra Borchio Fontimp, présidente du CRT Côte d’Azur France, l’objectif est de « consolider les marchés européens et accélérer sur le long-courrier ». Charles Ange Ginésy, président du Département, soutient une orientation tournée vers l’arrière-pays et l’outdoor.
Une saison qui s’étire de mai à septembre, pourquoi ça vous concerne
Les chiffres de fréquentation 2025 confirment une bascule : les ailes de saison ne sont plus des creux. Voici les taux d’occupation hôtelière relevés par le CRT.
| Mois | Taux d’occupation 2025 | Part de visiteurs internationaux |
|---|---|---|
| Mai | 77 % | n.c. |
| Juin | 85 % | n.c. |
| Juillet | 87 % | 55 % |
| Août | 89 % | 58 % |
| Septembre | 80-85 % | n.c. |
La pression hôtelière de mai et juin est désormais quasi équivalente au cœur d’été. Conséquence pratique : réserver tôt même pour un séjour début mai, anticiper les hausses tarifaires sur les ponts (Ascension, Pentecôte) et envisager octobre comme nouvelle vraie aile de saison. La destination a accueilli 39 % de primo-visiteurs en 2024, une clientèle que le plan 2026 cherche à fidéliser.
Côté provenance, la clientèle internationale reste dominée par les Britanniques, Scandinaves, Allemands et Italiens, avec une montée progressive des Nord-Américains.
Taxe de séjour 2026, ce qui s’applique vraiment cet été
La Métropole Nice Côte d’Azur reconduit pour 2026 son barème au pourcentage : 6,70 % du coût HT de la nuitée par personne, plafonné selon le type d’hébergement. Pour une chambre d’hôtel à 40 € la nuit, cela représente environ 2,68 € de taxe de séjour par personne et par nuit.
Le taux légal national 2026 reste compris entre 1 % et 5 % selon les communes, à vérifier au cas par cas. Cannes, Antibes, Menton et Saint-Tropez n’appliquent pas le même barème que Nice. Les barèmes actualisés sont publiés sur le portail officiel taxedesejour.ofeaweb.fr/ts/metropole-nca. Pour situer ce niveau dans le paysage européen, notre comparatif des taxes de séjour 2026 ville par ville montre que Nice reste mesurée face à Amsterdam ou Barcelone.
Le produit de la taxe est affecté à la promotion touristique et à la gestion des espaces naturels. Une partie finance donc, indirectement, des projets comme Outdoor06 ou la valorisation du Parc national du Mercantour.
Nouvelles connexions aériennes, l’effet le plus visible pour les voyageurs
C’est probablement le volet du plan 2026 qui aura l’impact le plus tangible pour le public. La ligne directe Boston-Nice opérée par Delta Air Lines ouvre le 17 mai 2026 avec trois vols hebdomadaires en A330-900neo, première liaison régulière entre la Nouvelle-Angleterre et la Côte d’Azur. Un roadshow USA/Canada est programmé en février 2026 (Houston, Chicago, Boston, Montréal) avec une quinzaine de partenaires azuréens.
L’aéroport Nice Côte d’Azur affiche par ailleurs un programme record cet été : 130 destinations et 61 compagnies aériennes desservies, avec des billets dès 10 euros sur certaines lignes low-cost européennes.
Les 31 mars et 1er avril 2026, Nice accueille le salon Rendez-vous en France : 1 000 tour-opérateurs et journalistes internationaux attendus. Une fréquentation en hausse est à prévoir au printemps autour de l’Acropolis et des hôtels du centre-ville.
Côté courts séjours européens, le CRT pousse deux campagnes digitales : « Train2CôtedAzur » sur le bassin TGV (Paris, Lyon, Marseille) et « Fly2CôtedAzur » sur les marchés desservis en lowcost (Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas, Italie).
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Sortir de la carte postale, ce que la Côte d’Azur veut vous faire découvrir
Le plan 2026 met en avant Outdoor06, dispositif qui regroupe randonnée, trail et vélo dans l’arrière-pays niçois. La Réserve Internationale de Ciel Étoilé de Valberg est valorisée comme produit nocturne, et le partenariat avec le Parc national du Mercantour est renforcé. Pour qui cherche à fuir la pression du littoral, le Mercantour figure parmi les huit territoires français désertés qui rivalisent avec les sites les plus prisés.
Du côté de l’événementiel, plusieurs rendez-vous sont mobilisés pour étaler la fréquentation hors juillet-août : Cannes Lions en juin, Grand Prix de Monaco en mai, IronMan World Championships en septembre, Ultra Trail Mercantour à l’automne. La logique est claire : décaler le centre de gravité du séjour, alterner littoral et arrière-pays plutôt que rester sur la bande côtière saturée.
Pour le visiteur, cela signifie qu’une journée Mercantour ou Valberg s’envisage désormais comme une alternative crédible à une journée plage en haute saison, à 1h30 de route environ depuis Nice.
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Ce qu’il manque encore au plan
Plusieurs angles morts ressortent à la lecture du document. Aucune mesure opérationnelle n’est annoncée sur la gestion des flux à l’échelle des sites saturés : Èze village, Sentier des Douaniers du cap d’Antibes, calanques de la côte. Pas de précisions non plus sur des navettes plages élargies, des parkings relais étendus, ou un billet combiné transports-attractions à l’échelle métropolitaine.
Le volet « tourisme durable » reste qualitatif. Aucun indicateur carbone n’est associé à des objectifs chiffrés, et aucune jauge n’est posée sur les sites sensibles. Le plan reste une feuille de route de promotion : la régulation concrète relève des communes et de la Métropole, pas du CRT.
À noter : la taxe de séjour finance en partie ces actions de gestion. Connaître son barème 2026 reste donc utile, ne serait-ce que pour mesurer ce que chaque nuitée contribue au budget de la destination.
Ce qu’il faut retenir si vous partez cet été
La Côte d’Azur 2026 mise sur l’international long-courrier et l’étalement de la saison, pas sur des mesures anti-foule visibles à court terme. Les ailes de saison (mai, juin, septembre) sont désormais aussi tendues que le cœur d’été, à anticiper côté réservations comme côté budget. La taxe de séjour reste un poste à intégrer : environ 2,70 € par nuit et par personne en hôtel milieu de gamme à Nice. Et le vrai pas de côté à faire reste de combiner littoral et arrière-pays (Mercantour, Valberg) pour échapper à la pression touristique du bord de mer.
À surveiller : la montée en puissance progressive de la ligne Boston-Nice après son ouverture le 17 mai 2026 et les barèmes définitifs de la taxe de séjour à Cannes, Antibes et Menton, attendus avant le pic de réservations de mai.