En résumé
• Tunisie: 7e destination retraite, grâce au coût de vie et à la proximité• 1 500 €/mois: pouvoir d'achat variable selon logement, santé et habitudes
• Fiscalité et santé: abattement de 80% et couverture sous conditions
La Tunisie apparaît régulièrement comme une destination prisée des retraités français. Mais avec une pension de 1 500 euros par mois, que permet réellement le pouvoir d’achat sur place ? Fiscalité, coût du logement, accès aux soins : plusieurs facteurs déterminent le niveau de vie réel.
La Tunisie, 7e destination mondiale pour la retraite
Selon le palmarès 2026 de Retraite sans Frontières, la Tunisie occupe la septième place mondiale des meilleures destinations de retraite à l’étranger. Le Maroc est classé sixième, tandis que le Sénégal arrive huitième. Le Portugal, l’Espagne, la Grèce, la Thaïlande et l’île Maurice occupent les premières places.
Le classement repose sur plusieurs critères. Le pouvoir d’achat représente 20 % de la note, mais le climat, la qualité des soins, la sécurité et l’accessibilité entrent également en compte. La septième place tunisienne s’explique par une combinaison de facteurs : la proximité de l’Europe, l’accessibilité par avion, la francophonie dans une large partie des services et un coût de la vie inférieur à celui de nombreuses destinations européennes.
Djerba, Hammamet, Sousse et certaines zones du Grand Tunis constituent depuis plusieurs années des points d’attraction pour les étrangers à la recherche d’un cadre de vie permanent ou semi-permanent.
Un pouvoir d’achat qui dépend du mode de vie
Avec une pension de 1 500 euros par mois, le coût du logement et des dépenses quotidiennes constitue un élément central du choix. La Tunisie est régulièrement citée parmi les destinations permettant de réduire la pression exercée par les dépenses courantes par rapport à certaines régions d’Espagne ou du Portugal. Le budget réel dépend du quartier choisi, du niveau de confort recherché, des dépenses de santé, du transport, des assurances et des habitudes de consommation, rapporte La Presse de Tunisie.
Le coût d’un logement peut varier considérablement selon la ville, le quartier et la proximité du littoral. Le recours aux produits importés, aux services haut de gamme ou aux soins privés peut rapidement alourdir le budget. Le gain de pouvoir d’achat existe, mais il dépend du mode de vie adopté.
L’avantage fiscal : un abattement de 80 % sous conditions
Parmi les arguments souvent cités figure la fiscalité. Le ministère tunisien des Finances précise que le revenu net des pensions et rentes viagères provenant de l’étranger bénéficie d’une déduction forfaitaire de 80 %, lorsque les pensions sont transférées en Tunisie, conformément aux conditions prévues par la législation.
Il ne s’agit pas d’une exonération pure et simple de 80 % de l’impôt. En pratique, l’abattement porte sur l’assiette imposable : 80 % de la pension est déduit pour déterminer le revenu net soumis au barème, sous réserve du respect des conditions légales. La loi de finances pour 2026 a modifié le régime général applicable aux pensions en relevant progressivement l’abattement de droit commun à partir de 2027. Le dispositif spécifique concernant les pensions de source étrangère transférées en Tunisie reste distinct.
La couverture santé encadrée par une convention avec la France
Pour une personne retraitée, la question de la santé peut devenir déterminante. Le Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale (Cleiss) rappelle que la convention franco-tunisienne de sécurité sociale du 26 juin 2003 permet, sous certaines conditions, aux ressortissants français ou tunisiens titulaires d’une pension de vieillesse du régime français de bénéficier d’une couverture maladie en Tunisie au titre de leur retraite française.
Ce dispositif constitue un facteur de sécurisation pour les retraités concernés. Il ne signifie pas que toutes les dépenses médicales sont automatiquement prises en charge. Les droits dépendent du parcours professionnel, du régime de retraite et de la situation personnelle.
Un intérêt ancien, mais un profil qui évolue
L’intérêt des retraités français pour la Tunisie n’est pas nouveau. Une enquête publiée par Le Monde en 2019 indiquait que la Tunisie comptait alors environ 22 000 pensionnés français résidents, tout en précisant qu’une grande partie était constituée de veuves ou de personnes ayant un lien historique avec le pays.
La hausse des prix immobiliers dans certaines zones très demandées d’Espagne et du Portugal pousse une partie des candidats à élargir leur horizon. Le Maroc, la Tunisie et le Sénégal apparaissent ainsi régulièrement dans les nouveaux comparatifs.