En résumé
• EasyJet et Air France-KLM étudient un accord commercial à Paris et Amsterdam.• Aucun accord n’est confirmé; Air France-KLM dit ne pas commenter les rumeurs.
• Apollo veut développer codes-share et accords intercompagnies après le rachat.
EasyJet et Air France-KLM exploreraient des pistes de coopération commerciale sur les plates-formes de Paris et Amsterdam. Des sources proches des discussions évoquent des évaluations préliminaires, sans qu’aucun accord n’ait été confirmé officiellement.
Selon des informations du Corriere della Sera publiées le 13 août 2026, EasyJet étudierait la possibilité d’un accord commercial avec Air France-KLM. Les échanges porteraient sur les aéroports de Paris-Charles de Gaulle, Paris-Orly et Amsterdam-Schiphol. Ces discussions sont décrites comme préliminaires et s’inscriraient dans le cadre des projets de développement de la compagnie aérienne pour l’année 2027.
Le groupe franco-néerlandais n’a pas confirmé avoir été contacté par la compagnie britannique. Un porte-parole d’Air France-KLM a déclaré que le groupe « ne commente pas les rumeurs de presse ». Le président-directeur général Ben Smith a indiqué, lors de la publication des résultats du deuxième trimestre, que les priorités du groupe restent l’acquisition de la majorité chez SAS et le processus d’acquisition de 49,9 % du capital de la compagnie portugaise TAP.
Le contexte du rachat d’EasyJet par Apollo
EasyJet a accepté une offre de rachat de 5,7 milliards de livres sterling, soit 6,7 milliards d’euros, de la part du fonds de private equity américain Apollo. Le feu vert des autorités de régulation est attendu dans les premiers mois de 2027. Dans les documents déposés auprès des autorités, Apollo indique qu’une des priorités de la compagnie sous sa gestion sera d’explorer des opportunités de partage de codes et d’accords intercompagnies avec d’autres transporteurs.
Un porte-parole d’EasyJet a refusé de commenter ces informations. De son côté, Apollo a répondu ne pas être en mesure de fournir d’indications commerciales supplémentaires au-delà du niveau de détail déjà inclus dans les documents déposés. L’opération de rachat, si elle est approuvée, marquera un tournant dans la gouvernance de la compagnie orange.
Un accord de partage de codes ou un accord intercompagnies
Deux types d’accords commerciaux sont évoqués dans les discussions entre EasyJet et Air France-KLM : le partage de codes et l’accord intercompagnies. Le partage de codes est un accord entre deux ou plusieurs compagnies aériennes, selon lequel l’une d’elles assure l’exploitation d’un vol, tandis que les autres vendent des billets pour ce même vol en utilisant leur propre code et numéro de vol. L’accord intercompagnies prévoit l’émission d’un billet unique pour un voyage comprenant des correspondances opérées par différents transporteurs, avec un transfert automatique des bagages en soute.
Avec les vols en partage de codes, un passager d’EasyJet embarque sur un appareil de la compagnie orange jusqu’à un hub européen, puis emprunte un vol de la compagnie partenaire pour sa destination finale, avec un transfert automatique des bagages. EasyJet a déjà tenté des initiatives de ce type par le passé avec son programme « Worldwide by easyJet » depuis les aéroports de Londres Gatwick et Milan Malpensa, sans rencontrer un succès durable. L’initiative a depuis été renommée « Flights connection by easyJet ».
Les enjeux pour le marché européen
EasyJet figure parmi les trois plus grandes compagnies aériennes opérant à Amsterdam-Schiphol, aux côtés de KLM et de sa filiale Transavia. La compagnie dispose également de créneaux horaires dans des aéroports contraints comme Genève, Milan Linate et Lisbonne. Sa présence à Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly, hubs principaux d’Air France-KLM, constitue un atout pour un éventuel accord.
Selon les sources du Corriere della Sera, d’autres transporteurs européens de plus petite taille cherchent à comprendre comment s’insérer dans la nouvelle stratégie d’EasyJet. L’objectif serait d’utiliser le réseau de la compagnie britannique pour alimenter des vols intercontinentaux, en particulier vers des destinations touristiques. Air France-KLM, à travers ses projets d’acquisition au Portugal, vise une expansion en Amérique du Sud.