Suisse

La Suisse vote une nouvelle taxe pour les étrangers… une facture de 4 000 francs pourrait s’abattre sur les nouveaux arrivants

Luc Rongier - Il y a 12 heures

En résumé

• Le Conseil des Etats valide une taxe d’incitation pour les nouveaux arrivants.
• Taxe minimale: 4’000 fr. pour certains Européens, 2’000 fr. pour les familles.
• La Chambre durcit aussi les contrôles et certains droits au séjour.

    Le Conseil des Etats a validé une taxe d’incitation visant les étrangers qui s’installent en Suisse, dans le cadre des discussions sur les accords avec l’Union européenne. Ses recettes doivent être redistribuées à la population. La mesure a été acceptée tacitement, sans vote demandé.

    Une taxe validée par le Conseil des Etats

    Le Conseil des Etats veut aller plus loin que le gouvernement en matière de clause de sauvegarde liée à l’immigration. Il a validé ce mardi 29 septembre 2026 une taxe d’incitation comme mesure de protection supplémentaire, dans le cadre des Bilatérales III. La gauche et quelques élus bourgeois romands se sont montrés sceptiques.

    Les Bilatérales III revoient les règles relatives à la libre circulation des personnes. Le Conseil fédéral a donc adopté plusieurs mesures nationales de protection, comme une clause de sauvegarde. Celle-ci doit pouvoir être activée sur la base de critères indiquant la présence de difficultés sérieuses d’ordre économique ou social.

    La taxe doit s’élever à au moins 4 000 francs pour les ressortissants de l’UE exerçant une activité salariée, travaillant comme indépendants ou n’ayant pas d’activité lucrative en Suisse. Les membres de la famille majeurs venus au titre du regroupement familial seraient soumis à une taxe d’au moins 2 000 francs. Les recettes de cette taxe doivent être redistribuées à la population. Elle doit aussi s’appliquer aux ressortissants de pays tiers dès que la clause de sauvegarde est activée, rapporte le média suisse Watson.

    Une mesure issue d’un contre-projet

    L’idée avait germé dans les rangs PLR ces dernières années, à titre de contre-projet à l’initiative de l’UDC « Pas de Suisse à 10 millions », refusée dans les urnes en juin passé. Selon la rapporteuse de commission Heidi Z’graggen (Centre/UR), cette taxe incitera à exploiter le potentiel de main-d’œuvre indigène. Andrea Caroni (PLR/AR) a salué une « mesure incitative appropriée ».

    Flavia Wasserfallen (PS/BE) a douté des effets réels de cette nouvelle mesure, autant pour les entreprises que pour les employés. Elle a aussi souligné la charge administrative que cela entraînerait. La gauche a tenté d’exclure de la mesure au moins les membres de la famille. Le ministre de la justice et police Beat Jans était aussi favorable à l’exclusion des familles de la taxe. Il a rappelé le droit constitutionnel au respect de la vie familiale. Sans succès.

    La mesure dans son ensemble n’a pas convaincu non plus certains élus bourgeois romands. Pascal Broulis (PLR/VD) a parlé d’une taxe « anti-libérale » qui créerait de la bureaucratie, alors que les accords visent une meilleure prospérité économique et de meilleurs échanges entre partenaires internationaux. Le vote n’a toutefois pas été demandé. La taxe a été tacitement acceptée.

    Un casier judiciaire exigé pour les ressortissants de l’UE et des pays tiers

    Plus largement, la Chambre des cantons a soutenu la législation de mise en œuvre relevant du droit des étrangers. Elle a salué le fait que le gouvernement ait mieux inclus les commissions parlementaires, les cantons, les villes et les partenaires sociaux dans les décisions concernant la clause de sauvegarde. Elle a ajouté que le gouvernement devait examiner chaque année s’il y a lieu de recourir à cette clause.

    Les sénateurs ont refusé la proposition de commission d’examiner systématiquement si les ressortissants de l’UE qui déposent une demande en Suisse représentent une menace pour la sécurité, l’ordre ou la santé publics. Par contre, ils ont accepté ces contrôles pour les ressortissants d’Etats tiers, qui pourraient ainsi voir leur droit de séjour refusé ou restreint.

    En outre, la Chambre des cantons a décidé d’exiger un extrait de casier judiciaire délivré par le pays d’origine ou de résidence, en plus d’une pièce d’identité, autant pour les ressortissants d’Etats tiers que pour les ressortissants de l’UE. La proposition d’Esther Friedli (UDC/SG) d’inclure aussi ces derniers a passé la rampe par 23 voix contre 22, avec la voix prépondérante du président.

    Le Conseil des Etats a accepté sur le fil un autre durcissement proposé par Friedli. Il est question de limiter certains droits des ressortissants de l’UE et des membres de leur famille quand ils perçoivent des prestations de l’aide sociale ou du chômage.

    Luc Rongier
    Publié le 30 septembre 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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