En résumé
• 58 % des indemnisations valables sont d’abord refusées en 2025.• Les motifs clés: silence, météo, contrôle aérien, refus sans motif.
• Jusqu’à 600 € d’indemnité selon la distance du vol retardé.
Les passagers confrontés à un vol retardé de plus de trois heures peuvent, sous certaines conditions, obtenir une compensation financière. Pourtant, une part croissante des demandes valables serait d’abord refusée par les compagnies aériennes, selon le dernier bilan publié par AirHelp.
Près de six demandes valables sur dix rejetées à tort
En 2025, 58 % des demandes d’indemnisation qui auraient dû être acceptées ont été initialement rejetées, soit une progression de six points en un an. AirHelp, plateforme spécialisée dans l’accompagnement des passagers aériens, considère ces refus comme abusifs lorsque la demande respecte les conditions ouvrant droit à une compensation.
« Un rejet est jugé abusif lorsqu’une compagnie refuse une demande valable, pour laquelle le passager avait bel et bien droit à une compensation. L’analyse porte sur la première réponse apportée par la compagnie », précise AirHelp, cité par BFM Business le 9 septembre 2026. Selon Margaux Doublet, porte-parole de la plateforme, cette première réponse peut pousser certains voyageurs à abandonner leurs démarches « alors que la loi est de leur côté ».
L’absence de réponse constitue le premier motif relevé. Les compagnies n’ont donné aucune suite à 31 % des réclamations valables examinées, contre 26 % en 2024. Près d’un tiers des passagers concernés se sont donc retrouvés sans réponse à leur demande initiale.
La météo souvent invoquée pour écarter une indemnisation
Les conditions météorologiques occupent la deuxième place parmi les motifs de rejet contestés. Elles ont été invoquées dans 25 % des refus abusifs en 2025, contre 21 % un an auparavant. Une météo incompatible avec la réalisation du vol peut effectivement constituer une circonstance extraordinaire exonérant la compagnie de son obligation de paiement.
Le transporteur doit toutefois démontrer que ces conditions ont directement provoqué le retard. « Certaines circonstances extraordinaires peuvent effectivement exonérer une compagnie de son obligation d’indemniser, mais c’est à elle de prouver qu’elles ont réellement affecté le vol en question », explique AirHelp, qui souligne la difficulté pour un passager de vérifier cette justification.
Les restrictions du contrôle aérien représentent 11 % des rejets abusifs recensés. Elles sont suivies par les refus sans motif, qui comptent pour 10 % des cas. Dans cette dernière situation, la compagnie répond au voyageur sans expliquer les raisons pour lesquelles elle refuse de verser la compensation demandée.
Jusqu’à 600 euros pour un retard supérieur à trois heures
Le système actuel repose sur le règlement européen 261/2004. Lorsqu’un vol arrive avec plus de trois heures de retard et que les conditions légales sont réunies, l’indemnisation atteint 250 euros pour un trajet inférieur à 1 500 kilomètres. Elle passe à 400 euros pour une distance comprise entre 1 500 et 3 500 kilomètres, puis à 600 euros au-delà de 3 500 kilomètres.
Les compagnies aériennes contestent régulièrement ce dispositif. Elles estiment que son application leur coûte 8,1 milliards d’euros par an. Une réforme du barème, soutenue par le Conseil de l’Union européenne, n’a pas été adoptée par le Parlement européen. Les montants prévus par le règlement actuel restent donc en vigueur.
Pour AirHelp, l’évolution des refus montre que l’obstacle ne réside plus seulement dans la méconnaissance des règles par les voyageurs. La plateforme estime que la difficulté tient aussi aux démarches nécessaires pour faire appliquer leurs droits face aux transporteurs.