Vague de chaleur

Marseille, PACA, Côte d’Azur… les retraités fuient la chaleur et se ruent vers la Bretagne

Luc Rongier - Il y a 40 minutes

En résumé

• 34 % des Français envisagent de déménager si les canicules s'aggravent.
• En PACA, 18 % y pensent; en Bretagne, seulement 1,3 %.
• Experts: mieux vaut adapter les logements que fuir un climat durablement plus chaud.

    Une enquête publiée au début de l’été 2026 révèle que 34 % des Français envisagent de déménager si les canicules s’intensifient dans les prochaines années. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, 18 % des habitants se posent la question d’un départ, tandis qu’en Bretagne, cette proportion tombe à 1,3 %. À Marseille, des retraités témoignent d’un été caniculaire qui les pousse à réfléchir à un exil vers des régions plus fraîches.

    Selon une enquête du site Le Bon Coin sur le critère du confort climatique dans le cadre de la recherche d’un nouveau logement, parue au début de l’été 2026, 34 % des Français envisagent de déménager si les canicules s’intensifient dans les prochaines années. Parmi les habitants de Provence-Alpes-Côte d’Azur, 18 % se disent prêts à quitter la région. En Bretagne, cette proportion s’élève à 1,3 %.

    Ce sondage confirme une tendance observée l’année précédente. En 2025, un sondage ODOXA indiquait que 28 % des Français déclaraient qu’ils pourraient déménager pour habiter dans une commune moins exposée aux risques climatiques, et que 12 % pourraient changer de région.

    À Marseille, des habitants partagés entre attachement et lassitude

    À Marseille, la question du départ n’est plus taboue. Sur une vingtaine d’habitants interrogés par ICI Provence, un tiers ont réfléchi à la possibilité de quitter la région. Frédérique, jeune retraitée marseillaise, déclare : « Je ne pense pas finir ma retraite ici parce qu’il fait trop chaud et les infrastructures ne suivent pas. Je suis dans un logement neuf, hyper bien isolé, mais contre le froid, pas contre le chaud, ce qui fait que c’est intenable. Si c’est pour vivre cinq mois de l’année comme ça, ce n’est pas possible. »

    Frédérique évoque régulièrement la Bretagne comme destination possible. Marine, habitante d’Aubagne et enceinte de cinq mois, confie : « Durant la canicule, je me suis dit que j’allais partir ailleurs parce que c’était invivable. Il fait très chaud, on fait douche, lit, douche, lit, c’est l’enfer. Tous les week-ends, on s’en va dans l’Ariège, impossible de rester, je me vois bien vivre là-bas toute l’année. »

    D’autres Marseillais ne souhaitent pas quitter la région. Evelyne, Marseillaise depuis toujours, affirme : « Je suis bien ici à Marseille même s’il fait très chaud, on a la clim’ partout à la maison. » Marie, habitante du centre-ville de Marseille, estime que « pour l’instant, c’est encore supportable. Si c’est de plus en plus chaud, on trouvera d’autres alternatives. Pour l’instant, on va à la mer, on se fait des courants d’air. »

    Marjorie, également interrogée, ne veut pas quitter la Provence en raison de ses attaches familiales. Elle reconnaît toutefois : « Il ne faut jamais dire jamais. » Ces témoignages illustrent la diversité des positions des Marseillais face à la canicule, entre ceux qui envisagent un départ et ceux qui restent attachés à leur région malgré la chaleur.

    Les professionnels de l’immobilier confirment une tendance

    Pierre Yves Chevalier, directeur de 35 agences immobilières en Bretagne et ex-président de la Fédération Nationale de l’Immobilier de Bretagne, observe une évolution des demandes. Il déclare avoir « eu cet été quelques demandes de gens qui sont propriétaires dans le sud et qui se disent que, tout compte fait, le climat breton leur convient ». Il précise que « pour le choix de la retraite ou de la maison secondaire, on a des demandes, y compris d’étrangers, qui hésitent avec le sud-est à cause des températures élevées l’été ».

    Cette tendance reste cependant limitée. Selon les données de l’enquête, seule une minorité de propriétaires du sud se tourne vers la Bretagne, même si les professionnels de l’immobilier observent un intérêt croissant pour les régions du nord-ouest.

    Un équipement en climatisation record dans la région PACA

    La région PACA est la mieux dotée de France en appareils de réfrigération. Selon les données, 64 % des bâtiments sont climatisés dans les Bouches-du-Rhône et le Var. Ce taux contraste avec la moyenne nationale, où 28 % des maisons et 13 % des appartements sont équipés.

    Cette différence s’explique par l’intensification et la multiplication des vagues de chaleur dans le sud-est de la France. La climatisation devient un équipement essentiel pour les habitants de la région, qui doivent faire face à des températures de plus en plus élevées et à des épisodes caniculaires plus fréquents.

    L’avis d’un expert du climat

    Joël Guiot est paléo-climatologue et professeur émérite du CNRS. Il est également co-président du Grec Sud, le groupement régional des experts pour le climat. Pour ce spécialiste, « partir n’est pas forcément la panacée parce qu’il y aura toujours des endroits qui paraissent bien. La Bretagne a un climat plus agréable quand les canicules ne touchent que le sud de la France. Mais quand il y a une canicule générale comme cet été, c’est assez insupportable parce qu’en plus de la température élevée, il y a une humidité forte. Je ne crois pas que ce soit une bonne chose. Il vaut mieux adapter les endroits où on vit, pour que les gens soient capables de supporter des températures élevées. »

    Joël Guiot rappelle que la tendance climatique est sans retour. Il précise : « On est sur une tendance sans retour. Cela ne signifie pas que l’année prochaine, on ne puisse pas avoir un été plus frais. Il y a toujours la variabilité naturelle du climat, mais la tendance sera toujours de plus en plus chaude, avec de plus en plus d’inondations aussi en automne. On aura de plus en plus d’événements extrêmes, c’est irréversible. » Il conclut : « Tout cela est annoncé par le GIEC depuis très longtemps. Peut-être qu’on peut espérer qu’on va enfin écouter le message des scientifiques, parce que vraiment, on aurait pu s’y préparer et il est encore temps. Mais il faut vraiment se dépêcher. »

    Luc Rongier
    Publié le 26 août 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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