La Suisse supprime le train de nuit Bâle-Copenhague : 3 alternatives dès 29,99 € pour rallier le Danemark

Anna Duplantis - Il y a 2 heures

En résumé

- • Le projet de train de nuit Bâle-Copenhague est annulé par manque de financement suisse.
- • European Sleeper offre une nouvelle option Paris-Hambourg, prolongée vers Copenhague.
- • Les trains de nuit restent subventionnés, face à des avantages fiscaux pour l'aviation.

    Le train de nuit Bâle-Copenhague ne verra jamais le jour. Prévu pour le 15 avril 2026, le service a été torpillé en décembre dernier par le Parlement suisse, qui a refusé les 10 millions de francs annuels nécessaires à son exploitation. Pour les voyageurs qui rêvaient de rallier la Scandinavie sans prendre l’avion, la déception est réelle.

    Mais les alternatives existent. Et certaines s’annoncent même plus intéressantes que le projet initial.

    Le projet Bâle-Copenhague tué dans l’œuf

    Trois départs par semaine depuis Bâle, 16 heures de trajet avec arrivée à Malmö à 9h35 le lendemain matin, une desserte de l’aéroport de Copenhague en chemin : le projet avait tout pour séduire. Les CFF et l’opérateur allemand RDC Deutschland avaient tout planifié. 350 places réparties entre voitures-lits, couchettes et sièges. Une voiture bistro. Des tarifs à partir de 39,90 euros.

    Puis le couperet est tombé.

    Le 9 décembre 2025, le Conseil national suisse a rejeté le financement par 99 voix contre 92, selon la RTS. Sans les 47 millions d’euros de subventions prévues jusqu’en 2030, le service est devenu impossible. Le député UDC Yvan Pahud a justifié le vote : il était « inacceptable que le contribuable finance via ses impôts une ligne de loisir », rapporte 24 Heures.

    Le paradoxe est saisissant. La Suisse avait adopté la loi CO2 en 2024, encourageant précisément le développement des trains de nuit. Un an plus tard, les 20 millions de francs économisés ont été automatiquement réalloués au transport aérien.

    Les associations ATE et actif-trafiC ont qualifié la décision de « totalement incompréhensible et irresponsable ». Une pétition de plus de 50 000 signatures, déposée à Berne, n’aura pas suffi à inverser le vote.

    European Sleeper Paris-Hambourg : la porte d’entrée vers le Danemark

    C’est la meilleure nouvelle pour les voyageurs français. European Sleeper, l’opérateur communautaire de trains de nuit, lancera son service Paris-Berlin le 26 mars 2026, avec trois départs hebdomadaires (dimanches, mardis et jeudis).

    Et surtout : à partir du 13 juillet 2026, le train fera escale à Hambourg-Harburg, selon RailTech.

    Cet arrêt change la donne. Depuis Hambourg, Copenhague n’est plus qu’à 5 heures de train de jour, avec plusieurs départs quotidiens. Le combo « nuit + jour » permet de quitter Paris le soir et d’atteindre la capitale danoise en début d’après-midi le lendemain.

    Les tarifs : sièges inclinables dès 29,99 euros, couchettes partagées dès 59,99 euros, cabines privées dès 209,99 euros. La compagnie, qui a transporté 110 000 passagers en 2025, vise les 300 000 en 2026 grâce à l’expansion de son réseau (trois lignes, dont une future Amsterdam-Milan).

    Cette liaison s’inscrit dans un mouvement plus large de renaissance des trains de nuit en Europe, avec de nombreuses lignes prévues d’ici 2027.

    Snälltåget et les trains via Berlin : cap direct sur Copenhague

    Pour ceux qui transitent par Berlin, deux options nocturnes rejoignent directement Copenhague.

    La plus accessible est Snälltåget, opéré par le français Transdev, qui relie Berlin à Stockholm via Hambourg, l’aéroport de Copenhague (Kastrup) et Malmö. Le service circule plus de 200 jours par an (de mars à novembre), avec des départs quasi quotidiens en été.

    Les prix démarrent à 45 euros, mais attention : les billets partent vite. Il est conseillé de réserver jusqu’à six mois à l’avance sur snalltaget.se.

    Autre nouveauté majeure de 2026 : la liaison de jour Prague-Berlin-Copenhague, lancée le 1er mai par Deutsche Bahn, DSB et ČD. Deux allers-retours quotidiens toute l’année, avec un trajet de 7 heures entre Berlin et Copenhague à bord des trains ComfortJet (wifi, voiture-restaurant, espaces vélos).

    Une extension nocturne saisonnière est prévue du 23 mai au 28 août, sans couchettes toutefois.

    Astuce pratique : les trains de nuit s’arrêtent à l’aéroport de Copenhague (Kastrup), et non en gare centrale. Pas d’inquiétude, le centre-ville est à 15 minutes en métro. La capitale danoise figure parmi les villes les plus sûres d’Europe, ce qui facilite l’arrivée matinale.

    Train contre avion : le match écologique et le paradoxe du prix

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon l’ADEME et le Réseau Action Climat, l’avion émet 40 à 130 fois plus de CO2 que le train à trajet équivalent.

    Sur un aller-retour Paris-Stockholm, cela représente 300 kg de CO2 en avion contre 16 kg en train : 20 fois moins d’émissions sur rails.

    Mais voilà le paradoxe. Sur la liaison Paris-Copenhague, l’avion est en moyenne 4 fois moins cher que le train, selon l’étude du Réseau Action Climat, de l’UFC-Que Choisir et de Greenpeace (juillet 2025).

    L’explication tient en deux mots : niches fiscales. Le kérosène n’est pas taxé. Le transport aérien échappe à la TVA sur les vols internationaux. Pendant ce temps, le ferroviaire s’acquitte de péages élevés et de taxes sur l’électricité.

    D’après les trois associations, la suppression de ces avantages fiscaux rapporterait plus de 3 milliards d’euros par an. De quoi financer des billets de train bien plus accessibles.

    Guide pratique : rejoindre Copenhague sans avion en 2026

    Trois itinéraires au départ de la France

    ItinéraireDuréeBudgetPériode
    Paris – Hambourg (nuit) – Copenhague (jour)16-18 h90-250 eurosDès juillet 2026
    Paris – Cologne – Hambourg – Copenhague (jour)12-13 hVariable (réserver tôt)Toute l’année
    Paris – Copenhague (bus Flixbus)19h1530-80 eurosToute l’année

    Le meilleur combo 2026 : prendre l’European Sleeper de Paris à Hambourg (nuit), puis enchaîner avec un train de jour vers Copenhague (5 h). Départ le soir, arrivée en début d’après-midi. Le plus confortable et le plus efficace.

    L’option 100 % jour : TGV Paris-Cologne (3h20), ICE Cologne-Hambourg (4 h), puis train international vers Copenhague (5 h). Faisable en une journée avec de bonnes correspondances.

    L’option économique : Flixbus direct en 19h15, à partir de 30 euros. Le moins confortable, mais le plus abordable.

    Conseil réservation : les tarifs d’European Sleeper et de Snälltåget fonctionnent en yield management. Les prix augmentent avec le remplissage. Réserver dès l’ouverture des ventes, plusieurs mois à l’avance, fait toute la différence.

    L’avenir incertain des trains de nuit européens

    Le cas Bâle-Copenhague illustre une fragilité structurelle. Les trains de nuit restent dépendants de subventions publiques, alors que l’aérien bénéficie d’avantages fiscaux historiques.

    La demande, elle, ne faiblit pas. 24 000 signatures en quelques semaines pour le projet suisse. Des taux d’occupation élevés chez Nightjet et European Sleeper.

    Les signaux encourageants existent. European Sleeper déploie trois lignes en 2026. La liaison Prague-Berlin-Copenhague renforce le maillage ferroviaire continental. Snälltåget prévoit de nouvelles extensions vers Oslo.

    Mais pour que ces lignes survivent, il faut les emprunter, et les réserver tôt.

    Le train de nuit Bâle-Copenhague n’existera pas. Mais la route nordique, elle, reste ouverte. Il suffit de choisir le bon itinéraire.

    Anna Duplantis
    Publié le 12 février 2026

    Pilote de la communication chez Ulysse, je partage ici l’actualité du voyage et les tendances du moment. Hâte d’échanger avec vous en commentaires, Anna.

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