En résumé
• Flightright lance Ticket Refund+ pour récupérer les frais après annulation.• En cas d'annulation, le passager choisit remboursement ou réacheminement.
• Repas, hôtel et transferts peuvent aussi être remboursés sur justificatifs.
Lorsqu’un vol est annulé, le remboursement du billet n’est pas le seul droit prévu par la réglementation européenne. Un nouveau service lancé par Flightright vise désormais à aider les passagers à récupérer certains frais engagés pour poursuivre leur voyage après une annulation.
Ticket Refund+ cible les frais avancés après une annulation
Flightright a annoncé le 7 octobre 2026 le lancement de Ticket Refund+, un service destiné à réclamer aux compagnies aériennes le remboursement des frais de transport avancés par les passagers après l’annulation d’un vol. Le dispositif concerne notamment les dépenses engagées lorsqu’un voyageur doit organiser et payer lui-même une solution de remplacement.
Le service peut concerner l’achat d’un nouveau billet d’avion, mais aussi un trajet en train, en bus, une location de voiture ou encore un covoiturage. Il ne crée pas de nouveaux droits pour les passagers, mais vise à faciliter l’application de ceux déjà prévus par le règlement européen CE n° 261/2004.
Remboursement du billet ou réacheminement : le passager doit pouvoir choisir
En cas d’annulation, la réglementation européenne prévoit plusieurs possibilités. Le passager doit pouvoir choisir entre le remboursement de son billet, un réacheminement vers sa destination finale dans les meilleurs délais ou un départ à une date ultérieure qui lui convient, sous réserve des places disponibles.
Lorsque le voyageur choisit le remboursement du billet, celui-ci doit être effectué dans un délai de sept jours. Le choix appartient au passager et non à la compagnie aérienne. Si le transporteur rembourse unilatéralement le billet sans proposer les autres options prévues, il peut, dans certaines situations, être amené à prendre en charge la différence de prix avec un nouveau billet acheté dans des conditions comparables.
Les dépenses de remplacement ne sont pas remboursées automatiquement
La possibilité de récupérer le coût d’un transport de remplacement dépend des circonstances. Le simple fait d’acheter soi-même un nouveau billet de train ou d’avion, ou de louer une voiture, ne garantit pas automatiquement une prise en charge par la compagnie, indique Air Journal.
Les solutions proposées par le transporteur après l’annulation, le choix effectué par le passager et les conditions dans lesquelles le transport de remplacement a été organisé sont notamment pris en compte. Pour constituer une demande via Ticket Refund+, Flightright réclame notamment les factures du nouveau moyen de transport, la notification d’annulation ainsi que les échanges avec la compagnie aérienne.
Jusqu’à 600 euros d’indemnisation dans certains cas
Le remboursement des frais de réacheminement ne doit pas être confondu avec l’indemnisation forfaitaire prévue par le règlement européen. Selon la distance et les caractéristiques du trajet, celle-ci peut atteindre 250, 400 ou 600 euros par passager, indépendamment du prix payé pour le billet.
Cette indemnisation n’est toutefois pas systématique. Son versement dépend notamment de la date à laquelle le passager a été informé de l’annulation, des solutions de remplacement proposées et de l’existence éventuelle de circonstances extraordinaires. Une annulation annoncée moins de 14 jours avant le départ ne donne donc pas automatiquement droit à une indemnisation.
Certaines circonstances n’annulent pas le droit au réacheminement
Des événements tels que certaines conditions météorologiques, des décisions liées à la gestion du trafic aérien ou une grève extérieure à la compagnie peuvent, sous certaines conditions, dispenser le transporteur de verser l’indemnisation forfaitaire.
Ces circonstances ne suppriment toutefois pas les obligations relatives au remboursement du billet ou au réacheminement. La compagnie doit également pouvoir démontrer le lien entre l’événement invoqué et l’annulation, ainsi que l’impossibilité d’éviter la perturbation malgré la mise en œuvre de mesures raisonnables.
Repas, hôtel et transferts peuvent également être pris en charge
Lorsqu’un passager attend un réacheminement dans les meilleurs délais, la compagnie doit également lui fournir une assistance adaptée. Celle-ci peut comprendre des repas, des rafraîchissements, un hébergement lorsque cela est nécessaire, ainsi que les transferts entre l’hôtel et l’aéroport.
Si cette assistance n’est pas proposée et que le voyageur avance lui-même les frais, certaines dépenses peuvent être remboursées à condition qu’elles soient nécessaires, appropriées et raisonnables. Il est donc nécessaire de conserver les justificatifs afin de pouvoir appuyer la demande de remboursement.
Des sanctions déjà prononcées en France
En France, plusieurs compagnies ont déjà été sanctionnées pour des manquements liés au réacheminement des passagers après une annulation. Les décisions publiées par le ministère chargé des Transports pour 2024 et 2025 représentent 128 000 euros de sanctions pour les manquements explicitement liés à ces obligations.
Dans le détail, les montants mentionnés atteignent 61 000 euros pour Volotea, 57 000 euros pour Transavia ou Transavia France et 10 000 euros pour British Airways. Une sanction distincte de 20 000 euros a également été infligée à Vueling en juillet 2025 pour des manquements au « droit au remboursement ou au réacheminement ».
Les frais du nouveau service ne sont pas encore précisés
Flightright indique vouloir aider les voyageurs à récupérer l’intégralité des sommes auxquelles ils peuvent prétendre. Le communiqué de lancement ne précise toutefois pas encore le barème de commission qui sera appliqué spécifiquement à Ticket Refund+.
Pour ses prestations classiques d’indemnisation, l’entreprise affiche en France une commission généralement comprise entre 20 % et 30 % hors TVA, à laquelle peuvent s’ajouter 14 % de frais d’avocat dans certains cas. Ces tarifs ne permettent toutefois pas de déterminer les conditions financières propres au nouveau service.
Le recours à une plateforme reste facultatif : un passager peut également adresser directement sa réclamation à la compagnie aérienne avant d’utiliser, si nécessaire, les dispositifs de médiation ou les voies de recours disponibles.