En résumé
• Suspension des visas concerne uniquement les cartes vertes, pas les visas touristiques ou l'ESTA.• 75 pays affectés : surtout Afrique, Moyen-Orient, Caraïbes ; Europe hors de ce dispositif.
• Touristes européens peuvent toujours voyager avec l'ESTA pour des séjours de moins de 90 jours.

Depuis le 21 janvier 2026, les États-Unis ont suspendu le traitement des visas pour les ressortissants de 75 pays. L’annonce a provoqué une vague de panique sur les réseaux sociaux : peut-on encore réserver ses vacances à New York ? Faut-il annuler son road trip californien ? Respirez un grand coup. Si vous êtes touriste français ou européen, vous n’êtes pas concerné par cette suspension de visa USA. Mais attention, la situation mérite quelques explications.
Suspension des visas USA : ce qui est vraiment concerné
Commençons par dissiper le malentendu. La mesure annoncée par le Département d’État américain ne concerne que les visas d’immigrant — autrement dit, ceux qui permettent d’obtenir la fameuse carte verte et de s’installer définitivement aux États-Unis.
Les visas touristiques (B1/B2) ? Pas concernés. L’ESTA, ce précieux sésame électronique qui permet aux Français de voyager aux USA sans visa ? Toujours opérationnel. Les visas étudiants et travailleurs temporaires ? Également épargnés.
En clair, si votre projet est de passer deux semaines à arpenter les rues de Manhattan, de louer une voiture pour traverser la Californie ou d’assister à un match de NBA, rien ne change pour vous.
Les 75 pays sur la liste
Quels pays sont touchés par cette suspension ? La liste comprend principalement des nations du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie), du Moyen-Orient (Égypte, Jordanie, Liban, Irak, Iran, Syrie), d’Afrique subsaharienne (Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun, Nigeria, Ghana, RDC, Éthiopie) et des Caraïbes (Haïti, Jamaïque, Cuba).
On y trouve aussi la Russie, la Biélorussie, le Pakistan, le Bangladesh, la Thaïlande, le Brésil ou encore la Colombie. En revanche, la France et l’ensemble des pays de l’espace Schengen ne figurent pas sur cette liste.
Le motif officiel ? Selon le Département d’État, les immigrants de ces pays “prélèveraient des aides sociales sur le peuple américain à des taux inacceptables”. Une justification controversée, dans un contexte de politique migratoire particulièrement restrictive.
Ce que ça change pour les voyageurs francophones
Si vous êtes Français, Belge, Suisse ou Luxembourgeois : dormez tranquille. L’ESTA reste votre meilleur ami pour tout séjour de moins de 90 jours. Le formulaire se remplit en ligne sur le site officiel, coûte désormais 40 $ depuis septembre 2025, et la réponse arrive généralement en quelques minutes (comptez 72 heures maximum par prudence). Validité : 2 ans.
Attention aux arnaques : de nombreux sites non-officiels proposent de “faire l’ESTA à votre place” en facturant deux à trois fois le prix. Passez uniquement par le site gouvernemental (esta.cbp.dhs.gov).
Si vous êtes Marocain, Algérien ou Tunisien : la suspension ne concerne que les demandes de carte verte. Vous pouvez toujours demander un visa touristique B1/B2 classique auprès de l’ambassade américaine. C’est plus long et plus contraignant qu’un ESTA, mais c’est possible.
Si vous avez la double nationalité : privilégiez votre passeport français ou européen pour voyager. C’est le document présenté à l’entrée sur le territoire américain qui compte.
Coupe du Monde 2026 : les supporters peuvent souffler
Avec le Mondial de football qui se profile (11 juin – 19 juillet 2026), la question des visas inquiétait légitimement. Bonne nouvelle : les autorités américaines et la FIFA ont confirmé que les visas liés à l’événement ne sont pas affectés.
Les supporters français utilisant l’ESTA n’auront aucun problème pour encourager les Bleus lors de leurs matchs de poule à New York, Philadelphie et Boston. Pour les supporters marocains ou sénégalais — dont les équipes nationales participent également —, les visas touristiques B1/B2 restent accessibles. Seul conseil : anticiper les demandes, car les délais de traitement pourraient s’allonger avec l’afflux de dossiers.
D’ailleurs, l’administration Trump avait déjà annoncé des mesures facilitant les visas pour les supporters du Mondial.
Comment s’y rendre depuis les grandes villes françaises
Pour les voyageurs partant de Paris, les options ne manquent pas. Air France, Delta, United et American Airlines assurent plusieurs vols quotidiens vers New York JFK, avec des tarifs à partir de 450 € aller-retour en ce moment. Comptez environ 8h15 de vol. Et bonne nouvelle : les prix des billets transatlantiques ont tendance à baisser.
Depuis Nice, United Airlines propose cet été des vols directs vers New York-Newark (quotidien) et Washington (4 fois par semaine) — une aubaine pour les voyageurs du Sud qui n’auront pas à transiter par Paris.
Depuis Lyon, Marseille ou Bordeaux, une correspondance à Paris ou via un hub européen (Amsterdam, Londres) reste la norme. Les tarifs oscillent généralement entre 500 et 700 € selon la saison.
Et avec un dollar qui reste favorable aux Européens, c’est peut-être le bon moment pour vivre l’American Dream sans se ruiner. D’ailleurs, les Européens délaissent New York pour l’Amérique rurale — une tendance à explorer pour sortir des sentiers battus.
Suspension des visas USA 2026 : pas de panique
En résumé : si vous êtes touriste européen avec un ESTA valide, cette mesure de suspension des visas USA ne vous concerne absolument pas. Vos vacances américaines peuvent se planifier sereinement.
La confusion vient du mot “visa”, utilisé de manière générique alors qu’il existe des dizaines de catégories différentes. Visa d’immigrant pour s’installer, visa de travail, visa étudiant, visa touriste, ESTA… Chacun a ses règles. Et dans ce cas précis, seule l’immigration permanente est gelée.
Pour les ressortissants des 75 pays concernés souhaitant obtenir une carte verte, en revanche, la situation est préoccupante : aucune date de fin n’a été annoncée, et des milliers de familles se retrouvent dans l’incertitude.
Vous prévoyez un voyage aux États-Unis cette année ? N’oubliez pas de faire votre demande d’ESTA au moins 72 heures avant le départ sur esta.cbp.dhs.gov, et gardez un œil sur l’actualité des formalités. Les règles peuvent évoluer vite.