Asturies : l’Espagne sauvage aux 200 plages désertes et au cidre classé à l’UNESCO enfin accessible

Vincent Mabire - Il y a 3 heures

En résumé

• Les Asturies offrent plages désertes et paysages sauvages entre océan et montagnes.

• La région est célèbre pour son cidre inscrit au patrimoine de l'UNESCO et sa gastronomie locale.

• Accessible en moins de 2 h depuis Paris, c'est un secret d'Espagne loin du tourisme de masse.

    L’air sent le sel et l’herbe mouillée. Devant, l’Atlantique fracasse ses vagues contre des falaises découpées comme de la dentelle. Derrière, des sommets enneigés percent un ciel chargé de nuages. Bienvenue aux Asturies, cette Espagne sauvage coincée entre océan et montagnes, où plus de 200 plages restent quasi désertes et où l’on verse encore le cidre de haut dans des tavernes centenaires. Le tout à moins de deux heures de vol de Paris-Orly.

    Pourquoi les Asturies restent un secret aussi bien gardé

    Quand on pense Espagne, on imagine Barcelone, la Costa del Sol ou les Baléares. Les Asturies ne correspondent à aucun de ces clichés. Ici, pas de chaleur écrasante ni de plages bondées de la Méditerranée : le climat est vert, océanique, presque breton par moments. Les falaises plongent dans des eaux turquoise, les prairies descendent jusqu’à l’écume, et les villages de pierre semblent oubliés du temps.

    La région porte le label officiel “Paraíso Natural” depuis 1985, et a célébré ses 40 ans en décembre 2025 avec une cérémonie à la Laboral Ciudad de la Cultura de Gijón. Avec environ un million d’habitants, les Asturies accueillent une fraction du tourisme de la Catalogne ou des Canaries. Le tourisme intérieur espagnol y est fort, mais les voyageurs internationaux ignorent largement la destination. Tant mieux pour ceux qui la découvrent.

    Des plages sauvages parmi les plus belles d’Europe

    Le littoral cantabrique asturien aligne plus de 200 plages, la plupart accessibles uniquement à pied ou par des chemins escarpés. Ce qui frappe d’abord, c’est le silence. Pas de parasol à louer, pas de bar à cocktails, juste le ressac et le vent. Un contraste saisissant avec les plages bondées du sud de l’Espagne.

    La Playa de Gulpiyuri est sans doute la plus singulière : une plage intérieure, nichée au milieu d’un pré, où la mer s’engouffre sous les falaises pour former une crique naturelle à ciel ouvert. Classée monument naturel depuis 2001, elle ressemble à un caprice géologique que personne n’aurait osé inventer.

    La Playa del Silencio, elle, porte bien son nom. Des falaises de quartzite dramatiques encadrent une anse d’eaux turquoise, sans la moindre construction à l’horizon. On la compare souvent aux fjords norvégiens, sauf qu’ici l’eau est (un peu) plus accueillante. Et pour les plus aventuriers, la Playa de Torimbia, en forme de coquillage, ne se mérite qu’après un sentier de 15 minutes à flanc de colline.

    Voir sur Instagram

    Cidre classé à l’UNESCO, fabada et cachopo : une gastronomie qui vaut le détour

    Impossible de parler des Asturies sans évoquer la sidra. En décembre 2024, la culture cidrière asturienne a été inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO, une reconnaissance qui confirme ce que les locaux savaient déjà : le cidre ici est bien plus qu’une boisson, c’est un art de vivre.

    Dans les sidrerías d’Oviedo ou de Gijón, le rituel est immuable : le serveur lève la bouteille au-dessus de sa tête et verse le cidre naturel dans un verre tenu au niveau de la hanche. Ce geste, l’escanciado, aère le cidre pour libérer ses arômes. On boit debout, on commande un “culín” (une gorgée), on en reprend un autre. La région produit environ 40 millions de litres de cidre par an (80 % de la production espagnole), et 90 % sont consommés sur place.

    La Calle Gascona à Oviedo est le temple de ce rituel : une rue entière bordée de sidrerías traditionnelles où l’on accompagne le cidre d’une fabada asturiana (le ragoût de haricots blancs au chorizo et à la morcilla) ou d’un cachopo, cette escalope panée géante farcie au jambon et au fromage devenue culte dans toute la péninsule. Comptez 12 à 18 euros pour un menu complet avec cidre à volonté dans la plupart des sidrerías.

    @turismoasturias

    En el Día Mundial de la Sidra imprescindible saber por qué, en Asturias, se escancia la sidra 😀 DíaMundialdelaSidra #asturiastiktok #asturiasparaisonatural #sidra españa

    ♬ sonido original – Turismo Asturias – Turismo Asturias

    Randonnées face à l’océan et sommets des Picos de Europa

    À peine quitte-t-on la côte que les sommets surgissent. Le Parc national des Picos de Europa, élu parmi les meilleurs parcs d’Europe, est aussi le plus ancien d’Espagne (créé en 1918). Il offre certains des treks les plus spectaculaires du continent.

    La Ruta del Cares, 22 kilomètres taillés dans la roche au coeur des gorges, est un classique : le sentier longe le canyon à flanc de falaise, entre parois vertigineuses et ponts suspendus au-dessus du vide. Attention : suite à un glissement de terrain fin 2025, le sentier reste partiellement fermé sur environ 2 km depuis Cain. Vérifiez l’état du parcours sur AllTrails avant de partir.

    Plus accessibles, les Lagos de Covadonga (deux lacs glaciaires perchés à 1 000 metres d’altitude) se rejoignent en voiture ou à pied, dans un décor de carte postale qui change de couleur à chaque saison. Et pour les randonneurs chevronnés, le Naranjo de Bulnes culmine à 2 519 metres, sommet mythique des Picos dont la silhouette orange se découpe contre le ciel comme un défi lancé aux grimpeurs.

    Voir sur Instagram

    Comment s’y rendre depuis la France

    Pour les voyageurs partant de Paris, Vueling et Volotea proposent des vols directs depuis Orly vers l’aéroport d’Oviedo (OVD) en environ 1h45, avec des billets à partir de 27 euros l’aller simple. Attention : aucun vol direct n’est disponible depuis Roissy-CDG.

    Depuis Lyon, Marseille ou Bordeaux, il n’existe pas de vol direct : il faut passer par Madrid ou Barcelone puis prendre un vol intérieur ou un train RENFE vers Oviedo ou Gijón (environ 4h30 depuis Madrid en train). En revanche, les amateurs de road trip noteront qu’environ 10 heures de route depuis Bordeaux via Bilbao et la côte cantabrique offrent un itinéraire spectaculaire le long de la corniche espagnole.

    Sur place, la location de voiture est vivement recommandée pour explorer les plages et villages reculés (à partir de 20 euros/jour). Le bus ALSA relie l’aéroport à Oviedo en 45 minutes pour environ 8 euros.

    L’anti-Barcelone dont on ne veut plus repartir

    Les Asturies offrent tout ce qu’on cherche en Espagne (nature, gastronomie, culture) sans les foules ni les prix gonflés. La meilleure période : juin et septembre, pour profiter du beau temps tout en évitant les quelques touristes espagnols qui arrivent en août. Alors que l’Espagne vient de dépasser les 97 millions de visiteurs, cette région reste un angle mort sur la carte du tourisme de masse. Ce coin secret d’Espagne ne le restera peut-être plus très longtemps.

    On repart avec, au fond des yeux, ces teintes impossibles de vert et de bleu, cette odeur de cidre et de sel mêlés, le souvenir d’un cachopo démesuré partagé dans une ruelle d’Oviedo. Un de ces endroits où l’on pose ses valises pour trois jours et où l’on rêve de rester un mois. Et si c’était le moment de troquer la Costa del Sol pour la Costa Verde ?

    Vincent Mabire
    Publié le 24 février 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Nos thèmes