L’Espagne n’a jamais été aussi proche de dépasser la France : les chiffres qui font trembler Paris

Anna Duplantis - Il y a 2 heures

En résumé

• L'Espagne s'approche de détrôner la France comme première destination touristique mondiale.

• L'Espagne génère presque deux fois plus de recettes touristiques que la France.

• L'Espagne fait face à des tensions dues au surtourisme, ce qui pourrait freiner sa croissance.

Et si la France perdait bientôt son titre de première destination touristique mondiale ? Avec 97 millions de visiteurs accueillis en 2025, un record absolu, l’Espagne n’a jamais été aussi proche de détrôner l’Hexagone. La France conserve certes sa couronne avec 105 millions de touristes, mais l’écart se resserre dangereusement.

Plus inquiétant encore pour Paris : Madrid génère presque deux fois plus de recettes avec ses visiteurs. Alors, faut-il s’inquiéter pour le leadership français ? Et surtout, qu’est-ce que ça change concrètement pour vos prochaines vacances ?

Des chiffres qui font trembler Paris

Les données publiées par le ministère espagnol du Tourisme sont sans appel. En 2025, l’Espagne a franchi le cap historique des 97 millions de visiteurs internationaux, soit une progression de 3,19 % par rapport à 2024. Mais c’est du côté des recettes économiques que le fossé se creuse vraiment.

Selon L’Écho touristique, l’Espagne a engrangé 135 milliards d’euros de revenus touristiques en 2025, contre seulement 71 milliards pour la France. Autrement dit : chaque touriste dépense en moyenne 1 300 € en Espagne, contre 700 € en France. Un écart colossal qui s’explique par une stratégie espagnole axée sur la montée en gamme et des séjours plus longs.

Le tourisme représente désormais 12,6 % du PIB espagnol et emploie 2,75 millions de personnes. En France, ce chiffre plafonne à 8 %. Selon un rapport d’Alvarez & Marsal cité par Le Petit Journal, l’Espagne pourrait atteindre 130 millions de touristes d’ici 2050, contre 125 millions pour la France, à condition toutefois que les tensions liées au surtourisme ne freinent pas cette croissance.

Pourquoi l’Espagne séduit (et fait dépenser) plus

Comment expliquer ce succès fulgurant du tourisme espagnol ? Plusieurs facteurs se combinent pour attirer, et surtout retenir, les visiteurs.

D’abord, une capacité hôtelière supérieure et récemment rénovée. L’Espagne a massivement investi ces dernières années dans la modernisation de son parc hôtelier, avec une montée en gamme assumée. Résultat : les touristes restent plus longtemps et dépensent davantage. Un hôtel 4 étoiles à Barcelone affiche en moyenne 120-180 € la nuit, contre 180-250 € à Paris pour une qualité comparable.

Ensuite, des prix globalement plus compétitifs. Selon Combien-coute.net, le coût de la vie en Espagne reste 19 % moins élevé qu’en France. Un repas dans un restaurant de gamme moyenne coûte 12-18 € en Espagne, contre 15-25 € en France. Les établissements haut de gamme peuvent afficher des tarifs jusqu’à 40 % inférieurs à leurs équivalents français.

Enfin, la diversité de l’offre espagnole séduit des profils variés : plages paradisiaques de la Costa del Sol, patrimoine culturel exceptionnel (Alhambra, Sagrada Familia), gastronomie réputée et vie nocturne animée. Un cocktail gagnant face à une France parfois perçue comme plus élitiste et moins accessible financièrement.

Si vous cherchez des destinations espagnoles authentiques et préservées, découvrez la prochaine grande destination d’Espagne à visiter avant qu’elle ne soit prise d’assaut.

Le talon d’Achille : quand le succès devient problème

Mais ce triomphe touristique a un prix élevé. L’Espagne fait face à une vague de contestation sans précédent contre le surtourisme.

Le 27 avril 2025, des manifestants ont aspergé des touristes avec des pistolets à eau devant la Sagrada Familia à Barcelone, brandissant la banderole « Apaguemos el fuego turístico » (Éteignons l’incendie touristique). Quelques semaines plus tard, le 15 juin 2025, des manifestations coordonnées ont eu lieu simultanément dans plus de 40 villes espagnoles, de Barcelone aux Canaries en passant par Majorque et Valence.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon The Conversation, 31 % des habitants de Barcelone considèrent désormais le tourisme comme nuisible pour leur qualité de vie, un record historique. Les loyers ont bondi de 68 % en dix ans dans la capitale catalane, et les prix immobiliers de 38 %.

Face à cette grogne populaire croissante, les autorités réagissent. Barcelone a annoncé le non-renouvellement de 10 000 licences Airbnb d’ici 2028 et la fin totale des locations touristiques en 2029. La taxe de séjour va doubler progressivement, et une taxe de 100 % sur les achats immobiliers par des non-Européens est actuellement à l’étude.

Pour comprendre comment d’autres destinations gèrent le surtourisme, consultez notre article sur Venise, Santorin et Majorque sans surtourisme.

Ce que ça change concrètement pour vos vacances 2026

Alors, comment ces évolutions impactent-elles concrètement vos projets de vacances ?

Si vous partez en Espagne : préparez-vous à des tensions potentielles dans les destinations les plus populaires. Les Barcelonais, Majorquins et Canariens expriment de plus en plus ouvertement leur ras-le-bol. Cependant, les tarifs restent attractifs, surtout si vous évitez les zones saturées. Budget estimé pour une semaine (2 personnes) : 1 200-1 800 € tout compris (hors vol) dans les régions secondaires, 2 000-2 800 € dans les zones premium comme Barcelone.

Si vous restez en France : vous éviterez ces tensions sociales, mais les prix sont sensiblement plus élevés. L’expérience sera généralement plus apaisée, même si certaines régions comme la Côte d’Azur connaissent aussi des pics de fréquentation estivale. Budget estimé pour une semaine (2 personnes) : 1 800-2 500 € tout compris (hors transport) en région, 3 000-4 000 € sur la Côte d’Azur ou à Paris.

Notre conseil d’expert : privilégiez les destinations espagnoles moins saturées et découvertes plus tardivement par le tourisme de masse. Les Asturies (nord), l’Estrémadure (centre-ouest) ou l’Aragon (nord-est) offrent des paysages magnifiques, une authenticité préservée et des prix encore plus doux, 30 à 50 % moins chers que les destinations mainstream, tout en évitant les tensions du tourisme de masse.

Découvrez également 5 villes côtières espagnoles exceptionnelles que les Français réservent en nombre cet été.

Comment choisir entre France et Espagne en 2026

Vous hésitez encore entre les deux destinations pour vos prochaines vacances ? Voici un comparatif détaillé pour vous aider à trancher :

Budget serré ? Avantage Espagne. L’hébergement coûte 20 à 40 % moins cher, la restauration est plus abordable (30 % d’économie en moyenne), et les activités touristiques affichent des tarifs plus compétitifs.

Recherche d’authenticité et de tranquillité ? Avantage France. Moins de tensions anti-tourisme dans la plupart des régions, une expérience généralement plus sereine, et un patrimoine préservé accessible sans foule excessive en dehors des pics estivaux (juillet-août).

Plages et soleil garanti ? Avantage Espagne. Des infrastructures balnéaires de premier ordre, un climat méditerranéen plus généreux avec 300 jours de soleil par an en moyenne, et une température de l’eau plus chaude (24-26°C l’été contre 20-22°C sur la Méditerranée française).

Culture et patrimoine ? Match nul stratégique. Les deux pays regorgent de trésors historiques et culturels. Musées parisiens contre architecture andalouse, châteaux de la Loire contre palais de l’Alhambra, villages provençaux contre pueblos blancos, impossible de trancher objectivement !

Meilleure période ? Pour l’Espagne : mai-juin et septembre-octobre (évitez juillet-août : trop chaud et trop de monde). Pour la France : mai-juin et septembre (climat idéal et tarifs plus doux).

Si vous optez pour la France, explorez notre sélection du Top 5 des destinations pour un séjour romantique.

Comment s’y rendre depuis les grandes villes françaises

L’Espagne est particulièrement accessible depuis la France, avec de nombreuses options de transport adaptées à tous les budgets :

Depuis Paris : vols directs vers Madrid (2h15), Barcelone (1h50) ou Séville (2h20) avec Air France, Vueling ou Iberia. Comptez entre 50 € et 150 € l’aller simple selon la saison et l’anticipation de réservation. Distance : 1 050 km vers Madrid, 830 km vers Barcelone.

Depuis Lyon : Barcelone est à 1h20 de vol ou 5h en voiture via l’A9 (520 km). Des liaisons directes low-cost vers Madrid (1h40) et Valence (1h15) existent aussi avec Ryanair et easyJet dès 39 € l’aller.

Depuis Toulouse : Barcelone n’est qu’à 3h30 de route par l’A61 et l’A9 (390 km). Une option économique pour les séjours en Catalogne, surtout en famille avec une voiture chargée.

Depuis Bordeaux : Madrid est accessible en vol direct (1h40) ou en voiture via le Pays basque espagnol (5h, 630 km). Comptez 45-120 € en vol low-cost selon la période.

En train : Le TGV relie Paris à Barcelone en 6h30 environ, avec des tarifs à partir de 59 € sur Renfe-SNCF en Coopération si vous réservez 2-3 mois à l’avance. Confortable et écologique, idéal pour éviter les contraintes aériennes.

La France peut-elle garder sa couronne touristique ?

Le paradoxe est fascinant et révélateur : le surtourisme qui frappe actuellement l’Espagne pourrait finalement préserver le leadership français en termes de volume. Si Madrid doit freiner sa croissance pour apaiser les tensions sociales grandissantes, Paris pourrait conserver son titre de première destination mondiale par défaut, une victoire bien involontaire.

Mais la bataille économique est d’ores et déjà perdue : l’Espagne génère presque deux fois plus de revenus par touriste que la France. L’Hexagone doit impérativement repenser sa stratégie de monétisation, elle vise d’ailleurs ambitieusement 100 milliards d’euros de recettes à l’horizon 2030, ce qui nécessiterait une augmentation de 40 % par rapport à 2025.

La question stratégique devient donc : vaut-il mieux accueillir le plus grand nombre de touristes, ou optimiser les revenus par visiteur ? L’Espagne a clairement choisi la deuxième voie avec succès.

Verdict : quelle destination pour vous en 2026 ?

Et vous, préférez-vous la France « élitiste » mais apaisée, ou l’Espagne « populaire » mais plus tendue pour vos prochaines vacances ?

Une chose est certaine : ce duel au sommet du tourisme mondial ne fait que commencer. Les deux pays vont devoir composer avec un défi commun, gérer les flux touristiques sans épuiser les ressources locales ni exaspérer les populations résidentes.

Pour 2026, le conseil reste simple : anticipez vos réservations (les prix grimpent de 30 % entre janvier et mai), explorez les régions secondaires plutôt que les hotspots saturés, et voyagez hors saison si votre emploi du temps le permet (mai-juin ou septembre-octobre). Quelle que soit votre destination finale, cette année s’annonce passionnante pour les voyageurs avisés.

Anna Duplantis
Publié le 9 février 2026

Pilote de la communication chez Ulysse, je partage ici l’actualité du voyage et les tendances du moment. Hâte d’échanger avec vous en commentaires, Anna.

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