Air France double encore sa surcharge carburant en avril : +100 euros aller-retour en éco long-courrier

Vincent Mabire - Il y a 5 heures

En résumé

• Air France ajoute 50€ de surcharge carburant, totalisant 100€ AR sur long-courrier économique.
• Le kérosène flambe suite à des tensions géopolitiques, augmentant les coûts des compagnies.
• Réserver tôt et comparer les options peut atténuer l'impact des hausses tarifaires d'été.

    Cinq semaines après une première hausse de 50 euros, Air France remet le couvert. La compagnie applique depuis début avril une surcharge carburant supplémentaire de 50 euros par aller-retour en classe économique long-courrier, portant le total à 100 euros de plus par rapport au tarif d’avant-crise. Sur un Paris-Montréal, la seule taxe YR atteint désormais 319 euros. Notre article de mars détaillait déjà la première vague : voici ce qui a changé depuis.

    Ce qui change en avril

    La mécanique est simple : deux hausses en cinq semaines. Le 11 mars, Air France avait relevé sa surcharge de 25 euros par trajet (50 euros AR) sur les vols long-courriers en éco et premium éco. Début avril, la compagnie ajoute 50 euros supplémentaires, selon Air Journal.

    Le court et moyen-courrier n’est pas épargné, avec une majoration de 10 euros AR. Même traitement pour Transavia, la filiale low-cost du groupe, qui applique une hausse moyenne de 10 euros AR sur l’ensemble de son réseau. KLM, partenaire au sein d’Air France-KLM, suit la même grille tarifaire.

    Concrètement, un voyageur qui réserve aujourd’hui un Paris-Montréal paie 319 euros de taxe YR avant même d’avoir vu le prix du billet affiché. C’est 100 euros de plus qu’en février.

    Pourquoi le kérosène flambe autant

    Le déclencheur est connu : les frappes contre l’Iran lancées le 28 février ont provoqué la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial et près de 50 % des importations européennes de carburant aviation.

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le kérosène est passé de 830 dollars la tonne à plus de 1 900 dollars, soit un bond de 130 % en quelques semaines. Le carburant, qui pesait 25 % des coûts d’exploitation d’une compagnie aérienne, en représente désormais 40 à 45 %, selon Econostrum.

    Pascal de Izaguirre, PDG de Corsair et président de la FNAM, résume la situation : « Les hausses tarifaires se généralisent et sont inévitables. » L’ACI Europe alerte de son côté sur un risque de pénurie systémique si le détroit n’est pas rouvert dans les trois semaines. Notre mise à jour sur la pénurie détaille les compagnies les plus exposées.

    Air France-KLM est-il le plus cher ? Comparatif des surcharges

    Air France n’est pas seul à augmenter ses tarifs. Mais le groupe franco-néerlandais figure parmi les plus agressifs sur les surcharges formelles. Voici comment la surcharge carburant Air France avril 2026 se positionne face à la concurrence.

    CompagnieSurcharge long-courrier (AR, éco)Stratégie
    Air France-KLM+100 €Deux hausses en 5 semaines
    Cathay Pacific+34 % (62 → 129 € HK-Europe)Révision tous les 15 jours
    Air India+50 à 280 $ selon la destinationHausse par paliers géographiques
    China Airlines / EVA Air+157 % sur l’internationalEntrée en vigueur le 7 avril
    SASPas de surcharge formelle1 000 vols annulés en avril

    Un élément mérite attention : Air France-KLM a couvert 87 % de sa consommation de kérosène au premier semestre 2026 à prix fixe, grâce à sa politique de hedging. La couverture descend ensuite à 70 % au T2, 60 % au T3 et 47 % au T4, selon les données publiées par le groupe. La surcharge facturée aux passagers pourrait donc dépasser le surcoût réellement supporté par la compagnie sur les prochains mois, un point que peu de médias relèvent. Notre classement des compagnies les mieux couvertes détaille les stratégies de hedging de chaque opérateur.

    Comment limiter la facture cet été

    Willie Walsh, directeur général de l’IATA, a confirmé le 20 mars que la hausse des billets d’avion pour l’été 2026 sera « inévitable », avec des tarifs attendus 20 à 40 % plus élevés qu’en 2025. Quelques leviers restent à disposition des voyageurs.

    Réserver maintenant permet de figer le tarif avant une éventuelle troisième vague de surcharges. Les prix sont recalculés à chaque nouvelle application, et un billet acheté aujourd’hui n’est pas rétroactivement surtaxé.

    Jouer sur la flexibilité des dates reste efficace : décaler un départ de 2 à 3 jours peut réduire la facture de 30 à 50 euros par billet, selon les comparateurs.

    Comparer les modèles tarifaires entre compagnies a aussi son importance. Ryanair et certaines low-cost n’appliquent pas de surcharge YR formelle (le coût du carburant est intégré directement dans le prix du billet). Pour le court-courrier européen, le train reste une alternative sans surcharge carburant, à prix stables.

    Utiliser les miles Flying Blue peut réduire la facture, mais avec une nuance : les taxes et surcharges restent payables en euros, même sur un billet prime. En revanche, certaines compagnies partenaires du programme, comme Air Europa vers l’Amérique du Sud, n’appliquent quasiment aucune surcharge carburant sur les billets miles.

    Pour les voyageurs réguliers vers le Maghreb, la comparaison entre Air France, Transavia et les compagnies nationales (Royal Air Maroc, Air Algérie, Tunisair) devient plus pertinente que jamais : les surcharges varient fortement d’un opérateur à l’autre sur les routes France-Afrique du Nord. Notre comparatif Tunisie vs Maroc chiffre les écarts sur les principales liaisons estivales.

    Une évolution à surveiller de près dans les semaines à venir, alors que la saison estivale approche et que la situation au détroit d’Ormuz reste instable. Notre guide anti-crise kérosène compile l’ensemble des stratégies pour réduire l’impact sur votre budget voyage.

    Vincent Mabire
    Publié le 14 avril 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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