Bagage cabine 7 kg gratuit sur les vols intérieurs : Ryanair et EasyJet menacent de hausser les prix

Vincent Mabire - Il y a 3 heures

En résumé

• Le Parlement européen impose deux bagages gratuits sur tous les vols de l'UE.

• Les compagnies low-cost préviennent d'une hausse des prix si cette règle est adoptée.

• La décision finale dépend du Conseil de l'UE, aucune application prévue avant 2027.

    Un Paris-Marseille en Transavia ou un Paris-Bastia en EasyJet avec un bagage cabine de 7 kg inclus dans le prix : c’est ce que veut imposer le Parlement européen, y compris sur les vols intérieurs français. Trois mois après le vote, les compagnies low-cost passent à l’offensive. Leur message est simple : si la mesure s’applique telle quelle, le prix des billets grimpera pour tout le monde, y compris pour ceux qui voyagent sans valise.

    Ce que prévoit précisément le texte européen pour les vols intérieurs

    Le Parlement européen a adopté le texte le 21 janvier 2026 par 632 voix pour, 15 contre et 9 abstentions. La proposition impose deux bagages gratuits sur tous les vols opérés dans l’Union européenne : un accessoire personnel limité à 40 x 30 x 15 cm et un bagage cabine de 7 kg maximum, avec une somme des dimensions inférieure ou égale à 100 cm. Le détail du nouveau standard 40x30x15 imposé par l’Europe reste la référence à ce jour.

    Point clé pour les voyageurs français : la mesure concerne aussi les liaisons domestiques. Paris-Nice, Paris-Toulouse, Paris-Marseille, Paris-Bordeaux, les navettes continent-Corse entrent toutes dans le périmètre. Sur ces lignes, quatre compagnies low-cost sont directement visées : Transavia (filiale d’Air France-KLM), EasyJet, Ryanair et Volotea. Chacune applique aujourd’hui une politique bagage cabine payante au-delà de l’accessoire personnel, avec des suppléments qui oscillent entre 6 et 75 euros selon le moment d’achat, et jusqu’à 60 euros en ajout tardif chez Ryanair.

    L’argument choc des low-cost : “tout le monde paiera plus cher”

    Airlines for Europe (A4E), qui regroupe 17 groupes aériens et représente plus de 70 % du trafic européen, mène la fronde. Kenton Jarvis, directeur général d’EasyJet, a qualifié publiquement la proposition de “lunatic idea” et de “terrible for the consumer”. Michael O’Leary, patron de Ryanair, défend une ligne similaire : imposer la gratuité obligerait les compagnies à répercuter le coût sur le prix de base du billet.

    L’argument repose sur le modèle économique du low-cost. Les frais annexes, bagages, sièges réservés, embarquement prioritaire, représentent jusqu’à 20 % du chiffre d’affaires de ces compagnies. Les priver d’une part significative de ces revenus sans compensation les pousserait, selon A4E, à relever le tarif plancher. La menace est assumée : la hausse s’appliquerait à tous les passagers, y compris ceux qui voyagent léger et n’ont pas besoin du bagage cabine inclus. Le bras de fer rappelle l’épisode de février, quand les compagnies avaient déjà résisté au vote du Parlement européen.

    Vols intérieurs : un cas particulièrement sensible

    Le marché domestique français est déjà sous tension. Hausse de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA), concurrence du TGV sur les axes majeurs, pression climatique : les compagnies low-cost défendent leurs marges ligne par ligne. Sur les courts trajets comme Paris-Nice, Paris-Toulouse ou les navettes vers la Corse, la majorité des passagers voyage sans bagage en soute. Le bagage cabine est devenu le produit différenciant, celui sur lequel se joue la bataille commerciale.

    Transavia, qui monte en puissance sur le réseau domestique repris à Air France, figure parmi les compagnies les plus exposées. Depuis le 29 mars, la filiale d’Air France-KLM opère 28 vols quotidiens au départ d’Orly vers Nice, Toulouse et Marseille, avec des tarifs d’appel dès 38 euros. Sa stratégie commerciale repose précisément sur ces prix de départ bas, assortis d’options payantes à la carte. Volotea, qui exploite une trentaine de lignes transversales françaises (Nantes-Ajaccio, Lyon-Bastia, Bordeaux-Nice), fonctionne sur le même modèle. Sur ces liaisons où la concurrence se joue parfois à 5 ou 10 euros près, une refonte de la politique bagage pourrait rebattre les cartes du tarif plancher.

    Qui va vraiment décider, et quand ?

    Le vote du Parlement ne suffit pas. Pour entrer en vigueur, le texte doit être validé par le Conseil de l’Union européenne, qui réunit les 27 États membres. Et c’est là que le dossier patine. En avril 2026, les négociations restent bloquées. Plusieurs gouvernements, sensibles au lobbying d’A4E, demandent des aménagements, voire l’exclusion pure et simple des vols domestiques du périmètre.

    Calendrier réaliste : aucune application avant 2027 au plus tôt, probablement plus tard. La prochaine réunion du Conseil Transports est attendue au printemps, mais rien n’indique qu’un compromis soit prêt. En attendant, aucune compagnie n’a modifié ses conditions générales. Les règles actuelles, supplément bagage cabine payant chez Ryanair, EasyJet, Transavia et Volotea, restent en vigueur pour toute la saison estivale 2026.

    Ce que ça change (ou pas) pour votre prochain vol intérieur

    Pour l’été 2026, rien ne bouge. Un passager qui embarque sur un Paris-Ajaccio en EasyJet ou un Paris-Toulouse en Transavia avec une valise cabine de 10 kg devra prévoir le supplément habituel. Le réflexe reste le même : acheter l’option bagage au moment de la réservation, où le tarif est 2 à 3 fois moins cher qu’en ajout tardif à l’aéroport. Pour comparer ligne par ligne les politiques en vigueur, notre comparatif bagages cabine 2026 compagnie par compagnie détaille les tarifs actuels.

    Au-delà, trois scénarios se dessinent. Si le Conseil valide le texte en l’état, le bagage cabine de 7 kg deviendra gratuit, mais le tarif de base sera vraisemblablement révisé à la hausse par les compagnies low-cost. Un compromis reste possible : limitation du poids à 5 kg, ou exclusion des vols domestiques du dispositif, au profit des seules liaisons internationales intra-UE. Troisième hypothèse, un blocage durable au Conseil, qui maintiendrait le statu quo actuel et laisserait chaque compagnie libre de sa politique bagage.

    À suivre : la position française au Conseil Transports, attendue dans les prochaines semaines, qui pèsera sur l’équilibre final du texte.

    Vincent Mabire
    Publié le 18 avril 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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