En résumé
• Transavia reprend les vols Air France d'Orly dès le 29 mars 2026 avec 28 vols inauguraux.• Tarifs attractifs, mais moins de fréquences vers Marseille. Salon Transavia pas encore prêt.
• Intégration Flying Blue maintenue, mais absence de classe affaires chez Transavia.
Dimanche 29 mars 2026, Transavia a opéré ses 28 premiers vols au départ de Paris-Orly vers Nice, Toulouse et Marseille. Coupé de ruban, biscuits offerts aux passagers, cérémonies simultanées dans quatre aéroports. Derrière la fête, une question concrète : qu’est-ce qui change réellement pour les millions de voyageurs qui empruntent ces lignes chaque année ?
Ce qui a changé concrètement le 29 mars
Air France a opéré ses derniers vols depuis Orly le samedi 28 mars — le tout dernier, le vol AF0642 vers La Réunion à 21h, suivi de l’ultime arrivée AF6231 en provenance de Nice à 21h55. C’est la fin de 80 ans de présence dans l’aéroport du sud parisien. Dès le lendemain, Transavia a pris le relais avec 28 vols inauguraux vers les trois principales destinations domestiques.
La compagnie low-cost du groupe Air France-KLM a déployé 11 Airbus A320neo positionnés à Orly 2, porte 2C, à proximité directe de la ligne 14 du métro (centre de Paris en 25 minutes). Les inaugurations ont réuni Olivier Mazzucchelli, PDG de Transavia France, ainsi que des représentants du Groupe ADP à Orly, Nice Côte d’Azur, Toulouse-Blagnac et Marseille-Provence.
« Le succès rencontré dès cette première journée confirme la pertinence de notre positionnement, fondé sur des fréquences adaptées et une qualité de service reconnue », selon Olivier Mazzucchelli. Seul héritage d’Air France à Orly : les lignes corses (Ajaccio, Bastia), maintenues sous obligation de service public.
Fréquences et tarifs : la comparaison avant/après
Concrètement, voici ce que propose Transavia par rapport à l’offre précédente d’Air France :
Paris-Orly vers Nice : 8 vols par jour (contre environ 10 chez Air France), à partir de 38 euros en tarif Basic, environ 134 euros en tarif Max.
Paris-Orly vers Toulouse : 8 vols par jour (contre 10 chez Air France), à partir de 38 euros. Transavia vise 575 000 passagers d’ici octobre 2026, avec un objectif de remplissage de 75 à 80 %.
Paris-Orly vers Marseille : seulement 2 vols par jour, une baisse notable par rapport à l’offre d’Air France. Tarifs à partir de 45 euros.
En parallèle, Transavia maintient ses lignes existantes vers Montpellier, Biarritz, Perpignan et Toulon, portant l’offre domestique à 7 destinations depuis Orly. Au total, le réseau Transavia pour l’été 2026 compte 109 destinations, 230 routes et 33 pays.
À noter : easyJet reste un concurrent direct avec 5 à 6 vols quotidiens vers Nice et jusqu’à 6 vers Toulouse depuis Orly, avec des abonnements ciblant la clientèle premium.
L’expérience passager : premiers retours du terrain
Les premiers passagers ont bénéficié d’un accueil soigné le jour J : porte-clés et biscuits offerts, personnel souriant. « Ils nous ont bien accueillis, ils étaient très gentils », rapporte un passager à Toulouse, selon France 3 Occitanie.
Les horaires sont pensés pour les voyageurs d’affaires : deux départs matinaux permettent d’être à Paris avant 9h, avec des retours à 18h, 19h30 et 21h. Le tarif Max (134 euros) offre la modification sans frais jusqu’à une heure avant le départ, un bagage en soute inclus et le choix du siège.
L’intégration au programme Flying Blue est maintenue : accumulation et utilisation de miles, avec un minimum garanti de 500 miles par vol. Le tarif Max rapporte 2 XP sur les vols domestiques et 5 XP sur l’international. Les membres Platinum et Ultimate conservent l’accès aux salons partenaires. L’embarquement en passerelle est garanti (pas de bus sur le tarmac), un avantage concret par rapport à d’autres low-cost.
Ce qui manque encore : les points de vigilance
Plusieurs éléments méritent l’attention des voyageurs réguliers.
Le salon Transavia à Orly n’est pas prêt. Annoncé pour le printemps 2026, il ne devrait ouvrir qu’en mai, près des portes 2C. En attendant, les passagers d’affaires habitués au salon Air France perdent ce service pendant deux mois. Des salons partenaires restent accessibles à Nice, Toulouse, Marseille et Montpellier.
La baisse de fréquences sur certains axes limite la flexibilité. Avec 2 rotations quotidiennes vers Marseille (contre davantage chez Air France), les allers-retours dans la journée deviennent plus contraignants. Sur Toulouse et Nice, la perte de 2 vols quotidiens se fait aussi sentir aux heures de pointe.
Pas de classe affaires non plus : la configuration reste tout-éco. Le tarif Max apporte de la flexibilité, mais pas de confort premium. Pour les voyageurs exigeants, Air France renforce en parallèle CDG avec 12 vols par jour vers Nice et Toulouse, et 10 vers Marseille, avec classe Business et salons. Mais cela impose un changement d’aéroport pour les Parisiens du sud.
Enfin, le contexte aérien reste tendu : la France concentre jusqu’à 50 % des retards du réseau aérien européen certaines semaines, en raison du sous-effectif du contrôle aérien. Un défi supplémentaire pour la ponctualité de navettes haute fréquence.
Orly ou CDG : comment choisir selon votre profil
Voyageur loisir ou sensible au prix : Transavia à Orly reste le choix logique. Tarifs dès 38 euros, accès rapide via la ligne 14 du métro.
Voyageur d’affaires flexible : le tarif Max de Transavia à 134 euros ou l’offre easyJet Plus à Orly offrent un bon compromis entre prix et souplesse.
Voyageur d’affaires premium : Air France à CDG, avec classe Business, salons et correspondances long-courrier, reste l’option de référence.
Voyageur vers la Corse : rien ne change, Air France maintient ses lignes Ajaccio et Bastia depuis Orly sous obligation de service public.
Ce qu’il faut retenir
Le Transavia Orly bilan de cette première journée est encourageant : 28 vols opérés, tarifs attractifs et intégration Flying Blue fonctionnelle. La compagnie coche les cases essentielles : fréquences solides vers Nice et Toulouse, embarquement en passerelle, miles garantis.
Les points de friction restent la baisse de fréquences sur Marseille, l’absence temporaire du salon jusqu’en mai et le manque de classe affaires. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer la ponctualité et le taux de remplissage réels. À suivre : l’ouverture du salon Transavia à Orly, attendue en mai 2026.