Ils dénoncent un “cadeau” à Air France, les compagnies aériennes s’opposent au plan des aéroports parisiens

Luc Rongier - Il y a 2 heures

En résumé

• Le CRE 2027-2034 prévoit une hausse des redevances passagers chez ADP.
• Le Scara juge l’accord déséquilibré et favorable à Air France/CDG.
• Le syndicat craint un coût accru pour les lignes domestiques et ultramarines.

    Le projet de contrat de régulation économique (CRE) pour la période 2027-2034, annoncé la semaine dernière entre l’État et Aéroports de Paris (ADP), prévoit une augmentation des redevances passagers. Le Syndicat des compagnies aériennes autonomes (Scara), qui représente notamment Air Caraïbes, Air Antilles et Air Austral, a contesté cet accord. Il estime que ses adhérents sont mis à contribution pour financer une stratégie qui bénéficie à Air France.

    Le Syndicat des compagnies aériennes autonomes (Scara) a contesté l’accord entre l’État et Aéroports de Paris (ADP) le lundi 3 août 2026. Les compagnies adhérentes, qui opèrent principalement sur les lignes court et moyen-courrier ainsi que sur les liaisons ultramarines, estiment que cette augmentation des redevances pénalise leurs activités.

    Le Scara dénonce une stratégie qui bénéficiera à Air France en attirant les lignes internationales à Roissy-Charles de Gaulle. L’objectif affiché est de faire de cette plateforme un hub de correspondances apte à rivaliser avec les grandes plateformes internationales. Le syndicat estime ne pas avoir à financer une stratégie qui ne le concerne pas.

    Une hausse des redevances qui pénalise les lignes domestiques, européennes et ultramarines

    Le projet de CRE prévoit une hausse annuelle moyenne de 2,1 % hors inflation des tarifs que les compagnies aériennes doivent s’acquitter auprès d’ADP pour utiliser ses installations. Cette augmentation n’est pas uniforme selon les destinations. Selon BFM Business, les redevances passagères progresseront de 34 % sur les lignes domestiques et de 21 % sur les liaisons européennes et ultramarines, contre 16 % sur les dessertes internationales.

    Le Scara a dénoncé cette différenciation tarifaire. Le syndicat estime que ses adhérents paient pour une stratégie dont ils ne bénéficient pas. La hausse plus marquée sur les lignes qu’ils exploitent désavantage leurs activités par rapport aux compagnies long-courriers.

    Un plan d’investissement de 8,2 milliards d’euros jugé déséquilibré

    Le volet investissement du projet d’accord prévoit une enveloppe globale de 8,2 milliards d’euros pour moderniser les pistes et les infrastructures d’ADP. Le Scara juge ce plan “déséquilibré”. Sur cette somme, près de 40 % sont destinés au hub de correspondance de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, 20 % aux liaisons point-à-point et 40 % à des investissements communs.

    Le syndicat a indiqué que les passagers en correspondance représentent 29,5 % du trafic total des plateformes ADP. Il a réitéré sa demande d’un scénario d’investissements alternatif, compatible avec une limitation des hausses tarifaires au niveau de l’inflation pour les dessertes point-à-point européennes, domestiques et ultramarines.

    Les compagnies s’inquiètent du manque d’attractivité des aéroports franciliens

    Le Scara a également exprimé ses inquiétudes concernant le “manque d’attractivité” des aéroports français. Ce phénomène est déjà nourri par la hausse de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA) sur les dessertes françaises et européennes, qui s’élève à 4,77 euros en classe économique et 3,70 euros en classe affaire. À cette taxe s’ajoutera une “contribution spéciale CDG Express”, le nouveau métro rapide qui entrera en activité en 2027 entre Roissy et Paris.

    Le syndicat a appelé l’État à “réexaminer sa proposition”. Il considère que l’accord actuel fait porter aux compagnies concurrentes d’Air France le financement d’une stratégie qui ne les concerne pas. Le projet de CRE pour la période 2027-2034 succède à la précédente période tarifaire 2025-2026, durant laquelle les redevances avaient augmenté de 3,4 % en moyenne pour Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly. Pour la période 2026-2034, les revenus issus des redevances sont attendus en hausse de 4,3 % en moyenne par an.

    Luc Rongier
    Publié le 5 août 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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