La ville de Melbourne en Australie

77 000 personnes concernées… l’Australie prépare un durcissement inédit des visas

Luc Rongier - Il y a 1 heure

En résumé

• L’Australie va retenir les touristes dont le visa est expiré.
• 77 000 personnes vivent avec un visa expiré; 250 places créées.
• Le tourisme et les droits humains dénoncent un durcissement punitif.

    Les voyageurs étrangers présents en Australie devront surveiller attentivement la date d’expiration de leur visa. Le gouvernement australien prépare un renforcement des contrôles pouvant entraîner le placement en rétention des touristes qui dépassent la durée de séjour autorisée.

    Une rétention administrative en cas de visa touristique expiré

    Le gouvernement australien a décidé de durcir les mesures appliquées aux visiteurs qui restent dans le pays après l’expiration de leur visa. Selon les informations publiées par Le Monde le vendredi 18 septembre 2026, ces touristes pourront être placés en rétention administrative.

    Matt Thistlethwaite, ministre délégué australien aux affaires étrangères, a présenté cette mesure le même jour. Elle vise les titulaires d’un visa touristique qui ne quittent pas le territoire avant la fin de la période de séjour autorisée.

    Interrogé par le média News24, le responsable australien a défendu le caractère dissuasif du dispositif. « Nous pensons qu’évidemment cette mesure dissuasive garantira que les gens respectent les conditions » de leur séjour en Australie, a-t-il déclaré.

    Les voyageurs concernés pourront ainsi être interpellés et conduits dans un centre de rétention. Cette mesure s’inscrit dans un ensemble de décisions destinées à renforcer le contrôle des étrangers qui demeurent en Australie sans visa valide.

    Environ 77 000 personnes vivent en Australie avec un visa expiré

    Selon les chiffres communiqués par les autorités australiennes, près de 77 000 personnes vivent actuellement dans le pays alors que leur visa a expiré. Ce total regroupe toutes les catégories de visas et ne concerne donc pas uniquement les touristes.

    Pour appliquer ces nouvelles dispositions, le gouvernement prévoit la création de 250 places supplémentaires dans les centres de rétention. Il a également annoncé le recrutement de 100 agents chargés d’identifier et de sanctionner les personnes qui dépassent la durée de séjour autorisée.

    La veille de l’annonce de Matt Thistlethwaite, le jeudi 17 septembre 2026, le ministre australien de l’Intérieur, Tony Burke, avait dévoilé d’autres restrictions concernant les visas étudiants et les visas vacances-travail. Il avait déclaré que le gouvernement voulait montrer qu’il « maîtrise » l’immigration.

    L’exécutif travailliste souhaite ramener le solde migratoire annuel de l’Australie à 225 000 personnes, contre 292 000 actuellement. Le pays-continent compte près de 28 millions d’habitants. Tony Burke a également invoqué la crise du logement pour justifier le durcissement de la politique migratoire.

    Les professionnels du tourisme et les associations réagissent

    Le Conseil australien du secteur du tourisme, qui représente plusieurs milliers de professionnels, a exprimé ses inquiétudes. Sa directrice, Erin McLeod, estime que l’interpellation de visiteurs étrangers pourrait nuire à l’image de l’Australie auprès des voyageurs internationaux.

    Auprès de l’AFP, elle a déclaré que cette politique risquait de « devenir vraiment dommageable, le tourisme étant une partie importante de l’économie australienne ». Son organisation redoute les conséquences de cette mesure sur l’attractivité touristique du pays.

    Des défenseurs des droits humains ont également critiqué le dispositif. Rebecca Eckard, membre du Conseil australien pour les réfugiés, a contesté son caractère « punitif » et dénoncé un accès insuffisant aux soins dans les centres de rétention.

    Tony Burke a par ailleurs rejeté tout lien entre ces annonces et la progression du parti d’extrême droite One Nation. Cette formation politique était créditée de 25 % des intentions de vote dans les sondages au moment de la présentation des nouvelles mesures.

    Luc Rongier
    Publié le 20 septembre 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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