En résumé
• Trois parcs à thème vont être construits à Cergy-Pontoise• Investissement saoudien de 6 Md€ et 22 000 emplois annoncés
• Projet lié à Qiddiya, avec possible parc manga, face à Disneyland
Un complexe de loisirs comprenant trois parcs d’attractions va être construit à Cergy-Pontoise, dans le Val-d’Oise. Le projet, porté par le fonds saoudien Qiddiya Investment, représente un investissement de 6 milliards d’euros et devrait créer 22.000 emplois directs.
Le nouveau complexe de loisirs sera situé à Courdimanche, sur l’ancien site de Mirapolis, le premier grand parc d’attractions français ouvert en 1987 et fermé en 1991. L’annonce a été faite par l’Élysée ce lundi 24 août 2026, durant la visite en France du prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman. Le projet est porté par Qiddiya Investment Company, une filiale du fonds souverain saoudien Public Investment Fund (PIF) dédiée au divertissement, au sport et à la culture.
Le projet est né d’une discussion entre Emmanuel Macron et Mohammed Ben Salman en décembre 2024 à Riyad, lorsqu’ils ont découvert leur passion commune pour les mangas et notamment Dragon Ball Z, selon une conseillère de l’Élysée citée par l’AFP. Plusieurs sites potentiels ont été identifiés par la présidence, mais les Saoudiens ont choisi Cergy-Pontoise en raison de la connectivité avec la métropole parisienne et de la proximité avec Disneyland Paris. L’objectif est d’attirer les touristes et les visiteurs qui peuvent fréquenter différents parcs au cours d’un séjour francilien.
Les thèmes des parcs et le calendrier du projet
Les thèmes des parcs doivent encore être dévoilés, mais l’un d’eux pourrait être dédié aux mangas. La rumeur d’un parc dédié à la licence Dragon Ball circulait depuis plusieurs semaines, un premier étant déjà en construction en Arabie saoudite, dans la ville nouvelle de Qiddiya. Le président de la République, Emmanuel Macron, a salué cette annonce sur le réseau social X : « À Cergy-Pontoise, 3 parcs à thème vont voir le jour. […] Du jamais vu depuis Disneyland Paris. Une nouvelle destination mondiale. » Il a ajouté : « Merci à Qiddiya et à l’Arabie saoudite pour leur confiance en notre pays, en nos talents et en notre avenir. »
Les parcs seront construits et ouverts successivement, le chantier devant s’étaler sur plusieurs années, sans calendrier défini à ce stade. Le montant de l’investissement s’élève à 6 milliards d’euros, ce qui représente, selon une source à l’Élysée, un montant équivalent à celui d’Euro Disney. Le projet devrait créer 22.000 emplois directs.
Un enjeu économique et touristique pour la région Île-de-France
La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a confirmé travailler depuis 18 mois sur ce dossier. Elle a souligné que ce projet pourrait conforter l’attractivité touristique de l’Île-de-France. Le nouveau site de loisirs viendra en concurrence directe avec Disneyland Paris, installé à l’est de Paris, qui accueille 16 millions de visiteurs par an, et avec le Parc Astérix, dans l’Oise, qui en accueille 3 millions annuellement.
Le projet de parcs d’attractions est également une réponse de la France au mégaprojet d’Universal, qui a lancé au Royaume-Uni la construction de son premier parc en Europe. Ce parc, accompagné d’un hôtel, compte accueillir 8,5 millions de visiteurs dès sa première année et doit ouvrir en 2031. Interrogée sur le fait de confier à Riyad la construction de ces parcs malgré les critiques sur son bilan en matière de droits humains, la présidence a répondu : « À aucun moment quand on attire un projet, on cherche à donner des leçons ailleurs. »
Le contexte économique de l’Arabie saoudite
L’investissement saoudien s’inscrit dans une stratégie de diversification du portefeuille d’actifs et d’investissements à l’étranger. La guerre américaine contre l’Iran a affecté la croissance des pays du golfe Persique. Le PIB de l’Arabie saoudite a reculé de 4,8 % au deuxième trimestre 2026. La dette publique augmente et pourrait représenter 55 % du PIB en 2028, voire 60 % en 2030, selon les économistes du cabinet Capital Economics.
Malgré ce contexte, l’Arabie saoudite reste un fournisseur d’hydrocarbures pour les Européens. La France cherche à renforcer ses relations avec Riyad. En 2025, la France était le septième fournisseur de l’Arabie saoudite, avec un stock d’investissements directs de 16,3 milliards d’euros. Environ 170 entreprises françaises sont présentes sur le territoire saoudien. TotalEnergies est partenaire d’Aramco à travers une coentreprise dans deux complexes pétrochimiques en Arabie saoudite.