En résumé
• Les réservations d'été en Italie dépassent déjà celles de 2025.• Les grands lacs et le nord gagnent en popularité.
• Le Sud reste prisé, mais les itinéraires se diversifient.
L’Italie se prépare à accueillir une foule de vacanciers cet été, avec des réservations déjà nettement supérieures à celles de 2025. Mais une tendance inattendue se dessine : les voyageurs remontent vers le nord et les grands lacs gagnent du terrain face aux traditionnelles vacances sous le soleil du Sud.
Pendant des années, les vacances d’été en Italie ont suivi une sorte de scénario presque automatique. Rome pour quelques jours, la Toscane pour les villages et les routes bordées de cyprès, puis la Sicile, la Sardaigne ou les Pouilles dès qu’il était question de mer. Le nord restait souvent une porte d’entrée, un endroit où l’on atterrissait avant de filer vers des régions jugées plus “estivales”.
Cet été, la carte semble bouger. Les visiteurs n’abandonnent pas les plages italiennes, loin de là, mais ils regardent plus volontiers du côté des lacs, des reliefs et des régions du nord. Un changement qui arrive au moment où le pays s’apprête à vivre une saison touristique particulièrement chargée.
L’Italie n’a jamais semblé aussi demandée pour les vacances d’été
Les premiers chiffres donnent le ton. Le taux d’occupation touristique annoncé pour l’été atteint 51,2 %, un niveau supérieur à ceux observés en Espagne et en France. Juin avait déjà commencé très fort : 61,3 % des hébergements étaient occupés en moyenne, contre 47,9 % un an auparavant. Pour juillet, 55,1 % des capacités étaient déjà réservées au moment du relevé, soit dix points de plus qu’en 2025.
Sur le terrain, cela veut dire des terrasses remplies plus tôt, des chambres qui partent plus vite et des rues qui commencent à prendre leur rythme estival bien avant le coeur du mois d’août. L’Italie reste l’un de ces pays où les vacances se construisent assez facilement. On peut réserver quelques jours dans une ville, prendre un train le lendemain et terminer le séjour au bord de l’eau sans avoir l’impression d’avoir changé de pays.
Mais les fortes chaleurs, la foule dans certaines destinations et l’envie de voir autre chose que les plages les plus photographiées font aussi évoluer les choix. Beaucoup de voyageurs cherchent encore le soleil italien, simplement ils n’ont plus forcément besoin d’être face à la Méditerranée pour avoir le sentiment d’être en vacances.
C’est peut-être pour cela que les lacs reviennent autant dans les recherches et les itinéraires. L’eau est là, les terrasses aussi, mais le décor n’a rien à voir avec celui des stations balnéaires du Sud.
Cet été, les touristes prennent la direction des grands lacs et du nord
Autour des lacs italiens, une journée commence rarement avec un programme très compliqué. Un café près de l’eau, quelques bateaux qui quittent l’embarcadère, puis une route ou une traversée vers le village voisin. Les maisons suivent les rives, les montagnes apparaissent derrière les clochers et, en fin d’après-midi, les terrasses se remplissent à nouveau.
Le lac de Garde est sans doute l’exemple le plus évident. Les paysages changent à mesure que l’on remonte vers le nord. Les rives assez ouvertes du sud laissent progressivement place à un décor plus resserré, avec les reliefs qui se rapprochent de l’eau. Une heure de route suffit parfois à donner l’impression d’avoir changé de région.
Le lac de Côme joue sur un autre registre. Des villages serrés contre les pentes, des embarcadères et des façades qui donnent directement sur l’eau. Ici, la voiture n’est pas toujours la meilleure façon de passer la journée. On monte sur un bateau, on descend quelques arrêts plus loin et on marche jusqu’à trouver une table libre. C’est simple, et c’est précisément ce que beaucoup viennent chercher.
Plus à l’est, la Vénétie, l’Émilie-Romagne et le Trentin-Haut-Adige figurent parmi les régions les plus recherchées de la saison. Le Trentin offre un été très différent de celui que l’on imagine habituellement en Italie. Les routes montent vers les Dolomites, les villages prennent des airs alpins et les soirées peuvent être nettement plus douces. Pourtant, une assiette de pâtes posée sur une terrasse suffit rapidement à rappeler de quel côté de la frontière on se trouve.
Les plages ne sont pas délaissées, mais la carte des vacances s’agrandit
Il serait faux de croire que la Sicile ou la Sardaigne se vident soudainement. Elles restent parmi les régions les plus demandées, tout comme la Toscane. Le changement est plus discret. Les visiteurs ajoutent simplement de nouvelles destinations à leur liste et ne pensent plus systématiquement au Sud lorsque les vacances tombent en juillet ou en août.
Comme l’explique Le Figaro à partir de chiffres diffusés par le ministère italien du Tourisme, les régions lacustres concentrent la plus forte affluence cet été, devant les destinations thermales et balnéaires. La Vénétie, l’Émilie-Romagne et le Trentin-Haut-Adige ressortent particulièrement dans les réservations.
Cela raconte aussi une autre façon de voyager en Italie. Rester dix jours dans la même station n’est plus la seule option. Certains préfèrent passer trois nuits près d’un lac, reprendre la route vers une ville plus petite puis finir dans les montagnes. En Italie, ces changements de décor demandent rarement des journées entières de trajet.
Vérone, par exemple, peut facilement servir de point de départ vers le lac de Garde. Venise ouvre la porte à un itinéraire plus large en Vénétie. Bologne permet de découvrir une Émilie-Romagne que l’on réduit encore trop souvent à quelques plats connus, alors que ses villes se prêtent particulièrement bien aux séjours courts.
Et puis il y a ce détail qui compte de plus en plus en plein été : pouvoir passer du temps dehors. Marcher au bord d’un lac, prendre un bateau ou gagner les reliefs n’offre pas la même journée que visiter une grande ville minérale pendant un épisode de forte chaleur. Sans tourner complètement le dos au soleil, certains vacanciers cherchent désormais un peu plus d’air.
L’été italien ne se résume plus forcément à descendre vers le Sud
Le succès annoncé pour 2026 confirme que l’Italie n’a rien perdu de son pouvoir d’attraction. Au contraire, elle pourrait vivre une saison record. Mais derrière les chiffres, le plus intéressant est peut-être ailleurs : le pays attire toujours autant alors même que les voyageurs commencent à sortir des itinéraires qu’ils suivaient presque par habitude.
Le Sud garde ses plages, la Toscane ses villages et Rome continuera certainement de remplir ses places jusqu’à la fin de l’été. Pendant ce temps, des vacanciers prennent un bateau sur un lac, gagnent les routes du Trentin ou s’arrêtent quelques jours en Vénétie sans forcément poursuivre jusqu’à la Méditerranée.
L’Italie n’a pas changé de place sur la carte. Ce sont simplement les touristes qui commencent à la regarder autrement.