En résumé
• Tenerife est classée 1re île européenne avec 95/100.• Son atout majeur: un ensoleillement exceptionnel toute l’année.
• Plages, volcan, forêts et gastronomie font sa richesse.
Un classement consacré aux meilleures escapades insulaires d’Europe vient de placer une destination espagnole en tête avec la note de 95 sur 100, portée surtout par son ensoleillement exceptionnel.
Les Cyclades ont leurs maisons blanches, Majorque ses criques et la Sardaigne ses longues plages qui remplissent les réseaux sociaux dès le mois de juin. Pourtant, lorsqu’il a fallu départager les îles européennes sur des critères aussi concrets que le soleil, la nature et ce que l’on trouve dans l’assiette, une autre destination s’est installée tout en haut du classement. Une île que l’on pense parfois connaître parce que son nom revient depuis des années dans les catalogues de voyage. Sur place, il suffit pourtant de quitter le bord de mer quelques heures pour comprendre qu’elle est beaucoup plus difficile à résumer.
Tenerife décroche la première place avec 95 sur 100
C’est donc Tenerife qui arrive en tête. La plus grande île des Canaries obtient un score global de 95 sur 100 dans le classement européen publié par Saga Holidays. L’étude s’est intéressée à l’équilibre entre météo ensoleillée, environnement naturel et gastronomie. Sur ce terrain, l’île espagnole prend la première place, avec un avantage particulièrement net lorsqu’il est question de soleil.
Le résultat n’est finalement pas si étonnant quand on regarde Tenerife autrement que depuis la terrasse d’un hôtel. Son climat permet de voyager presque toute l’année, avec une température moyenne annuelle autour de 23 °C selon l’office de tourisme de l’île. Le sud est connu pour son temps sec et ses longues périodes ensoleillées, tandis que le nord apparaît souvent plus vert et plus humide. En une seule journée de route, la lumière, la végétation et même la température peuvent changer.
C’est sans doute là que Tenerife se détache des destinations uniquement construites autour de la plage. Bien sûr, on vient pour l’Atlantique. Les étendues de sable noir rappellent l’origine volcanique de l’île, tandis que d’autres plages sont dorées et beaucoup plus douces visuellement.
À El Médano, le vent accompagne les promeneurs au bord de l’eau. Plus au nord, la côte devient rocheuse et les vagues frappent une pierre presque noire. La sélection officielle des plages de Tenerife recense justement des rivages de sable volcanique, noir, doré ou clair.
On peut passer de la plage à un décor volcanique presque irréel
Il y a quelque chose d’assez déroutant à Tenerife. Le matin peut commencer les pieds dans le sable, avec un café pris face à la mer, et quelques heures plus tard la route grimpe au milieu d’un paysage sec où les roches brunes et rouges prennent toute la place. Les palmiers disparaissent. Les villages s’éloignent. Le Teide finit par occuper l’horizon.
Avec ses 3 715 mètres d’altitude, il est le point culminant de l’Espagne. Le parc national qui l’entoure a été façonné par les éruptions et forme un immense ensemble volcanique au centre de l’île. Les champs de lave, les cônes et les reliefs donnent parfois l’impression d’avoir quitté Tenerife, alors que la côte n’est jamais très loin.
Et puis Tenerife change encore. Dans le massif d’Anaga, au nord-est, les sommets deviennent plus aigus, les ravins plus profonds et les forêts de lauriers couvrent les pentes. De petits hameaux apparaissent entre les montagnes. Le parc se trouve à moins d’une heure de La Laguna et de Santa Cruz, mais le décor paraît nettement plus isolé.
C’est probablement ce qui rend un séjour ici si facile à remplir sans courir d’une attraction à l’autre. On peut simplement prendre la route, s’arrêter dans un village, déjeuner, puis repartir vers une côte qui n’a parfois rien à voir avec celle vue le matin. Tenerife ne donne pas la même image partout, et c’est une qualité assez rare pour une île aussi connue.
Le soleil est son meilleur atout, mais l’assiette compte aussi
Dans son étude, Saga Holidays résume la première place de Tenerife par une combinaison de paysages naturels, de produits frais et, surtout, d’un ensoleillement exceptionnel. Sur le seul critère de la météo, l’île obtient 88 sur 100 et se classe encore première.
Le soleil explique beaucoup, mais il serait dommage de réduire Tenerife à une destination où l’on pose sa serviette avant d’attendre le dîner de l’hôtel. L’île a ses marchés, ses vignobles et surtout ses guachinches, ces adresses canariennes beaucoup plus simples où le repas compte davantage que la décoration. Tables sans chichi, cuisine locale et produits du coin donnent une autre lecture de l’île. L’office de tourisme met d’ailleurs en avant ces tavernes et les marchés de produits frais parmi les expériences gastronomiques locales.
On y retrouve une cuisine qui va bien avec le rythme des vacances sur l’île. Des pommes de terre canariennes, du poisson, des sauces mojo, des produits frais et des vins issus de sols volcaniques. Rien n’oblige à chercher une adresse sophistiquée pour bien manger. Il arrive même que les repas dont on se souvient le plus soient ceux pris dans une salle toute simple, après une journée passée sur les routes.
Le classement de Saga Holidays met donc des chiffres sur une impression que beaucoup de voyageurs ont déjà ressentie sur place. Tenerife fonctionne parce qu’elle laisse le choix. Rester près de l’océan pendant une semaine est possible. Louer une voiture et changer complètement de décor chaque jour l’est tout autant.
La meilleure île d’Europe n’est peut-être pas celle que l’on attendait
Tenerife traîne encore une image de destination facile, parfois même un peu trop facile. Soleil, hôtels, piscines et grandes stations du sud. Cette Tenerife existe réellement, et elle plaît à ceux qui viennent simplement chercher quelques jours au chaud.
Mais elle ne raconte qu’une partie de l’île. Derrière les zones les plus touristiques, il reste les routes qui montent vers le Teide, les forêts d’Anaga, les villages aux maisons blanches accrochés aux reliefs et les petites adresses où le déjeuner s’étire naturellement. Sur la côte, le sable peut passer du doré au noir volcanique en changeant simplement de secteur.
Alors, 95 sur 100, est-ce trop généreux ? Peut-être. Les classements de voyage ont toujours quelque chose d’un peu arbitraire. Mais pour une fois, la première place raconte assez bien ce que Tenerife réussit mieux que beaucoup d’autres îles : donner l’impression d’avoir changé de voyage plusieurs fois sans refaire sa valise.