Ryanair vs Elon Musk : comment une insulte à 250 millions de dollars a boosté les ventes de 2%

Arthur - Il y a 2 heures

En résumé

• O'Leary critique Musk et refuse le WiFi Starlink pour Ryanair, citant des coûts excessifs.

• Riposte : Musk envisage d'acheter Ryanair, boostant les réservations de 2%.

• Ryanair lance la vente "Big Idiot Sale" suite au buzz, renforçant sa stratégie low-cost.

Michael O’Leary traite Elon Musk d’« idiot » en direct à la radio irlandaise. Musk réplique en menaçant d’acheter Ryanair. Résultat inattendu : les réservations bondissent de 2% en cinq jours. Bienvenue dans la guerre du WiFi Starlink la plus rentable de 2026 — une masterclass de marketing gratuit où chaque insulte génère des billets vendus.

Le conflit en 3 actes : de Starlink au combat d’égos

Tout commence le 14 janvier 2026, quand O’Leary annonce que Ryanair refuse d’installer le WiFi Starlink sur sa flotte de plus de 600 avions. La facture annoncée ? 200 à 250 millions de dollars par an, incluant l’installation et le surcoût de carburant causé par la traînée aérodynamique des antennes.

Interrogé par Newstalk, la radio irlandaise, O’Leary lâche la bombe : « Je ne prêterais aucune attention à Elon Musk, c’est un idiot ». Il précise même, goguenard, que Musk est « très riche, mais ça reste un idiot ». Quant à X, l’ancien Twitter ? « Ce cloaque », selon ses mots.

Musk, habitué à défendre son honneur sur sa propre plateforme, contre-attaque immédiatement. Il qualifie O’Leary d’« imbécile absolu » puis lance un sondage : devrait-il racheter Ryanair et « placer quelqu’un qui s’appelle vraiment Ryan à sa tête » ? 75% des votants approuvent. Le feuilleton est lancé.

@newstalkfm

‘I would pay no attention to Elon Musk, he’s an idiot.’ Ryanair CEO Michael O’Leary responds to Elon Musk calling him ‘misinformed’ for not putting Starlink, Musk’s satellite internet system, on his Ryanair aircrafts.

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250 millions par an : le calcul de Ryanair décortiqué

Derrière les insultes, une réalité économique. O’Leary lui-même reconnaît que Starlink est « un système formidable qui marche très bien ». Mais pour un ultra-low-cost comme Ryanair, l’équation ne fonctionne pas.

Les chiffres selon Ryanair :

  • 200 à 250 millions de dollars/an de coût total
  • 2% de surcoût carburant à cause de la traînée des antennes
  • Moins de 10% des passagers prêts à payer le WiFi sur un vol moyen de 1h15

La réponse de Starlink : Michael Nicolls, vice-président ingénierie de Starlink, conteste ces chiffres. Selon lui, leur antenne bas profil n’ajoute que 0,3% de consommation sur un Boeing 737-800 (qui brûle 800 gallons/heure). « Un impact de 2%, c’est peut-être vrai pour les anciennes antennes, mais notre terminal est bien plus aérodynamique », écrit-il sur X.

Musk ajoute qu’il devrait être possible de descendre sous 0,1% avec les prochaines itérations. Qui dit vrai ? Difficile à trancher — mais sur des vols courts, même 0,3% reste un coût sans retour sur investissement clair.

À titre de comparaison, Lufthansa équipe 850 avions avec Starlink dès 2026. Air France, British Airways et Iberia suivent. Mais ces compagnies ont des vols long-courriers où le WiFi justifie un surcoût. Pour un Paris-Barcelone à 19€, le calcul est différent.

Le coup marketing à 0 euro : +2% de réservations

Voici où l’histoire devient fascinante. Le 21 janvier, O’Leary convoque une conférence de presse à Dublin pour… remercier sincèrement Elon Musk.

« Nous voulons le remercier pour cette publicité supplémentaire », déclare-t-il, révélant que les réservations ont grimpé de 2 à 3% en quelques jours. Des dizaines de milliers de billets vendus, sans un centime de publicité.

Dans la foulée, Ryanair lance la « Big Idiot Sale » — 100 000 sièges à partir de 16,99€ pour février, mars et avril. La promotion est dédiée à « Elon et tous les autres idiots sur X ». O’Leary propose même de livrer un billet gratuit aux bureaux de X à Dublin.

Ce n’est pas la première fois. La devise officieuse d’O’Leary : « À part commettre un meurtre, la mauvaise publicité vend plus de sièges que la bonne ». En 30 ans à la tête de Ryanair, il a perfectionné l’art du buzz gratuit.

Les provocations légendaires d’O’Leary

Cette tactique a fait ses preuves depuis 1994 :

  • Déguisé en Pape pour annoncer la ligne Dublin-Rome (slogan : « Habemus lowest fares »)
  • Toilettes payantes annoncées — un « coup de pub bon marché », avoue-t-il plus tard
  • Sièges debout suggérés — jamais implémentés, mais des millions de mentions presse
  • Insultes aux critiques sur les réseaux — son équipe de 40-50 jeunes a carte blanche pour « offenser, taquiner, abuser »

Résultat : 200+ millions de passagers par an. Plus on parle de Ryanair — même négativement — plus les gens réservent. Le prix reste l’argument final, et tant que Ryanair est la moins chère, le buzz renforce la notoriété sans diluer la marque.

D’ailleurs, cette guerre tombe à pic : Ryanair vient de lancer 10 millions de sièges à 18,99€ pour l’été 2026. Le conflit Musk amplifie cette campagne gratuitement à l’échelle mondiale.

Musk peut-il vraiment racheter Ryanair ?

Non. Et pas pour une question d’argent — avec plus de 200 milliards de dollars de fortune, les 30 milliards d’euros de capitalisation de Ryanair sont accessibles.

L’obstacle est réglementaire. Le Règlement UE 1008/2008 impose qu’une compagnie aérienne européenne soit détenue à 50% + 1 action par des citoyens ou États de l’UE. Musk, citoyen américain, ne peut pas prendre le contrôle opérationnel.

O’Leary le rappelle avec malice : « S’il veut investir dans Ryanair, ce serait un bon investissement — certainement meilleur que les retours financiers qu’il fait sur X ». Le tacle final.

Ce que ça change pour vous, voyageurs Ryanair

Pas de WiFi avant longtemps. Si vous espériez scroller TikTok pendant votre Paris-Porto, oubliez. Ryanair maintient son ADN ultra-low-cost — pas d’Internet, pas de fioritures. O’Leary estime que sur 1h15 de vol, vous n’en avez pas besoin.

Des prix toujours plancher. En refusant 250 millions de dollars par an, Ryanair conserve sa structure de coûts minimale. Conséquence : billets à 16,99€ toujours possibles. Préférez-vous 19€ sans WiFi ou 89€ avec WiFi ailleurs ?

Profitez du buzz. Les promotions continuent tant que l’affaire fait parler. Surveillez les ventes flash dans les jours qui viennent. C’est le moment de réserver ce week-end à Rome, Lisbonne ou Édimbourg que vous repoussez.

Pour contexte : Ryanair quitte plusieurs aéroports français en 2026 et a récemment abandonné son programme de fidélité Prime. Chaque décision renforce le même message : prix mini, zéro superflu.

La suite du feuilleton ?

O’Leary relancera probablement la polémique à la moindre occasion — une nouvelle promo, un événement sectoriel. C’est son mode opératoire depuis 30 ans. Quant à Musk, s’il continue de répondre sur X, le cycle médiatique se prolonge. Ryanair gagne à chaque rebondissement.

Pour vous ? Le conseil est simple : profitez des promos maintenant, mais n’attendez pas le WiFi Starlink sur Ryanair. O’Leary a 63 ans et aucune intention de changer une stratégie qui fonctionne.

Arthur
Publié le 22 janvier 2026

Nouvelle recrue chez Ulysse.com, je suis responsable du contenu éditorial. Passionné de voyage, j'ai réalisé un tour du monde d'un an. C'est maintenant à mon tour de partager avec vous les informations les plus intéressantes du moment.

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