En résumé
• Santorin a subi des secousses sismiques sans conséquences majeures ni éruption imminente.• L'île a été victime de désinformation, mais le tourisme reprend grâce à une gestion rapide.
• Santorin intègre durabilité et résilience dans son tourisme après les récents événements.
Sous le bleu saturé du ciel égéen, Santorin panse discrètement les frissons de son sous-sol. Au cœur de l’hiver, l’île volcanique a tremblé, réveillée par une série de secousses venues des profondeurs. Quelques semaines plus tard, elle retrouve ses visiteurs avec une sérénité presque insolente. Les ruelles de Fira résonnent à nouveau des talons des touristes, les croisières reprennent leur ballet, et les hôtels affichent des signes encourageants. Une réouverture en douceur, dans un contexte géologique encore scruté de près.
Un réveil sismique sous surveillance renforcée
Fin janvier, plus de 4 000 secousses ont été enregistrées autour du volcan sous-marin Kolumbo, au nord-est de Santorin. Selon les géophysiciens du Centre allemand de recherche en géosciences, l’essentiel de cette activité s’est concentré entre 4 et 10 km de profondeur. Un phénomène spectaculaire, mais pas inédit dans une région soumise à des tensions tectoniques constantes.
L’événement le plus fort, le 5 février, a atteint une magnitude de 5,2, provoquant quelques scènes de panique sans dégâts majeurs. Les autorités grecques ont brièvement déclaré l’état d’urgence, sans pour autant ordonner d’évacuation générale. Depuis, les secousses ont nettement diminué, et aucune trace de remontée magmatique significative n’a été détectée, ni de gonflement anormal du sol. La possibilité d’une éruption imminente est écartée, mais la surveillance reste continue.
🟡 Séisme à Santorin : « A Fira, il y a des touristes qui sont tout à fait tranquilles. Il n’y a aucune panique »
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Entre désinformation et stratégie de reconquête
La crise géologique a été suivie d’une crise médiatique. Selon Antonis Pagonis, président de l’association des hôteliers de Santorin, l’île a été la cible de vidéos anciennes remises en circulation pour suggérer des scènes de chaos inexistantes. L’effet a été immédiat : ralentissement des réservations, surtout sur les marchés américains et britanniques.
Face à cette vague de désinformation, les autorités grecques ont réagi rapidement. Olga Kefalogianni, ministre du Tourisme, s’est rendue sur place à la mi-mars. Dans une séquence relayée par CNN et la BBC, elle a affirmé que Santorin était « pleinement opérationnelle » et que l’île restait « l’une des destinations les plus sûres de Méditerranée ». Le message semble avoir porté ses fruits : les réservations sont reparties à la hausse depuis début mars.
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Le retour des croisières à Santorin et un regain d’activité avant pâques
Le 23 mars, Celestyal Cruises a effectué sa première escale de l’année à Santorin, avec plus de 1 000 passagers à bord. L’accueil a été soigné : présence des autorités municipales, associations locales mobilisées, et ouverture anticipée de plusieurs établissements. Ce signal fort marque la relance du tourisme maritime, qui reste vital pour l’économie de l’île.
Du côté de l’hébergement terrestre, les plateformes comme Booking signalent encore de la disponibilité pour les vacances de Pâques, bien que les logements les mieux situés (vue caldeira, accès direct aux sentiers de randonnée) se réservent désormais rapidement. Les professionnels anticipent un mois d’avril stable, même si les volumes pourraient rester en retrait par rapport à 2023. Le pic de fréquentation est à présent attendu pour mai et juin.
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Une île entre mémoire volcanique et résilience touristique
Santorin n’est pas une île comme les autres. Née d’une explosion volcanique majeure vers 1600 avant notre ère, remodelée par des éruptions successives, elle porte dans sa géologie la mémoire de bouleversements titanesques. L’épisode sismique de cet hiver n’est qu’un rappel discret de cette histoire mouvementée.
Mais l’île a appris à vivre avec cette instabilité. Les infrastructures sont renforcées, les normes parasismiques respectées, et les dispositifs d’alerte modernisés. Le calme revenu ne signifie pas oubli, mais adaptation. Et si le tourisme reste la clé de voûte de son économie, il s’inscrit de plus en plus dans une logique de durabilité, avec des projets limitant la fréquentation journalière des croisiéristes ou favorisant le slow tourism.
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La beauté intacte d’un lieu qui a frôlé le vacillement
Ce printemps, les visiteurs redécouvrent une Santorin à la fois inchangée et profondément apaisée. Les couchers de soleil sur Oia ne vibrent pas moins, les ruelles d’Emporio conservent leur mystère, et les vins volcaniques gardent cette minéralité inimitable. Ce qui a changé, peut-être, c’est la conscience accrue d’un équilibre fragile.
Dans le silence géologique qui a suivi les secousses, l’île a repris son souffle. Et ceux qui la visitent aujourd’hui ont la sensation rare de se tenir sur une terre vivante, vulnérable, mais indomptée.