AirJapan ferme après seulement deux ans : ANA abandonne sa filiale hybride et recentre tout sur Peach

Vincent Mabire - Il y a 2 heures

En résumé

• AirJapan ferme le 28 mars 2026 après 2 ans d'activité en raison de la non-rentabilité.
• ANA intègre les routes sous sa marque avec des tarifs plus élevés après la fermeture.
• ZIPAIR et Peach offrent des alternatives low-cost depuis Tokyo vers l'Asie du Sud-Est.

    C’est officiel : la fermeture d’AirJapan interviendra le 28 mars 2026. Après seulement deux ans d’existence, la compagnie hybride du groupe ANA tire le rideau. Pour les voyageurs français qui comptaient sur cette option abordable pour rallier Bangkok ou Singapour depuis Tokyo, c’est une alternative en moins dans un contexte aérien déjà perturbé par les fermetures d’espaces au Moyen-Orient.

    Ce qui disparaît le 28 mars

    AirJapan avait été lancée le 9 mars 2024 avec l’ambition de combler un vide entre ANA (service complet) et Peach (low-cost). La compagnie desservait trois routes depuis Tokyo Narita : Bangkok, Singapour et Séoul Incheon, avec une flotte de deux Boeing 787-8 en configuration tout-éco.

    Les tout derniers vols seront le NQ2 (Bangkok vers Narita, décollage à 00h10 le 29 mars) et le NQ4 (Singapour vers Narita, décollage à 00h55 le même jour) — des retours de services partis le 28 mars. Les deux 787 seront ensuite transférés à la flotte ANA dès le 1er avril.

    Les réservations existantes restent valides jusqu’au dernier jour d’exploitation. Selon AirJapan, « aucune démarche particulière n’est requise ». Les passagers sont invités à embarquer normalement sur leurs vols programmés. Au-delà du 28 mars, les routes continueront sous la marque ANA, à tarif plein.

    Pourquoi ANA a décidé de supprimer AirJapan

    ANA invoque officiellement « la guerre prolongée en Ukraine et les retards de livraison d’avions » pour justifier l’arrêt de sa filiale. La réalité semble plus nuancée. Avec un taux de remplissage plafonnant autour de 65 % au premier semestre 2025 — bien en dessous des standards du groupe —, AirJapan n’a jamais atteint la rentabilité attendue.

    Le positionnement hybride s’est révélé piégeux : ni assez low-cost pour rivaliser avec les dizaines de compagnies à bas prix en Asie du Sud-Est (AirAsia, Scoot, Cebu Pacific), ni assez premium pour justifier l’exploitation coûteuse de 787 long-courriers sur du moyen-courrier. Un problème structurel que One Mile at a Time qualifie de « confusion de marque » entre les entités du groupe ANA.

    En clair, ANA passe d’une stratégie à trois marques (ANA, AirJapan, Peach) à un duo plus lisible : ANA pour le premium et Peach pour le low-cost. L’annonce, faite le 30 octobre 2025, est intervenue à peine huit mois après le lancement de la route Singapour. Tous les employés d’AirJapan seront absorbés par la maison mère, sans licenciement prévu.

    Ce que la fermeture d’AirJapan change pour les voyageurs français

    Le Japon reste la destination tendance pour les Français en 2026, avec 36 millions de visiteurs internationaux enregistrés en 2024. Pour ceux qui prévoyaient une escale à Bangkok ou Singapour depuis Tokyo, la disparition d’AirJapan supprime une option moyen-courrier abordable en 787.

    Le timing est d’autant plus délicat que le contexte aérien vers l’Asie se complique. Les fermetures d’espaces aériens au Moyen-Orient ont déjà fait flamber les prix et raréfier les options pour les liaisons Europe-Asie. ANA elle-même a récemment été contrainte de faire demi-tour au-dessus de l’Arctique sur un vol vers les États-Unis.

    Concrètement, les routes Bangkok et Singapour au départ de Narita continueront sous la marque ANA dès avril 2026, mais aux tarifs d’une compagnie full-service — comptez 30 à 50 % de plus qu’un billet AirJapan.

    Les alternatives pour vos vols intra-Asie depuis Tokyo

    Plusieurs options restent disponibles pour les voyageurs cherchant des tarifs compétitifs au départ de Tokyo.

    ZIPAIR (groupe JAL) est le rival le plus direct. Cette low-cost long-courrier dessert exactement les mêmes destinations qu’AirJapan (Bangkok, Singapour, Séoul) depuis Narita, également en Boeing 787. Les tarifs en promotion démarrent autour de 14 700 yens (environ 90 euros) pour Singapour et 16 500 yens (environ 100 euros) pour Bangkok en aller simple, hors taxes.

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    Peach Aviation (groupe ANA) couvre le réseau régional avec des vols vers Séoul, Taipei et Hong Kong depuis Tokyo et Osaka. La compagnie renforce son réseau en 2026 avec des fréquences accrues vers Taipei. En revanche, Peach ne dessert pas Bangkok ni Singapour avec sa flotte de moyen-courriers.

    Scoot (groupe Singapore Airlines) et AirAsia complètent l’offre low-cost non japonaise pour l’Asie du Sud-Est au départ du Japon.

    Comment rejoindre Tokyo depuis la France

    Pour les voyageurs partant de Paris CDG, trois compagnies proposent des vols directs vers Tokyo : Air France (9 vols par semaine vers Haneda), ANA (7 vols hebdomadaires) et JAL (6 vols hebdomadaires). Comptez environ 13h30 de vol et des tarifs à partir de 900 euros l’aller-retour en ce moment.

    Depuis Lyon, Marseille ou Bordeaux, il faudra passer par une correspondance. Les options les plus fiables : via Paris, via Helsinki avec Finnair, ou via Istanbul avec Turkish Airlines. Les routes via le Golfe (Qatar Airways, Emirates) sont actuellement perturbées — si vous faites escale à Dubaï, Istanbul ou Singapour, pensez à vérifier l’état des liaisons.

    Le modèle hybride, un pari risqué dans l’aérien japonais

    La fermeture d’AirJapan confirme une tendance : le positionnement hybride, coincé entre low-cost et compagnie traditionnelle, peine à trouver sa place. JAL a mieux réussi avec ZIPAIR, clairement positionnée comme low-cost long-courrier avec des tarifs agressifs et un modèle économique assumé.

    Le marché japonais se polarise désormais en deux camps : ANA (premium) associé à Peach (low-cost) face à JAL (premium) associé à ZIPAIR (low-cost). Reste à savoir si Peach récupérera certaines des routes moyen-courrier abandonnées par AirJapan, notamment vers Bangkok et Singapour — une question que les voyageurs réguliers vers l’Asie suivront de près.

    Vincent Mabire
    Publié le 15 mars 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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