Vietnam accorde 45 jours sans visa aux Français : les pièges à éviter avant mars 2028

Vincent Mabire - Il y a 2 heures

En résumé

• Les Français peuvent séjourner 45 jours sans visa au Vietnam, mesure étendue jusqu'en mars 2028.

• Des conditions strictes comme passeport valide 6 mois et billet de sortie sont requises.

• Les amendes pour dépassement de séjour au Vietnam ont été considérablement augmentées.

    Vous rêvez du Vietnam mais la paperasse administrative vous refroidit ? Bonne nouvelle : depuis août 2023, les Français profitent de 45 jours sans visa pour explorer le pays, et la mesure vient d’être prolongée jusqu’en mars 2028. Mais entre les conditions à remplir, les amendes récemment alourdies par le décret 282 et la confusion entre exemption et e-visa, les pièges sont bien réels. On vous explique tout pour partir l’esprit tranquille.

    Vietnam sans visa 45 jours : ce que ça signifie concrètement

    Pas besoin de vous lancer dans des démarches consulaires : l’exemption de visa couvre tous les passeports français, quel que soit le motif de votre séjour (tourisme, affaires, visite familiale). Vous posez le pied au Vietnam, on tamponne votre passeport, et c’est parti pour 45 jours.

    La France fait partie des 13 pays bénéficiaires de cette mesure, aux côtés de l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni, la Russie, le Japon, la Corée du Sud, le Danemark, la Suède, la Norvège, la Finlande et la Biélorussie. Depuis août 2025, 12 pays européens supplémentaires (Belgique, Pays-Bas, Pologne, Suisse, etc.) bénéficient également de cette exemption.

    En pratique, cette exemption fonctionne pour les entrées par air, terre ou mer, à condition de passer par un poste-frontière international. La mesure, reconduite par la résolution 44/NQ-CP, est valable du 15 mars 2025 au 14 mars 2028. De quoi voir venir.

    Bon à savoir : les 45 jours sont des jours calendaires, jour d’entrée ET jour de sortie inclus. Beaucoup de voyageurs comptent 45 jours pleins et se retrouvent en infraction le dernier jour. Comptez bien.

    Les conditions à remplir (et les erreurs qui bloquent à l’embarquement)

    L’exemption de visa, c’est simple sur le papier. Mais quelques détails peuvent transformer votre départ en cauchemar :

    • Passeport valide au moins 6 mois après la date d’entrée au Vietnam. Un passeport qui expire dans 5 mois ? La compagnie aérienne vous refusera l’embarquement, sans recours possible.
    • Au moins 2 pages vierges dans le passeport pour le tampon d’entrée.
    • Billet de sortie du territoire obligatoire : retour en France, continuation vers un autre pays, ou même un billet de bus vers le Cambodge ou le Laos. Sans justificatif, l’entrée peut être refusée.

    Notre conseil : vérifiez la validité de votre passeport dès que vous commencez à planifier. Six mois, ça passe vite, surtout si vous partez en fin de validité.

    L’astuce : comme le rappelle le ministère des Affaires étrangères, l’exemption n’est ni prolongeable ni renouvelable sur place. Si vous voulez rester plus longtemps, il faudra anticiper avec un e-visa (on en parle juste après).

    Au-delà de 45 jours : l’e-visa 90 jours, mode d’emploi

    Vous comptez prendre votre temps et explorer le Vietnam sans visa classique ne suffit pas ? L’e-visa permet des séjours jusqu’à 90 jours avec entrées multiples. Et la bonne nouvelle, c’est que la démarche est 100 % en ligne.

    Rendez-vous sur le site officiel evisa.gov.vn (attention, c’est le seul portail légitime avec thithucdientu.gov.vn). Les dizaines d’autres sites qui apparaissent dans Google facturent des frais supplémentaires pour un service identique.

    Le coût : 25 USD pour une entrée simple, 50 USD pour des entrées multiples. Le délai de traitement est de 3 jours ouvrés maximum. Vous aurez besoin d’une photo d’identité numérique (format 4×6 cm, fond blanc, sans lunettes ni chapeau) et d’un scan de votre passeport.

    Et le “visa run” ? Cette technique consiste à sortir du Vietnam puis y revenir pour repartir sur un nouveau cycle de 45 jours. Contrairement à une idée reçue, il n’existe aucun délai d’attente obligatoire entre deux exemptions. Mais attention : après 3-4 rotations consécutives, les agents d’immigration peuvent refuser l’entrée. Pour un séjour prolongé, l’e-visa reste la solution la plus fiable.

    Amendes en cas de dépassement : le décret 282 change la donne

    C’est probablement l’info la plus importante de ce guide. Le décret 282, entré en vigueur le 15 décembre 2025, a considérablement durci les sanctions pour dépassement de séjour. Même un seul jour de retard vous expose à une amende.

    Voici le barème actualisé, selon Vietnam News :

    • Moins de 16 jours de dépassement : 500 000 à 2 millions VND (environ 19 à 76 EUR)
    • 16 à 29 jours : 5 à 10 millions VND (environ 190 à 380 EUR)
    • 30 à 59 jours : 10 à 15 millions VND (environ 380 à 570 EUR)
    • 60 à 89 jours : 15 à 20 millions VND (environ 570 à 760 EUR)
    • 3 à 6 mois : 20 à 25 millions VND (environ 760 à 950 EUR)
    • 6 mois à 1 an : 25 à 30 millions VND (environ 950 à 1 140 EUR)
    • Plus d’un an : 30 à 40 millions VND (environ 1 140 à 1 520 EUR), avec risque d’interdiction de retour et de déportation

    Le plafond des amendes a doublé par rapport à l’ancien décret 144 (qui plafonnait à 20 millions VND). Et à partir de 16 jours de dépassement, les autorités peuvent désormais prononcer une expulsion.

    L’amende se règle directement à l’aéroport, auprès de l’agent d’immigration au départ. Pas de panique si vous dépassez d’un jour ou deux (l’amende reste modeste), mais mieux vaut programmer une alerte sur votre téléphone pour ne pas oublier la date limite.

    Itinéraire optimisé pour 45 jours, du nord au sud

    45 jours, c’est le temps idéal pour un circuit complet du Vietnam, du nord montagneux au sud tropical. Voici une proposition d’itinéraire :

    Semaines 1-2 : le Nord — Commencez par Hanoï et son vieux quartier, puis cap sur la baie d’Ha Long (2-3 jours). Direction ensuite Sapa pour les rizières en terrasses, puis la mythique boucle de Ha Giang, l’un des plus beaux road trips d’Asie.

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    Semaine 3 : le Centre-Nord — Descendez vers Ninh Binh (la “baie d’Ha Long terrestre”) et le parc national de Phong Nha pour ses grottes spectaculaires.

    Semaine 4 : le CentreHué et sa cité impériale, puis Hoi An, ses lanternes et ses plages. Si vous êtes là un soir de pleine lune, le festival des lanternes transforme la ville en spectacle féérique.

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    Semaine 5 : le SudHo Chi Minh-Ville pour l’énergie urbaine, puis le delta du Mékong et ses marchés flottants. Ne manquez pas la Crazy House de Dalat si vous faites un détour par les hauts plateaux.

    Derniers jours : détente balnéaire — Terminez par quelques nuits sur l’île de Phu Quoc ou Con Dao pour décompresser avant le retour.

    Notre conseil : gardez des journées tampon dans votre planning. Les transports intérieurs peuvent être longs, et les imprévus font partie du charme. La meilleure période pour un circuit nord-sud complet : novembre à avril. Pensez aussi à choisir une eSIM voyage pour rester connecté sans exploser votre forfait.

    Comment s’y rendre depuis la France

    Pour les voyageurs partant de Paris CDG, Vietnam Airlines et Air France proposent des vols directs vers Hanoï et Ho Chi Minh-Ville, environ 11h de vol. Comptez à partir de 580 EUR l’aller-retour en basse saison (mai-juin, novembre), plutôt 800-900 EUR en haute saison (juillet-août, fêtes de fin d’année).

    Le bon plan : les vols avec escale via Doha (Qatar Airways), Kuala Lumpur (Malaysia Airlines) ou Istanbul (Turkish Airlines) permettent souvent d’économiser 150 à 250 EUR sur le billet, avec un temps de trajet total autour de 15-17h. Réservez au moins 4 mois à l’avance pour obtenir les meilleurs tarifs.

    Depuis Lyon, Marseille ou Bordeaux, pas de vol direct. Il faudra une correspondance à Paris, Doha, Istanbul ou Dubaï. Surveillez les promos : les comparateurs affichent régulièrement des aller-retour à partir de 500 EUR depuis la province.

    A surveiller : Vietjet prépare le lancement de vols directs low-cost entre Paris et le Vietnam dès 2026-2027, avec les premières livraisons d’appareils long-courrier prévues en juillet. Si les tarifs tiennent leurs promesses (moins de 400 EUR l’aller-retour), cela pourrait changer la donne.

    Vous préparez aussi une escapade en Thaïlande après le Vietnam ? Le transit entre les deux pays est simple, et plusieurs compagnies low-cost assurent la liaison Ho Chi Minh-Ville — Bangkok en 2h.

    Faut-il foncer ?

    Le Vietnam reste l’une des destinations au meilleur rapport qualité-prix d’Asie du Sud-Est. Entre l’hébergement (souvent moins de 30 EUR la nuit en bon hôtel), la street food à moins de 2 EUR le repas, et les transports intérieurs très abordables, 45 jours sur place ne ruineront pas votre budget. Comptez environ 25 à 40 EUR par jour tout compris pour un voyageur au budget maîtrisé.

    L’exemption de visa, c’est la cerise sur le rouleau de printemps : pas de frais de visa, pas de démarches, juste un passeport valide et un billet d’avion. La mesure court jusqu’en mars 2028, mais rien ne garantit un renouvellement. Autant en profiter tant que c’est là.

    Alors, prêt à tenter l’aventure ? Plutôt nord montagneux ou sud tropical pour votre prochain Vietnam sans visa 45 jours ? Avec ces infos en poche, vous avez toutes les cartes en main pour partir sereinement.

    Vincent Mabire
    Publié le 23 février 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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