En résumé
• Cordes-sur-Ciel flotte parfois au-dessus d’une mer de brume• Cité médiévale du Tarn, fondée en 1222 et très touristique
• Ruelles, gothique, artisans et vue sur la vallée font son charme
Certains matins, le spectacle paraît presque irréel. Une mer de brume recouvre la vallée tandis qu’au-dessus émergent des remparts, des toits et des maisons médiévales. Vue de loin, la cité donne alors l’impression de flotter dans le ciel.
Ce décor se trouve pourtant bien en France, dans le Tarn. Et le phénomène n’est qu’une des raisons qui poussent les voyageurs à grimper jusqu’à cette cité perchée. Derrière ses murailles se cachent des ruelles pavées, des palais gothiques, des ateliers d’artisans et des panoramas qui expliquent pourquoi près de 600 000 visiteurs y passeraient chaque année.
Le contraste est saisissant avec les quelque 879 habitants qui y vivent à l’année. L’hiver, le calme revient. À la belle saison, les rues changent complètement de visage.
Cordes-sur-Ciel, une cité qui porte particulièrement bien son nom
Il s’agit de Cordes-sur-Ciel, perchée sur le Puech de Mordagne, à environ 25 kilomètres d’Albi.
Fondée en 1222, la cité a conservé une bonne partie de son visage médiéval. Elle a été élue Village préféré des Français en 2014 et appartient également au réseau des Plus Beaux Villages de France.
Mais Cordes-sur-Ciel ne se visite pas en restant dans sa voiture. Pour atteindre la partie haute, il faut grimper.
Les rues pavées suivent le relief et passent sous d’anciennes portes fortifiées avant de rejoindre le cœur de la cité. La montée peut demander une vingtaine de minutes, parfois davantage si l’on s’arrête devant les façades ou pour reprendre son souffle. Un petit train touristique permet aussi de rejoindre les hauteurs sans affronter toute l’ascension.
Une fois arrivé, le Moyen Âge est encore très présent. Les maisons ne se contentent pas d’être anciennes. Certaines façades portent des dragons, des animaux, des gargouilles et des symboles sculptés dont la signification continue d’intriguer.
Des maisons gothiques qui racontent la richesse d’autrefois
Cordes-sur-Ciel doit une grande partie de son caractère aux riches marchands qui s’y sont installés au Moyen Âge.
Leur fortune a laissé derrière elle des demeures particulièrement travaillées. La Maison du Grand Fauconnier, la Maison Prunet ou encore les anciennes demeures marchandes présentent fenêtres géminées, arcades et sculptures directement taillées dans le grès.
La richesse de cette architecture a même valu à Cordes son surnom de « cité aux Cent Ogives ». Toutes les grandes étapes du gothique y sont représentées, du XIIIe au XVe siècle.
Au centre, la place de la Halle constitue l’un des passages incontournables. Sous la halle médiévale se cache notamment un impressionnant puits ancien de plus de 100 mètres de profondeur.
Quelques rues plus loin, l’église Saint-Michel tranche avec l’agitation estivale. Ses murs épais et son atmosphère plus fraîche offrent une pause appréciable lorsque les températures approchent ou dépassent les 30 °C en juillet et août.
En été, 879 habitants voient arriver des centaines de milliers de visiteurs
C’est probablement le paradoxe le plus étonnant de Cordes-sur-Ciel.
À l’année, la commune reste minuscule. Mais dès que reviennent les beaux jours, les terrasses se remplissent, les ateliers ouvrent leurs portes et les visiteurs envahissent progressivement les rues du village.
En haute saison, mieux vaut d’ailleurs arriver tôt le matin pour profiter des ruelles avant les principaux flux. C’est aussi à cette heure-là que la brume peut offrir l’un des plus beaux spectacles du séjour lorsque les conditions sont réunies.
L’été apporte également ses grands rendez-vous, notamment autour des traditions médiévales et du Grand Fauconnier.
L’office régional de tourisme présente d’ailleurs la cité comme l’un des incontournables de l’Occitanie et insiste autant sur son architecture gothique que sur ses artisans d’art. Tarn Tourisme confirme de son côté son statut de Village préféré des Français 2014 et rappelle que la cité médiévale a été fondée au XIIIe siècle.
Ici, les boutiques sont encore souvent des ateliers
Cordes-sur-Ciel ne doit pas son succès uniquement à ses vieilles pierres. Depuis plusieurs décennies, artistes et artisans ont investi les rues du village. Céramistes, peintres, créateurs de bijoux ou artisans travaillant le cuir et le bois occupent encore des ateliers que l’on découvre simplement en remontant les ruelles.
C’est ce mélange qui empêche la cité de ressembler à un simple décor médiéval figé.
Même la pause gourmande possède sa spécialité. Le Croquant de Cordes, petit biscuit aux amandes, fait partie des produits associés au village. Les amateurs de vin peuvent également regarder du côté de Gaillac, dont le vignoble se trouve à proximité.
Et puis il reste la vue.
Depuis les remparts et les hauteurs, le regard descend sur la vallée du Cérou et les collines du Tarn. Certains jours, le paysage s’étend très loin. D’autres matins, la brume avale presque tout.
C’est alors que Cordes-sur-Ciel mérite vraiment son nom : les maisons semblent posées au-dessus des nuages, comme si le village s’était détaché du reste du paysage.