Jet2 bannit à vie deux passagers après une bagarre sanglante sur le vol Antalya-Manchester dérouté vers Bruxelles

Vincent Mabire - Il y a 1 heure

En résumé

- • Violente altercation raciste sur un vol Jet2 entraîne un déroutement vers Bruxelles.
- • Jet2 bannit à vie les passagers impliqués et réclame jusqu'à 175 000 € de compensation.
- • Augmentation mondiale des incidents à bord pousse l'industrie à renforcer les sanctions.

    Dents cassées, sang sur les sièges, familles terrorisées : jeudi 13 février 2026, le vol Jet2 LS896 reliant Antalya à Manchester a viré au cauchemar à 10 000 mètres d’altitude. Une violente bagarre déclenchée par des propos racistes a contraint le commandant de bord à dérouter l’appareil vers Bruxelles. La police belge a interpellé deux hommes. Jet2 les a immédiatement bannis à vie et annonce des poursuites pour récupérer jusqu’à 175 000 euros de frais.

    L’altercation qui a forcé un déroutement d’urgence

    Tout bascule trois heures après le décollage d’Antalya, station balnéaire turque prisée des Britanniques. Un passager visiblement alcoolisé commence à proférer des insultes racistes visant des voyageurs d’origine pakistanaise. Lorsque l’équipage refuse de lui fournir des cigarettes, son agressivité monte d’un cran.

    Disputes autour de musique jouée trop fort, tentative de saisir le téléphone d’un autre passager : la tension devient palpable. Puis la violence éclate. Selon les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et les témoignages recueillis par La DH et La Libre, l’un des protagonistes se retrouve pris dans un étranglement. Des dents sont cassées, du sang macule les sièges.

    La panique gagne la cabine, où se trouvent des familles avec enfants et des personnes âgées. Face à cette situation hors de contrôle, le commandant de bord prend la seule décision possible : dérouter vers Bruxelles, l’aéroport international le plus proche sur la trajectoire.

    “Un film d’horreur” : les témoignages qui glaçent

    “Un passager derrière nous a rapidement commencé à faire des remarques racistes”, raconte un témoin à La DH. “Il avait déjà bu plusieurs verres pendant le vol mais était pleinement conscient de ce qui l’entourait. Il y avait des familles avec des enfants et des personnes âgées à bord, mais il s’en fichait complètement.”

    Le chaos qui a suivi a marqué les esprits : dents cassées, sang sur les sièges, passagers terrifiés. Le pilote, fort de 30 ans d’expérience, a confié aux voyageurs que cet incident était “sans précédent” dans toute sa carrière. Ce constat en dit long sur la gravité exceptionnelle de la situation.

    Plusieurs passagers ont publiquement salué le professionnalisme de l’équipage, qui a géré la crise avec sang-froid. Après l’atterrissage d’urgence à Bruxelles vers 19h30 et l’intervention de la police fédérale belge, les deux perturbateurs ont été débarqués et placés en garde à vue. Le vol a finalement repris sa route et atterri à Manchester vers 22 heures, avec plus de 4 heures de retard.

    Bannis à vie et poursuivis : Jet2 frappe fort et facture

    La réponse de Jet2 n’a pas tardé. Dans un communiqué officiel publié le 14 février, la compagnie low-cost britannique a qualifié le comportement des deux hommes d'”inacceptable” et d'”épouvantable“.

    “Nous pouvons confirmer que ces deux passagers sont désormais interdits de vol à vie avec Jet2″, a déclaré un porte-parole. “Nous poursuivrons également vigoureusement ces personnes pour récupérer l’intégralité des coûts encourus suite à ce déroutement.”

    La compagnie applique une politique de tolérance zéro qui inclut l’émission systématique d’interdictions de vol, la facturation des frais aux passagers fautifs et une collaboration étroite avec les autorités judiciaires. “En tant que compagnie familiale, nous ne tolérons aucun comportement perturbateur”, a-t-elle ajouté.

    Une facture qui peut atteindre 175 000 euros

    Le coût d’un tel déroutement est considérable. Selon les données compilées par Simple Flying et The Points Guy, la facture peut atteindre 35 000 à 150 000 livres (41 000 à 175 000 euros) en comptant :

    • Le carburant supplémentaire
    • Les frais d’atterrissage et de stationnement à Bruxelles
    • Les coûts de repositionnement de l’équipage
    • Les indemnisations potentielles des passagers
    • Les coûts opérationnels et commerciaux

    En 2022, Jet2 avait facturé 50 000 livres à deux frères responsables d’un déroutement similaire. Aux États-Unis, un passager a dû rembourser 98 000 dollars à Hawaiian Airlines pour un cas comparable. Ces précédents montrent que les compagnies poursuivent réellement ces procédures.

    Passagers violents en avion : une explosion inquiétante

    Cet incident spectaculaire s’inscrit dans une tendance alarmante à l’échelle mondiale. Les données de l’IATA (Association du transport aérien international) révèlent une hausse vertigineuse des comportements indisciplinés :

    • 2021 : 1 incident tous les 835 vols
    • 2024 : 1 incident tous les 395 vols
    • Soit une hausse de 53 % en trois ans

    En France, la situation est tout aussi préoccupante. Le nombre d’incidents signalés est passé de 1 050 en 2021 à 1 781 en 2024, une augmentation de 70 % selon Euractiv. Transavia France a dû demander 150 interventions policières en 2024 à elle seule.

    L’intoxication alcoolique reste le premier facteur déclencheur de ces comportements, représentant environ 35 % des cas. Viennent ensuite le refus de respecter les consignes de sécurité (20 %), les disputes entre passagers (15 %) et les agressions verbales ou physiques envers l’équipage (12 %).

    Face à cette escalade, l’industrie aérienne pousse pour la création d’une base de données européenne des passagers interdits de vol. Ce projet, soutenu par l’IATA, se heurte encore à des obstacles juridiques liés à la protection des données personnelles et au RGPD.

    Sanctions renforcées : ce que risquent les passagers indisciplinés en 2026

    La France a considérablement durci sa législation. Le décret du 17 novembre 2025 a doublé les amendes administratives, portant le plafond à 10 000 euros (contre 5 000 euros auparavant). Les cas les plus graves peuvent désormais entraîner une interdiction d’embarquement allant jusqu’à 4 ans.

    Sur le plan pénal, les sanctions sont encore plus lourdes :

    • Jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende pour mise en danger de la sécurité d’un aéronef
    • 2 ans de prison et 4 500 euros d’amende pour ivresse publique à bord
    • 1 an de prison et 15 000 euros d’amende pour refus d’obtempérer aux consignes de sécurité

    Le Protocole de Montréal 2014, entré en vigueur en 2020, étend la compétence juridictionnelle à l’État d’atterrissage. C’est pourquoi la Belgique peut poursuivre les auteurs de l’incident du vol LS896, même si les faits se sont produits dans l’espace aérien international et que les prévenus sont britanniques.

    Vos droits en cas de déroutement : ce qu’il faut savoir

    Si vous êtes passager d’un vol dérouté comme le LS896, vous disposez de droits précis prévus par le règlement européen CE 261/2004.

    Indemnisation pour retard

    En cas de retard de plus de 3 heures à l’arrivée, vous pouvez prétendre à une indemnisation de :

    • 250 euros pour les vols de moins de 1 500 km
    • 400 euros pour les vols intracommunautaires de plus de 1 500 km et les autres vols entre 1 500 et 3 500 km
    • 600 euros pour les vols de plus de 3 500 km

    Le vol Antalya-Manchester (environ 3 400 km) ouvre droit à 400 euros par passager pour un retard supérieur à 3 heures.

    Exception des “circonstances extraordinaires”

    Attention : les compagnies peuvent invoquer les “circonstances extraordinaires” pour s’exonérer. Un comportement violent de passagers peut être considéré comme tel, mais la jurisprudence européenne évolue. Certains tribunaux ont estimé que la compagnie reste responsable de la sécurité à bord et doit pouvoir gérer ces situations.

    Les passagers du vol LS896 disposent d’un délai de 6 ans (selon le droit belge, lieu d’atterrissage) pour déposer une réclamation auprès de Jet2. En cas de refus, vous pouvez saisir l’organisme de médiation français ou européen compétent.

    Que faire en cas d’incident à bord ?

    Avant le vol : Si un passager semble ivre ou agressif à l’embarquement, alertez discrètement l’équipage. Le commandant de bord dispose de l’autorité totale pour refuser l’embarquement d’une personne jugée dangereuse.

    Pendant le vol : Ne tentez jamais d’intervenir physiquement, sauf en cas de danger immédiat pour vous ou autrui. Prévenez immédiatement l’équipage via le bouton d’appel ou en vous rendant discrètement vers la zone galley. Si possible, filmez l’incident (ces preuves peuvent servir pour votre réclamation).

    Après l’incident : Conservez votre carte d’embarquement, notez les coordonnées de témoins, prenez des photos des éventuels dégâts. Déposez une réclamation écrite auprès de la compagnie dans les 7 jours pour maximiser vos chances d’indemnisation.

    Jet2 et les autres : quelles compagnies appliquent la tolérance zéro ?

    Plusieurs compagnies low-cost européennes ont considérablement durci leurs politiques depuis 2022 :

    • Jet2 : interdiction à vie dès le premier incident grave, poursuites systématiques
    • Ryanair : liste noire partagée entre vols, amendes pouvant atteindre 25 000 euros
    • easyJet : interdiction de 2 à 10 ans selon la gravité, collaboration avec Europol
    • Wizz Air : sanctions immédiates, refus d’embarquement pour passagers signalés

    Si la sécurité en vol est un critère important pour vous, privilégiez ces compagnies qui affichent publiquement leur politique de tolérance zéro. Vous pouvez consulter leurs conditions générales de transport où ces règles sont détaillées.

    Voyager vers Antalya depuis la France : ce qu’il faut savoir

    Cet incident isolé ne doit pas occulter qu’Antalya reste l’une des destinations balnéaires les plus prisées d’Europe. La station turque accueille plus de 15 millions de touristes par an, dont environ 400 000 Français.

    Vols directs depuis la France

    Des vols directs sont disponibles au départ de :

    • Paris CDG : Turkish Airlines, Pegasus, Transavia (quotidiens en haute saison)
    • Lyon : Pegasus, Transavia (3-4 fois/semaine)
    • Nice : Turkish Airlines (2-3 fois/semaine)
    • Marseille : Pegasus (saisonnier, avril-octobre)
    • Toulouse : Pegasus (saisonnier)
    • Nantes : Transavia (saisonnier)

    Comptez 4 heures à 4h30 de vol direct et un budget de 150 à 350 euros aller-retour selon la période. Les meilleurs prix se trouvent généralement en avril-mai et septembre-octobre (hors vacances scolaires).

    La meilleure saison s’étend d’avril à octobre, avec des températures de 25 à 35°C et un ensoleillement quasi garanti. L’été (juillet-août) peut être très chaud (jusqu’à 40°C) mais les prix grimpent également.

    Pour éviter les mauvaises surprises comme celle du vol LS896, privilégiez les vols de milieu de semaine (mardi-jeudi) plutôt que les vols de week-end, souvent plus chargés et propices aux débordements liés à l’alcool.

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    Vincent Mabire
    Publié le 15 février 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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