Voler vers la Syrie en low-cost ? C’est pour bientôt avec Flynas Syria

Vincent Mabire - Il y a 3 heures

En résumé

• La Syrie et l'Arabie saoudite lancent Flynas Syria, une nouvelle compagnie aérienne low-cost.

• Un nouvel aéroport international sera construit à Alep pour accueillir 12 millions de passagers.

• Investissements saoudiens en Syrie dépassent 14 milliards $, facilités par la levée des sanctions.

C’est officiel : la Syrie et l’Arabie saoudite vont créer ensemble une compagnie aérienne low-cost. Baptisée Flynas Syria, cette nouvelle ligne aérienne fait partie d’un vaste programme d’investissements saoudiens annoncé samedi 7 février 2026 à Damas. Au programme : des milliards de dollars pour reconstruire les infrastructures syriennes, dont un nouvel aéroport international à Alep dimensionné pour 12 millions de passagers par an.

Une compagnie low-cost pour reconnecter la Syrie au monde

Selon Talal al-Hilali, chef de l’Autorité syrienne d’investissement, Flynas Syria sera une compagnie aérienne à bas coûts destinée à “renforcer les liaisons aériennes régionales et internationales”. L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse conjointe avec Khaled el-Faleh, ministre saoudien de l’Investissement.

Le nom “Flynas Syria” fait référence à Flynas, le transporteur low-cost saoudien déjà présent sur le marché syrien depuis juin 2025 avec des vols directs Riyad-Damas. Cette nouvelle entité commune représente un tournant stratégique : il ne s’agit plus simplement d’opérer des liaisons vers la Syrie, mais de créer une compagnie syrienne à part entière.

Selon des sources gouvernementales syriennes relayées par Aviation Direct, la nouvelle compagnie devrait démarrer ses opérations avec une flotte d’une douzaine d’appareils. Elle se concentrera dans un premier temps sur les liaisons régionales, avant d’envisager des destinations internationales.

Un nouvel aéroport international à Alep

L’accord prévoit également la construction d’un nouvel aéroport international à Alep, dans le nord du pays, ainsi que la rénovation complète de l’infrastructure existante. Selon les deux gouvernements, ce hub aérien sera dimensionné pour accueillir 12 millions de passagers par an.

Alep, deuxième ville de Syrie et poumon économique du nord du pays, était autrefois une plaque tournante commerciale majeure avant sa destruction partielle pendant le conflit. Le nouvel aéroport vise à en faire le second hub aérien du pays, aux côtés de Damas.

L’Arabie saoudite financera ces projets via un fonds d’investissement dédié. Le montant exact consacré au secteur aérien n’a pas été communiqué, mais s’inscrit dans une enveloppe globale de plusieurs milliards de dollars.

Un plan d’investissement de plus de 14 milliards de dollars

Ces annonces s’inscrivent dans un partenariat stratégique plus large. Lors de la même conférence de presse, cinq accords majeurs ont été signés couvrant l’aviation, les télécommunications et le dessalement de l’eau.

Le projet SilkLink, dédié aux infrastructures numériques et à la connectivité en Syrie, représente à lui seul un investissement d’environ 1 milliard de dollars, selon le ministre syrien des Télécommunications Abdelsalam Haykal.

Ces nouveaux accords s’ajoutent aux 6,4 milliards de dollars déjà engagés par Riyad en juillet 2025 (47 accords signés) pour la reconstruction syrienne. Au total, avant cette nouvelle annonce, les deux pays avaient déjà signé 80 accords pour un montant de 40 milliards de riyals saoudiens (environ 10,6 milliards de dollars). L’engagement saoudien en Syrie dépasse désormais largement les 14 milliards de dollars.

La levée des sanctions ouvre la voie aux investissements

Ce rapprochement aérien est rendu possible par la levée des sanctions occidentales contre la Syrie. En décembre 2025, les États-Unis ont supprimé une série de restrictions économiques sévères qui pesaient sur le pays depuis des années.

Cette ouverture permet notamment à la Syrie d’acquérir des avions modernes de construction occidentale et les pièces détachées nécessaires à leur maintenance. Un prérequis indispensable pour créer une flotte compétitive aux standards internationaux.

Le changement de régime survenu fin 2024, avec le départ de Bachar el-Assad, a facilité ce dégel diplomatique et économique. La Syrie, longtemps isolée sur la scène internationale, voit désormais affluer les investissements du Qatar, de la Turquie et surtout de l’Arabie saoudite, avec le soutien des États-Unis.

Ce que cela change pour les voyageurs français

Pour l’instant, les options pour se rendre en Syrie depuis la France restent limitées. La compagnie nationale Syrian Air opère quelques liaisons, Flynas dessert Damas depuis Riyad, et Emirates propose des vols via Dubaï.

Pour les voyageurs français, le chemin le plus simple passe actuellement par une correspondance dans le Golfe. À noter : Air France et KLM ont suspendu leurs vols vers plusieurs destinations du Moyen-Orient fin janvier 2026, rendant les options encore plus restreintes à court terme.

Avec l’arrivée de Flynas Syria et le développement de l’aéroport d’Alep, les connexions devraient se multiplier. Les voyageurs en provenance d’Europe pourraient à terme bénéficier de correspondances plus nombreuses via les hubs du Golfe, avec des tarifs potentiellement attractifs grâce au positionnement low-cost de la nouvelle compagnie.

À retenir : aucune date de lancement officielle n’a été communiquée pour Flynas Syria. Les premiers vols dépendront de la mise en place de la flotte et des certifications nécessaires. Le marché du transport aérien low-cost, en pleine expansion au Moyen-Orient, pourrait ainsi s’enrichir d’un nouvel acteur régional.

Vincent Mabire
Publié le 7 février 2026

Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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