En résumé
• Annecy plafonne ses meublés touristiques à 2 660, contre 6 400 avant• Le numéro d’enregistrement national dès mai 2026 fera disparaître des annonces
• Loger hors centre: Annecy-le-Vieux, Sevrier, Veyrier, Talloires, Doussard
6 400 meublés touristiques autorisés en 2024. 2 660 à partir de juin 2026. La ville d’Annecy vient d’effacer plus de la moitié de son offre Airbnb 2026 en moins de deux ans, dans le cadre de l’application de la loi Le Meur du 19 novembre 2024.
Pour les ponts de mai, les vacances d’été 2026 et la suite, trouver un studio à dix minutes du lac devient un autre exercice. Voici ce qui bascule, et où se loger à la place.
Annecy plafonne ses Airbnb à 2 660 meublés : ce que dit le règlement
Le règlement, voté le 13 février 2025 et entré en vigueur le 1er juin 2025, fixe un plafond global de 2 660 autorisations de meublés touristiques sur la commune, contre environ 6 400 avant la réforme. Soit une coupe de 58 %, l’une des plus brutales de France parmi les villes touristiques sous tension.
Le dispositif s’appuie sur un zonage strict, conçu pour cibler les secteurs les plus sous tension :
| Zone | Périmètre | Quota |
|---|---|---|
| Zone A | Vieille ville, Courier, Marquisats | 460 autorisations |
| Zone B | Bords du lac, intra-rocade, gare | 1 000 autorisations |
| Zone C | Reste de la commune | 1 200 autorisations |
Chaque autorisation est valable 4 ans, non transférable, et limitée à une seule par personne physique ou morale. Le texte s’inscrit dans le cadre fixé par la loi Le Meur n° 2024-1039, qui donne aux communes touristiques de nouveaux leviers pour encadrer la location de courte durée. Annecy n’est pas seule sur ce terrain : Oléron a introduit ses propres quotas en septembre 2025, avec une logique comparable.
Pourquoi l’effet se fait sentir maintenant, à l’approche de l’été 2026
La date à retenir est le 20 mai 2026. À partir de ce jour, tous les meublés touristiques de France doivent afficher un numéro d’enregistrement national à 13 chiffres sur Airbnb, Booking ou Abritel. Sans ce numéro, l’annonce est retirée des plateformes.
À Annecy, la délivrance de ce numéro dépend directement de l’autorisation de changement d’usage, elle-même soumise au quota. Pas d’autorisation, pas de numéro, pas d’annonce légale. Les propriétaires qui n’obtiennent pas leur ticket basculent vers la location longue durée ou ferment leur résidence secondaire à la location.
Conséquence sur l’offre disponible : la disponibilité Airbnb est en chute libre pour les ponts de l’Ascension, de la Pentecôte et l’été 2026. Les annonces sans numéro valide exposent leur propriétaire à une amende administrative pouvant atteindre 10 000 euros.
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Annecy Airbnb 2026 : ce que ça change pour un voyageur en juin-juillet
Moins d’offre, prix tendus. Sur les créneaux les plus demandés (juillet, mi-août, week-ends de juin), les studios proches du Pâquier et de la vieille ville voient leurs tarifs grimper, par effet mécanique de la rareté. Les recherches d’hébergement pour les ponts de mai 2026 affichent déjà +164 % à Annecy, selon les données plateformes. La pression saisonnière rencontre un parc divisé par deux.
La zone A est la plus concernée. La mairie affiche un objectif de -40 % de meublés en résidences secondaires dans la vieille ville. Le centre historique, déjà saturé, devient le quartier le plus difficile à réserver à mesure que les autorisations existantes s’éteignent.
La zone B, qui couvre les bords du lac, vise une baisse de 20 % : le créneau “appartement avec vue lac” se raréfie. Seule la zone C, plus excentrée, conserve son stock actuel. C’est là que se joue la disponibilité résiduelle pour 2026.
Le réflexe à adopter : réserver plus tôt qu’en 2025, ou élargir la recherche au-delà des limites communales d’Annecy.
Où loger autour du lac d’Annecy quand l’intra-muros est saturé
Plusieurs communes du tour du lac restent une porte d’entrée crédible, chacune avec son profil. C’est aussi un terrain que les locaux d’Annecy fréquentent volontiers en été pour fuir la foule.
| Commune | Distance du centre | Atout principal |
|---|---|---|
| Annecy-le-Vieux | Limitrophe | Plages d’Albigny, accès vélo au centre en 15 min |
| Sevrier | 6 km (rive ouest) | Plages publiques, idéal familles avec voiture |
| Veyrier-du-Lac | 7 km (rive est) | Vue carte postale sur la vieille ville |
| Talloires-Montmin | 13 km (rive est) | Abbaye, plages tranquilles, base nautique |
| Doussard | 18 km (sud du lac) | Réserve naturelle du Bout-du-Lac, parapente |
Annecy-le-Vieux reste soumise au règlement de l’agglomération du Grand Annecy, mais avec un parc d’autorisations distinct. Sevrier offre une stabilité plus marquée, étant moins ciblée par les quotas les plus stricts. Veyrier-du-Lac se positionne sur un niveau de gamme supérieur, avec une disponibilité préservée. Talloires-Montmin s’impose comme l’alternative la plus prisée pour qui cherche du calme. Doussard, au sud, est le terrain de jeu des séjours sportifs.
Côté budget, comptez en moyenne 110 à 160 euros la nuit pour un studio à Sevrier ou Annecy-le-Vieux en juillet-août, contre 180 à 250 euros en intra-muros sur les rares biens encore disponibles.
À ne pas négliger non plus : la chaîne hôtelière historique d’Annecy (Impérial Palace, Splendid, Hôtel des Marquisats) n’est pas concernée par les quotas. Les hôtels deviennent une option de repli structurelle pour l’été 2026, là où l’Airbnb intra-muros se ferme.
Annecy n’est pas un cas isolé : la trajectoire des autres villes touristiques
La trajectoire d’Annecy s’inscrit dans un mouvement national. À Paris, la résidence principale est plafonnée à 90 jours par an depuis 2025, contre 120 auparavant, avec une amende pouvant atteindre 15 000 euros. À Saint-Malo, le règlement de 2021 limite chaque propriétaire à un seul logement loué et plafonne à 12,5 % la part de meublés touristiques dans le quartier des remparts.
Au Pays Basque (Bayonne, Biarritz), le principe de compensation imposé en mars 2023 a produit l’effet le plus brutal : -92 % d’autorisations de changement d’usage entre mars 2023 et mars 2024, selon le bilan de l’agglomération. Lyon, Bordeaux, Nice, Marseille et Cannes ont tous renforcé leurs règles avant l’échéance du 20 mai 2026.
Le signal pour les voyageurs est clair. La location meublée saisonnière redevient un produit rare et réglementé dans les villes touristiques sous tension. La logique “Airbnb par défaut” appartient au passé : pour les étés à venir, la planification anticipée et le repli sur les communes périphériques ou l’hôtellerie classique deviennent la norme. Annecy n’est qu’un cas de figure de plus, et le calendrier du 20 mai 2026 va en révéler d’autres.