En résumé
• Des passagers poursuivent Delta après avoir payé jusqu’à 70 dollars pour un siège sans hublot.• Un juge fédéral a rejeté la demande de Delta d’abandonner la procédure.
• L’action collective pourrait concerner plus d’un million de passagers et réclame plusieurs millions.
Des passagers ayant payé un supplément pour voyager à côté d’un hublot ont découvert, une fois à bord, que leur siège ne disposait d’aucune fenêtre. Aux États-Unis, cette situation a donné lieu à une action en justice contre une compagnie aérienne. Une récente décision d’un tribunal fédéral permet désormais à la procédure de se poursuivre.
Delta Air Lines poursuivie pour avoir facturé des sièges sans hublot
La compagnie aérienne américaine Delta Air Lines devra répondre devant la justice à une plainte déposée par des passagers ayant payé un supplément pour réserver un siège côté hublot, alors qu’aucune fenêtre ne se trouvait à leur emplacement.
Selon les informations rapportées par BFMTV le 5 novembre 2026, le juge fédéral Ramon Reyes, siégeant à Brooklyn, dans l’État de New York, a rejeté, mercredi 4 novembre, la demande de Delta visant à obtenir l’abandon des poursuites engagées contre elle.
Le litige porte notamment sur les conditions de transport de la compagnie, qui précisent que Delta ne garantit pas l’attribution de sièges particuliers à ses passagers.
Le magistrat a estimé que la question de savoir si cette clause dispensait la compagnie de fournir un siège avec hublot aux voyageurs ayant payé pour cette prestation justifiait la poursuite de la procédure.
Jusqu’à 70 dollars supplémentaires pour un siège sans fenêtre
Les passagers concernés affirment avoir payé jusqu’à 70 dollars supplémentaires pour bénéficier d’un siège côté hublot, sans avoir été informés de l’absence de fenêtre lors de leur réservation.
Selon les plaignants, le choix de ces places répond à plusieurs attentes. Certains voyageurs souhaitent profiter de la vue ou de la lumière naturelle, tandis que d’autres préfèrent ces sièges pour occuper leurs enfants, atténuer leur peur de l’avion ou limiter les effets du mal des transports.
Les passagers reprochent ainsi à la compagnie d’avoir commercialisé des places présentées comme des sièges côté hublot sans préciser qu’elles étaient dépourvues de fenêtre. Ils estiment avoir payé pour une prestation qui ne correspondait pas à celle attendue.
Les plaintes concernent notamment certains Boeing 737, Boeing 757 et Airbus A321, dont la configuration intérieure comprend des sièges situés contre une paroi sans fenêtre.
Cette particularité s’explique généralement par la présence de conduits de climatisation ou de composants électriques dans la structure des appareils, empêchant l’installation d’un hublot à certains emplacements.
Sièges sans hublot : les arguments de Delta devant la justice
Pour sa défense, Delta Air Lines invoque les contraintes liées à l’exploitation aérienne. La compagnie explique notamment que les changements occasionnels d’appareils peuvent entraîner des modifications de la configuration des cabines et de la disposition des sièges.
Elle considère ainsi que ses conditions de transport ne l’obligent pas à garantir l’attribution d’une place particulière. La compagnie a toutefois refusé de commenter la décision judiciaire du 4 novembre, indiquant qu’elle ne s’exprimait pas sur les procédures en cours.
De son côté, Casey Olbrantz, avocat des quatre plaignants contre Delta, a salué la décision du tribunal fédéral. Il estime qu’elle constitue un précédent permettant aux passagers de demander des comptes aux compagnies aériennes lorsqu’ils ne bénéficient pas de la prestation pour laquelle ils ont payé. L’action collective vise à obtenir plusieurs millions de dollars de dommages-intérêts et pourrait concerner plus d’un million de passagers.